Le texte de Gantz sur l’égalité franchit sa première lecture à la Knesset
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Le texte de Gantz sur l’égalité franchit sa première lecture à la Knesset

Le Likud et les ultra-orthodoxes fulminent contre Kakhol lavan pour avoir avancé une proposition qui interdirait explicitement la discrimination

Le ministre de la Défense Benny Gantz de Kakhol lavan à la séance plénière de la Knesset, le 9 décembre 2020. (Crédit : Dani Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)
Le ministre de la Défense Benny Gantz de Kakhol lavan à la séance plénière de la Knesset, le 9 décembre 2020. (Crédit : Dani Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)

Un projet de loi soutenu par le parti Kakhol lavan visant à interdire la discrimination a été voté mercredi en lecture préliminaire à la Knesset, malgré les objections des partenaires de la coalition de droite et ultra-orthodoxe.

Le projet de loi est l’une des nombreuses propositions avancées par Kakhol lavan malgré l’opposition du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que le gouvernement d’unité qu’ils ont formé plus tôt cette année semble sur le point de s’effondrer.

La proposition, qui a été adoptée par 56 votes contre 54 lors de sa première lecture, devra passer trois votes supplémentaires à la Knesset avant de devenir loi.

« Un pays comme le nôtre, composé de communautés, de milieux et de cultures différents, ne peut que déclarer que l’égalité est une valeur et un droit de premier plan », a tweeté après le vote le ministre de la Défense Benny Gantz, qui dirige Kakhol lavan.

Benjamin Netanyahu, à droite, et Miri Regev à la Knesset, le 9 décembre 2020. (Crédit : Dani Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)

Le projet de loi, intitulé « Loi fondamentale : L’Égalité », « vise à consacrer le droit à l’égalité et l’interdiction de la discrimination », selon Kakhol lavan.

Le principe de l’égalité n’est pas explicitement énoncé dans les lois fondamentales quasi constitutionnelles d’Israël, mais les juges ont interprété la « Loi fondamentale : la dignité et la liberté humaines » comme si elle l’incluait.

Le ministre du Likud Zeev Elkin a critiqué Kakhol lavan pour son projet de loi.

« Les lois que vous avez formulées sont une négation complète de tous les symboles juifs de l’État d’Israël », a déclaré Elkin lors de la session plénière.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn de Kakhol lavan a riposté en affirmant que le Likud était opposé à l’égalité.

« Quiconque a voté contre [le projet de loi], a voté contre l’égalité et en faveur du racisme », a rétorqué Nissenkorn.

Le Likud a publié peu après une déclaration affirmant que le projet de loi conduirait à la fin de la loi du retour, qui accorde un droit exclusif aux Juifs de la diaspora d’immigrer en Israël, et qu’il « inonderait Israël de réfugiés non-juifs, qui finiront par transformer les Juifs en une minorité dans leur pays ».

Le député Gideon Sa’ar à la Knesset, le 9 décembre 2020. (Crédit : Dani Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)

Le parti a également critiqué le député Gideon Saar pour ne pas avoir pris part au vote, un jour après qu’il a annoncé qu’il quittait le Likud pour former son propre parti dans le but de remplacer Netanyahu.

« Hier, Saar a abandonné le Likud, et aujourd’hui, il est un partenaire à part entière de la gauche », a déclaré le Likud.

Les dirigeants du parti ultra-orthodoxe Yahadut Hatorah ont également fulminé contre Sa’ar et le député du Likud Michal Shir pour ne pas avoir voté, ainsi que contre Kakhol lavan pour avoir soutenu la mesure.

« Le soutien [de Kakhol lavan] à la loi sur l’égalité, contrairement à la position à laquelle ils seraient censés se ranger, est un exemple du chemin populiste qu’ils prennent », ont déclaré le ministre du Logement Yaakov Litzman et le député Moshe Gafni dans un communiqué.

Parallèlement à la loi sur l’égalité, le parti Kakhol lavan fait pression pour deux autres projets de loi, dont un qui élargirait les droits de maternité de substitution pour les futurs parents.
Actuellement, seuls les couples hétérosexuels ont le droit d’avoir recours à la maternité de substitution dans le pays, obligeant de nombreuses familles LGBT à adopter des enfants à l’étranger.

Un troisième projet de loi, la « Loi fondamentale : la Déclaration d’indépendance », obligerait les juges à « interpréter toute la législation israélienne, y compris les autres lois fondamentales, à la lumière de la déclaration d’indépendance en tant que document constitutionnel ».

Le fait de soumettre ces propositions à la Knesset sans accord spécifique du Likud viole une clause de l’accord de coalition entre les parties.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s’entretient avec le ministre de la Défense Benny Gantz, tous deux portant des masques de protection en raison de la pandémie de COVID-19, lors d’une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juin 2020. (Crédit : Menahem Kahana / Pool via AP)

Plus tôt mercredi, un comité contrôlé par Kakhol lavan a approuvé le 16 mars comme date potentielle pour un nouveau scrutin, faisant avancer la législation visant à dissoudre la Knesset alors qu’Israël continue à se diriger vers une quatrième élection en deux ans.

Eitan Ginzburg, député de Kakhol lavan qui dirige cette commission de la Knesset, a déclaré mardi que, même si les élections anticipées n’étaient pas encore approuvées, les responsables devraient agir comme comme si cela avait été le cas.

La motion de dissolution de la Knesset a été adoptée lors d’un premier vote en plénum la semaine dernière, annonçant une probable fin de la coalition de courte durée entre Netanyahu et son vice-Premier ministre, le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz.

Cependant, même sans la motion, la Knesset était déjà sur le point de se dissoudre en raison de l’impasse sur le budget de l’État, dont l’adoption a longtemps été retardée par le Likud.

Netanyahu pourrait avoir envisagé dans tous les cas de dissoudre le gouvernement avant que le budget 2021 ne soit adopté en mars, cela afin d’éviter un scénario dans lequel, comme le stipule leur accord de partage du pouvoir, Gantz lui succéderait au poste de Premier ministre.

Kakhol lavan a exigé qu’un budget de l’État soit adopté à la fois pour 2020 et 2021 – comme le stipule l’accord de coalition – dans le but de contraindre Netanyahu à honorer la clause de rotation du poste de Premier ministre. Si le Likud continue de résister à ces demandes, des élections seront déclenchées au plus tard le 23 décembre et se tiendront trois mois plus tard.

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