Le vaccin Moderna, approuvé par le ministère de la Santé, arrivera en janvier
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Le vaccin Moderna, approuvé par le ministère de la Santé, arrivera en janvier

La firme américaine a déclaré qu'Israël recevrait six millions de doses pour commencer ; il y a eu plus de 7 000 nouveaux cas en Israël, le chiffre le plus élevé depuis des mois

Un employé du secteur de la santé prépare un vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Un employé du secteur de la santé prépare un vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La firme biotechnologique Moderna a déclaré lundi que le ministère israélien de la Santé avait approuvé son vaccin contre la COVID-19 et que les premières doses de son produit commenceraient à être livrées au sein de l’Etat juif au cours du mois de janvier.

Moderna a expliqué qu’Israël avait acheté un total de six millions de doses du vaccin, ce qui permettra d’immuniser trois millions de personnes contre le coronavirus.

Cette annonce survient alors qu’Israël, actuellement en confinement, lutte contre une troisième vague dévastatrice de COVID-19 et dans un contexte de pénurie présumée de doses du vaccin développé par Pfizer. L’Etat juif est actuellement à la première place du classement mondial concernant le nombre de vaccinations par tête au sein de sa population.

L’annonce de Moderna a été faite dans la nuit de lundi à mardi et elle n’a pas encore été confirmée par le ministère de la Santé. L’approbation du vaccin en Israël – il a été approuvé le mois dernier aux Etats-Unis – était attendue.

Le vaccin de Moderna n’a pas encore été utilisé au sein de l’Etat juif dans le cadre de son programme d’immunisation qui, jusqu’à présent, s’est appuyé sur le vaccin développé par Pfizer et BioNTech.

« Le ministère de la Santé d’Israël a obtenu six millions de doses et les premières livraisons devraient commencer au mois de janvier », a noté le communiqué de Moderna, qui n’a pas précisé combien de doses seraient délivrées de prime abord.

Le produit développé par Moderna a été approuvé, pour le moment, aux Etats-Unis et au Canada. La firme a noté qu’un plus grand nombre d’autorisations étaient actuellement examinées au sein de l’Union européenne mais aussi à Singapour, en Suisse et au Royaume-Uni.

Un vaccin Moderna contre la COVID-19 tenu par un infirmier à Boston, dans le Massachusetts, le 30 décembre 2020. (Crédit Elise Amendola/AP)

Le directeur-général de Moderna, Stéphane Bancel, a qualifié cette autorisation donnée au vaccin par le gouvernement israélien de « moment historique » dans la lutte contre le coronavirus dans le monde.

« C’est la troisième autorisation régulatoire à être accordée au vaccin Moderna contre la COVID-19 et la toute première hors des frontières de l’Amérique du nord. Je veux remercier le ministère de la Santé d’Israël pour ses efforts, son équipe ayant travaillé sans relâche aux côtés de la nôtre pour garantir que l’autorisation serait donnée au bon moment », a déclaré Bancel dans un communiqué.

Le médecin-conseil de Moderna, Tal Zaks, est Israélien. Il avait indiqué, dans le passé, que l’Etat juif serait l’un des tous premiers pays à bénéficier du produit.

Moderna devait initialement commencer à approvisionner Israël en vaccins au mois de mars. Des informations transmises la semaine dernière – que le ministère de la Santé a refusé de confirmer – ont fait savoir que Moderna enverrait un million de doses dès cette semaine.

La technologie ARN messager utilisée par Moderna est la même que celle de Pfizer-BioNTech. Toutefois, le vaccin Moderna est plus facile à gérer au niveau logistique que son équivalent Pfizer dans la mesure où il n’est pas nécessaire de le réfrigérer à des températures excessivement basses. Dans des essais qui ont impliqué plus de 30 000 bénévoles, il s’est avéré être efficace à 94 % pour empêcher l’apparition d’une forme symptomatique de la COVID-19 chez les adultes. Il reste encore impossible de dire si le produit empêche une propagation asymptomatique de la maladie.

Des Israéliens passent devant un centre de vaccination à Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La campagne de vaccination bat son plein en Israël mais le nombre de nouvelles infections a continué à grimper, lundi, alors même que les ministres envisagent de durcir les restrictions du confinement.

Le ministère de la Santé a fait savoir, lundi soir, que 7 061 nouvelles contaminations avaient été confirmées pendant la journée – un chiffre non-définitif qui devait encore augmenter avec l’ajout des résultats de tests supplémentaires. C’est, de toute évidence, le bilan le plus élevé à avoir été enregistré depuis le début du mois d’octobre, à l’apogée de la deuxième vague.

Il y a 53 912 cas actifs au sein de l’Etat juif. 772 personnes sont dans un état grave et 3 445 Israéliens ont succombé, jusqu’à présent, à une forme grave de la COVID-19.

Les responsables des hôpitaux ont déclaré lundi, qu’ils décelaient des signes indiquant qu’Israël entrerait actuellement dans la pire vague de la pandémie à s’abattre sur le pays, avec l’afflux de nouveaux cas dans leurs établissements.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a déclaré aux ministres qu’Israël pourrait connaître le même sort que l’Italie qui, l’année dernière, avait été l’un des pays les plus touchés par le coronavirus, comptant environ 75 000 morts.

Israël, depuis plusieurs jours, inocule la première dose du vaccin à environ 150 000 personnes quotidiennement mais, vendredi, le pays a dépassé officiellement le million de vaccinations, soit environ 11 % de sa population. L’Etat juif est le leader mondial dans le nombre de vaccinations par tête.

Cette campagne massive a commencé le 20 décembre et elle s’est concentrée jusqu’à présent sur les travailleurs du secteur de la santé, les personnes âgées de 60 ans et plus et les groupes à risque.

Cette campagne exceptionnelle dans le monde a été attribuée à des facteurs variés, et notamment à une population relativement modeste mais dense et à des services de santé hautement professionnels et intégrés au sein des communautés.

Des doses du vaccin contre le coronavirus de Pfizer-Biotech dans un centre de vaccination à Magdeburg, à l’est de l’Allemagne, le 27 décembre 2020. (Crédit : Ronny Hartmann / POOL / AFP)

A la fin du mois dernier, l’Etat juif a débuté son troisième confinement national depuis le début de l’épidémie de coronavirus, un confinement qui a été vivement critiqué en raison de son inefficacité et de ses failles présumées, avec notamment l’ouverture des écoles et des lieux de travail et un manque d’investissement des forces de l’ordre pour faire appliquer les règles. De leur côté, le commerce, les divertissements et les voyages ont été majoritairement interdits.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué lors d’une réunion des ministres du cabinet, lundi, que ces derniers devraient se réunir dans 48 heures pour parler d’un éventuel durcissement du confinement national.

Ajoutant aux craintes, le ministère de la Santé a fait savoir, dimanche matin, que 30 cas confirmés de la variante du coronavirus identifiée en Grande-Bretagne – qui est plus infectieuse – avaient été décelés dans le pays, dont sept dans la journée de dimanche.

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