Le tireur allemand aurait voulu « éliminer » Israël et des pays arabes
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Le tireur allemand aurait voulu « éliminer » Israël et des pays arabes

L'assaillant, qui a tué 10 personnes dans la ville d'Hanau, aurait écrit un manifeste appelant à la destruction de pays entiers d'Asie et d'Afrique en tuant leurs populations

Tobias Rathjen dans une vidéo publiée en ligne quelque jours avant de perpétrer une tuerie mortelle à Hanau, en Allemagne. (Réseaux sociaux)
Tobias Rathjen dans une vidéo publiée en ligne quelque jours avant de perpétrer une tuerie mortelle à Hanau, en Allemagne. (Réseaux sociaux)

Le tireur qui a assassiné 10 personnes dans la ville allemande d’Hanau mercredi était un militant d’extrême droite qui aurait déclaré vouloir exterminer des populations d’Asie, d’Afrique du nord et d’Israël.

La principale organisation juive d’Allemagne a fait état de son choc après l’attaque, alors que le procureur général du pays a ouvert une enquête.

La police a Hanau a déclaré que le tireur, identifié dans les médias comme Tobias R., et né en 1977, et sa mère ont été retrouvés morts tôt jeudi matin dans leur maison, peu après les tueries dans deux bars à chicha. Parmi les victimes, il y avait plusieurs ressortissants turcs, mais aussi un Bosniaque et un Polonais.

Le tireur présumé a laissé une vidéo et un manifeste de 24 pages dans lequel il explique que certains peuples « doivent être complètement détruits », selon des médias allemands. Un porte-parole du procureur général a déclaré à l’agence JTA qu’il ne pouvait pas confirmer l’existence du manifeste ou d’une vidéo, mais que d’autres informations allaient être publiées plus tard ce jeudi.

Le manifeste présumé appelle à l’élimination de pays entiers, dont Israël, l’Egypte, le Maroc, la Turquie, l’Iran, l’Inde, le Pakistan, le Vietnam et les Philippines.

« J’éliminerais tous ces peuples, même si nous parlons de milliards de gens. Cela doit être fait », notait le manifeste, selon le Financial Times, qui a eu accès au document.

Une voiture avec des victimes tuées est garée devant un bar à Hanau en Allemagne, le jeudi 20 février 2020. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)

L’attentat est le dernier en date d’une série d’attaques de militants d’extrême droite ces derniers mois. Aussi bien l’attaque à Yom Kippour contre une synagogue à Halle en octobre dernier et l’assassinat en juin d’un politicien pro-réfugié, Walter Lübcke, ont été perpétrés par des assaillants affiliés à l’extrême droite.

Réagissant à ces attaques, des responsables allemands ont déclaré qu’ils allaient renforcer la surveillance des groupes d’extrême droite, après s’être focalisés pendant plusieurs années sur la lutte anti-terroriste et contre l’islam radical.

Dans un communiqué publié jeudi matin, Josef Schuster, le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, s’est dit inquiet pour « la sécurité des minorités en Allemagne, et de ceux qui sont engagés à les aider ».

Schuster et d’autres Juifs allemands de premier plan ont affirmé qu’une légère hausse des crimes liés à la droite et la montée d’un parti politique d’extrême droite, l’Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, les conduisaient à envisager de quitter l’Allemagne.

Les médias allemands ont déclaré que le manifeste du tireur avait été écrit en janvier et voulait être un « message au peuple allemand » et une déclaration de guerre. Des articles non confirmés ont rapporté qu’il rendait responsable « certains individus de [son] propre pays » du fait que « nous ayons maintenant des populations, des races ou des cultures parmi nous qui sont destructrices de nombreuses manières ».

Tobias R. aurait aussi publié une vidéo la semaine dernière contenant des théories conspirationnistes sur des puissances secrètes contrôlant les Etats-Unis et l’Allemagne, et des messages de haine visant les migrants arabes et turcs.

La police monte la garde à proximité de la scène de la tuerie dans la ville d’Hanau en Allemagne, le 20 février 2020. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)

La police n’avait pas connaissance de menaces spécifiques envers la population juive d’Hanau, a déclaré Oliver Dainow, le représentant de la communauté juive à Hanau, à l’agence JTA jeudi matin.

La communauté, qui compte quelque 200 membres, avait déjà renforcé sa sécurité après la violente attaque d’octobre dernier à l’extérieur de la synagogue de Halle. Deux passants avaient été tués lors de cette attaque, et l’auteur présumé – qui avait tenté sans succès de pénétrer dans la synagogue – a ensuite été arrêté.

« Pour quiconque a ce genre d’idées en tête, le judaïsme n’est pas loin », a déclaré Dainow à JTA.

Bien que les attaques violentes les plus récentes aient eu des inspirations d’extrême droite, Dainow a déclaré qu’il ne pouvait pas indiquer quelle direction politique spécifique représentait la menace la plus grande. « Il y a un environnement toxique général », a-t-il déclaré.

Dans sa déclaration, Schuster a expliqué que les autorités allemandes avaient ignoré les signaux d’avertissement pendant trop longtemps. « Il est grand temps que toutes les entités démocratiques s’unissent contre la menace de l’extrémisme de droite et de la terreur islamiste. Les politiciens, les forces de l’ordre, le pouvoir judiciaire et la société civile doivent assumer leurs responsabilités. »

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a annulé ses voyages suite à la fusillade à Hanau, a déclaré dans un communiqué ce jeudi : « Le racisme est un poison. La haine est un poison. Et ce poison existe dans notre société et est responsable de beaucoup trop de crimes. »

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