Le Shin Bet a évité 16 attentats suicides et 16 enlèvements en 2016
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Le Shin Bet a évité 16 attentats suicides et 16 enlèvements en 2016

Le chef de l’agence prévient que le Hamas attend son heure à Gaza et tente de perturber la Cisjordanie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Membres de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Membres de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Pour la première fois en 30 ans, aucun Israélien n’a été tué par des attentats terroristes émanant de la bande de Gaza en 2016, a déclaré lundi le directeur du Shin Bet, notant que ceci était largement dû à la vigilance israélienne, et pas à une absence de désir des groupes terroristes palestiniens.

Mais alors même que le Hamas et d’autres groupes sont relativement calmes à Gaza, ils transfèrent la plupart de leurs efforts en Cisjordanie, a déclaré Nadav Argaman à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset dans le cadre d’une évaluation annuelle.

Le Hamas a « significativement accru ses efforts pour promouvoir les attaques terroristes en Cisjordanie et en Israël », a déclaré Argaman, en faisait en particulier référence aux attentats faisant un nombre important de victimes.

« Le Hamas s’est retrouvé dans une stratégie de détresse, et cherche à compromettre la situation sécuritaire en Cisjordanie par des attentats à la bombe », a-t-il déclaré.

Nadav Argaman, directeur du Shin Bet, devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Nadav Argaman, directeur du Shin Bet, devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Pour contrecarrer ces tentatives, Israël a renforcé sa répression contre le Hamas en Cisjordanie, arrêtant 1 035 membres présumés. Quelque 114 cellules terroristes ont été démantelées en 2016, contre 70 en 2015, ce qui représente une hausse de 62 %, a déclaré Argaman.

Quelque 184 attaques à main armée, 16 tentatives d’enlèvement et 16 attentats suicides ont été évités par le Shin Bet en 2016, ainsi que 84 autres attaques, notamment au couteau et à la voiture bélier, a-t-il déclaré. Ces chiffres ne comprennent pas les attaques évitées par d’autres services israéliens, notamment par l’armée israélienne et la police.

Ces efforts n’ont pas entraîné de diminution spectaculaire du nombre d’Israéliens tués et blessés par ces attentats pendant la même période.

En 2016, 16 citoyens israéliens et un ressortissant étranger ont été tués dans des attentats terroristes, et 149 civils ont été blessés. Ceci ne représente qu’une très légère baisse par rapport à l’année précédente, où 20 personnes avaient été tuées et 188 blessées.

Cependant, pour la première fois en 30 ans, aucun Israélien n’a été tué par une attaque terroriste émanant de la bande de Gaza en 2016, a déclaré Argaman. Un agent du Shin Bet a cependant été tué dans un incident le 8 mars 2016.

Ismail Haniyeh, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, à gauche, avec Yahya Sinwar, l'un des fondateurs de la branche armée du groupe terroriste, à l'arrivée des détenus libérés en échange du soldat Gilad Shalit, à Khan Yunis, le 21 octobre 2011. (Crédit : AFP/Said Khatib)
Ismail Haniyeh, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, à gauche, avec Yahya Sinwar, l’un des fondateurs de la branche armée du groupe terroriste, à l’arrivée des détenus libérés en échange du soldat Gilad Shalit, à Khan Yunis, le 21 octobre 2011. (Crédit : AFP/Said Khatib)

A Gaza, la situation est calme depuis la fin de la guerre de 2014, avec un peu moins de deux roquettes tirées par mois en moyenne (23 au total) depuis la bande de Gaza en 2016.

La plupart d’entre elles ont été tirées par des groupes salafistes, qui espèrent attirer des ennuis au Hamas, puisqu’ils savent que l’armée israélienne s’en prendra à lui, et non à eux, en réponse aux attaques à la roquette.

Dans une déclaration publique précédant son audition devant la commission, le chef du Shin Bet a prévenu que le Hamas tenterait probablement de mener des attaques pendant la fête de Pessah, le mois prochain, pour tenter d’instiguer des affrontements à grande échelle entre Israéliens et Palestiniens.

Pendant la discussion à huis clos, Argaman a fourni aux membres de la commission des informations supplémentaires sur le potentiel de violence en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Israël même, selon un communiqué publié par la commission après la réunion.

L’Autorité palestinienne attend de comprendre les politiques moyen-orientales du président américain Donald Trump, selon le chef du Shin Bet.

En Cisjordanie, les jeunes Palestiniens voient toujours les attaques violentes comme « des moyens légitimes de changement effectif », a déclaré Argaman, malgré le fait que la plupart des Palestiniens comprennent qu’il y a un « coût » payé par la population pour les attaques terroristes.

Nitzan Nuriel pendant une conférence en 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube/ICT)
Nitzan Nuriel pendant une conférence en 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube/ICT)

Nitzan Nuriel, ancien général de l’armée israélienne qui a été le vice-commandant de la division de Gaza, a déclaré lundi que les groupes terroristes de la bande de Gaza parlent « le langage des roquettes ».

« Si vous voulez dire quelque chose, vous lancez des roquettes. Si vous voulez tirer, vous lancez plus de roquettes », a déclaré Nuriel pendant une conférence de presse téléphonique organisée par Israël Project.

Même si le Hamas lui-même n’a pas tiré de roquettes vers Israël depuis la dernière guerre, il ne reste pas non plus les bras croisés.

Ces deux dernières années et demie, le groupe terroriste s’est réarmé en prévision d’un futur conflit contre l’Etat juif, a déclaré Argaman à la commission de la Knesset.

Le chef du Shin Bet a prévenu qu’une détérioration de la situation humanitaire à Gaza pourrait participer à entraîner une guerre entre le Hamas et Israël.

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