Le surnom donné par des républicains à Zuckerberg interpelle l’ADL
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Le surnom donné par des républicains à Zuckerberg interpelle l’ADL

Le groupe estime que "Zuckerbucks" (les dollars Zuckerberg), le nom donné au numéro 1 de Facebook après une collecte de fonds, suggère que "les riches Juifs contrôlent" le pouvoir

Sur cette photo d'archives du 23 octobre 2019, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoigne devant une audience de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, au Capitole, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)
Sur cette photo d'archives du 23 octobre 2019, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoigne devant une audience de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, au Capitole, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

WASHINGTON (JTA) — Le directeur-général de Facebook, Mark Zuckerberg, a été appelé, notamment par des républicains « Zuckerbucks. » L’ADL (Anti-Defamation League), affirmant que ce terme suggère que « des riches Juifs contrôlent tous les niveaux du pouvoir », a demandé à ce que ce terme ne soit pas employé.

Le terme « Zuckerbucks » avait commencé à circuler l’année dernière, quand le fondateur de Facebook et son épouse, Priscilla Chan, avaient collecté 400 millions de dollars par le biais du Center for Technology and Civic Life, une organisation non-partisane – un montant qui avait servi à aider les bureaux électoraux locaux avant le vote du mois de novembre. Un think-tank conservateur, la Foundation for Government Accountability, avait posté de multiples articles utilisant ce surnom et disant que ce financement avait influencé de manière inéquitable les élections.

Et ce mois-ci, le terme est entré au Congrès : la représentante Claudia Tenney, Républicaine de New York, a proposé un projet de loi, la End Zuckerbucks Act, qui interdirait aux ONGs qui ne paient pas d’impôt et qui sont enregistrées comme non-partisanes de donner de l’argent aux bureaux électoraux.

Parmi les parrains de ce projet de loi, deux membres républicaines du congrès, Elise Stefanik de New York et Lauren Boebert du Colorado. Stefanik, alliée de Donald Trump, est la troisième Républicaine la plus importante à la Chambre des Représentants. Boebert a été récemment critiquée pour avoir comparé les mesures de protections contre le coronavirus à l’ère nazie.

Avec les démocrates à la barre du Congrès, le projet de loi n’a aucune chance d’être adopté.

Le directeur-général de l’ADL, Jonathan Greenblatt, a confié à JTA que le terme « Zuckerbucks » venait perpétuer un stéréotype antisémite ancien qui considère que les riches Juifs utilisent leur argent pour contrôler les gouvernements. Zuckerberg est la cinquième personnalité la plus riche du monde, selon Forbes, avec une fortune qui avoisine les 97 milliards de dollars.

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

« Ces dernières années, nous avons vu des antisémites prétendre que Mark Zuckerberg était la ‘preuve’ de ce stéréotype », a écrit Greenblatt dans un courriel écrit à JTA. « Ceux qui utilisent le terme ‘Zuckerbucks’ et, en particulier, les membres du Congrès, donnent une légitimité dangereuse à ce trope antisémite et nous recommandons vivement à ces politiciens de cesser d’utiliser ce terme immédiatement ».

Zuckerberg et Chan avaient fourni les 400 millions de dollars après le blocage, par les Républicains du Sénat, du même montant qui devait être versé aux bureaux de vote tentant pour tenter de gérer au mieux leurs activités pendant la pandémie de coronavirus. Les critiques émanant des Républicains et des conservateurs affirment que ces fonds ont aidé les Démocrates de manière disproportionnée, soulignant des dépenses effectuées dans des régions généralement moins favorisées et qui se caractérisent par une plus grande concentration des minorités.

« Zuckerbucks joue avec nos élections en injectant des dollars venus du privé de manière partisane aux agences gouvernementales », a déclaré Boebert lors d’une conférence de presse qui a annoncé le projet de loi. « Vous voulez savoir pourquoi un grand nombre d’Américains, dans tout le pays, se posent sérieusement des questions sur l’intégrité de nos élections ? Cela commence avec des truc louches comme ça – où des milliardaires font passer de l’argent par le biais des organisations à but non-lucratif aux démocrates, tout ça pour influencer les résultats électoraux ».

Zuckerberg et Chan, de leur côté, ont rejeté les plaintes portant sur la nature partisane des dépenses.

« Ces fonds serviront aux communautés de tout le pays – urbaine, rurale et suburbaine – et elle sont allouées par des organisations non-partisanes », avait écrit Zuckerberg, l’année dernière, dans une publication Facebook.

Priscilla Chan et Mark Zuckerberg à la 8ème cérémonie annuelle Breakthrough Prize au NASA Ames Research Center le dimanche 3 novembre 2019, à Mountain View en Californie (Photo par Peter Barreras/Invision/AP)

Facebook a suscité la colère des conservateurs en se joignant aux autres réseaux sociaux concernant l’interdiction d’éminentes personnalités conservatrices – Trump à leur tête – pour avoir menti au sujet des résultats électoraux à la présidentielle et pour avoir incité à la violence.

Au mois un membre du conseil d’administration de la Foundation for Government Accountability avait lancé des accusations infondées de fraude électorale sur son site personnel. Bob Harden a aussi affirmé récemment que George Soros, le philanthrope juif libéral qui est la cible fréquente de critiques antisémites, était à l’origine d’un complot des « gauchistes » visant à permettre à ces derniers de se présenter comme Républicains lors d’une primaire dans l’Ohio.

Néanmoins, Zuckerberg cultive des liens avec les républicains comme avec les démocrates. L’un des premiers investisseurs de Facebook était Peter Thiel, un entrepreneur technologique qui conserve des parts dans l’entreprise et qui avait été l’un des donateurs les plus importants de la campagne de Trump et l’un des hauts-responsables de la firme en charge des groupes de pression, Joel Kaplan, est républicain.

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