Législatives/France : déferlante Macron en vue, le FN et le PS distanciés
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Législatives/France : déferlante Macron en vue, le FN et le PS distanciés

Malgré un taux d'abstention record de plus de 50 %, Emmanuel Macron peut se réjouir : selon, les projections, son parti obtiendrait une très large majorité des sièges

Vote dans un bureau de vote pour le premier tour des élections présidentielles françaises, à Strasbourg, le 23 avril 2017. (Crédit : Federick Florin/AFP)
Vote dans un bureau de vote pour le premier tour des élections présidentielles françaises, à Strasbourg, le 23 avril 2017. (Crédit : Federick Florin/AFP)

Le parti du président Emmanuel Macron se dirige vers une victoire écrasante aux législatives après le premier tour dimanche, marqué par une débâcle historique du PS, un net revers pour la droite et le Front national (FN) et une abstention record, environ un électeur sur deux ayant boudé les urnes.

Selon les premières estimations par sièges des sondeurs à 20h00, le mouvement présidentiel, la République En Marche (REM) et son allié du MoDem, raviraient dimanche prochain entre 390 et 445 des 577 sièges de l’Assemblée nationale, culminant très nettement au-dessus de la majorité absolue (289 élus).

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l’Assemblée sortante, s’effondrerait autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993.

La droite, qui espérait en début de campagne priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 80 à 132 élus LR et UDI, dont une partie devrait au final soutenir la majorité présidentielle.

Quant au FN, un mois après son score record au second tour de la présidentielle, il obtiendrait seulement un à 10 sièges, contre deux lors de la précédente législature, avec un score de 13 à 14 % très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,30 %).

Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d'écran France TvInfo)
Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d’écran France TvInfo)

Pour le FN, c’est une déception : la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal. A la présidentielle, la dirigeante frontiste avait en effet dépassé les 50 % dans 45 circonscriptions au second tour.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, PCF inclus.

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, l’abstention aux législatives dépasserait la barre des 50 % au premier tour.

Au terme d’une campagne atone qui a vu la REM creuser nettement l’écart sur ses rivaux, l’abstention pulvérise le précédent record pour un premier tour, qui remontait à 2012 (42,8 %, puis 44,6 % au second tour).

Le FN en net repli

En voix, la REM arrive nettement en tête (32,2-32,9 %), devant LR-UDI (20,9-21,5 %) et le FN (13,1-14 %), selon les estimations à 20h00. Le PS et son allié PRG obtiendraient entre 9 et 10,2 %, soit presque deux fois moins que lors de la débâcle de 1993, et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11 %) de Jean-Luc Mélenchon.

Le parti macroniste est en passe d’obtenir une des plus larges majorités de la Ve République, sans effacer le record de l’UDF-RPR en 1993 (484 sièges). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, détenu par l’UMP en 2002 (365 sièges).

Manuel Valls, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)
Manuel Valls, candidat à la primaire présidentielle de la gauche française, au premier tour de la primaire, le 22 janvier 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Parmi les figures de la vie politique française en lice, figurent notamment Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, Jean-Luc Mélenchon à Marseille, Manuel Valls dans l’Essonne et Benoît Hamon dans les Yvelines ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris.

Six membres du gouvernement, qui devront démissionner en cas de défaite, jouent leur avenir : Richard Ferrand, pris dans une affaire immobilière qui a terni la campagne de la REM, ainsi que Bruno Le Maire, Annick Girardin, Marielle de Sarnez, Christophe Castaner et Mounir Mahjoubi.

La forte abstention a l’effet mécanique de réduire le nombre de triangulaires, peu de candidats arrivés troisième ayant atteint la barre qualificative des 12,5 % d’inscrits.

Le nombre d’élus au premier tour devrait lui aussi pâtir de cette abstention et de l’éclatement des voix. En 2012, 36 députés l’avaient emporté dès le premier tour, et 109 en 2007.

Renouvellement historique en vue

L’Assemblée nationale sera en tout état de cause profondément renouvelée à l’issue du second tour dimanche prochain. Outre l’entrée en vigueur de la loi sur le non cumul des mandats, quelque 224 députés sortants ne se représentaient pas, selon le décompte du Palais-Bourbon.

Fort de cette probable solide majorité à l’Assemblée, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer son programme. Dans les prochaines semaines, le Parlement devra examiner la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre, ainsi que le projet de loi sur la moralisation de la vie publique porté par le garde des Sceaux François Bayrou.

L’Assemblée devra également examiner le projet de loi habilitant le gouvernement à réformer le droit du travail par ordonnances, le premier grand chantier économique et social du quinquennat.

Les députés nouvellement élus prendront leurs quartiers dès le 19 juin au Palais-Bourbon.

La séance inaugurale de la XVe législature, avec élection du successeur de Claude Bartolone au perchoir, est programmée le 27 juin. La déclaration de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe devrait intervenir autour du 4 juillet.

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