L’église grecque interjetterait l’appel contre la vente d’hôtels de la Vieille Ville à un groupe de droite
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L’église grecque interjetterait l’appel contre la vente d’hôtels de la Vieille Ville à un groupe de droite

La commission de l'église de l'AP affirme que la décision d’un tribunal qui confirme l'achat d'hôtels par Ateret Cohanim fait partie d’une tentative israélienne ‘d'attaquer la mosquée Al-Aqsa'

L'hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)
L'hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)

Le Patriarcat grec orthodoxe a déclaré qu’il avait l’intention de faire appel devant la Cour suprême contre une décision d’une juridiction inférieure qui a confirmé la légalité et la validité de contrats immobiliers controversés conclus entre les responsables de l’Église orthodoxe grecque et un groupe de droite israélien sur la vente de propriétés dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Les propriétés achetées par le groupe israélien comprennent deux hôtels juste à l’intérieur de la porte de Jaffa.

Le haute commission des Affaires ecclésiastiques en Palestine, formée par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour s’occuper des affaires chrétiennes, a fait le lien entre cette décision avec ce qu’il a appelé « l’attaque » d’Israël sur la mosquée Al-Aqsa, le site sacré musulman situé au mont du Temple dans la Vieille Ville.

Il s’agissait d’une référence évidente aux événements des deux dernières semaines, au cours desquels les musulmans ont refusé d’entrer dans le mont du Temple – l’endroit le plus saint du judaïsme et le troisième lieu saint de l’islam – pour protester contre de nouvelles mesures de sécurité israéliennes mises en place sur le site après l’attaque terroriste du 14 juillet au cours de laquelle trois Arabes israéliens ont utilisé des armes à feu introduites clandestinement sur le site saint pour tuer deux policiers.

En réponse aux manifestations musulmanes, parfois violentes, toutes les nouvelles mesures de sécurité ont été supprimées jeudi dernier et les musulmans sont retournés sur le mont du Temple pour les prières. Les allégations selon lesquelles Israël attaquait le mont du Temple ont été utilisées comme un appel de ralliement pendant cette période ainsi que pendant de nombreuses périodes d’agitation palestinienne qu’Israël a connues précédemment.

Les investisseurs qui ont porté l’affaire devant le tribunal de première instance de Jérusalem – trois sociétés étrangères travaillant pour l’organisation Ateret Cohanim – ont demandé un jugement déclaratoire confirmant leur droit de louer les hôtels New Imperial et Petra, ainsi qu’une propriété privée, pendant 99 années, et de confirmer la légalité d’une option visant à prolonger ce droit d’encore 99 ans.

Ils ont porté l’affaire devant la justice parce que le Patriarcat grec avait refusé de reconnaître la légalité des trois contrats qu’il a signés en 2004, déclarant qu’ils avaient été signés dans des circonstances frauduleuses.

Ateret Cohanim travaille pour peupler les quartiers de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est avec des résidents juifs en achetant des propriétés à des propriétaires non-juifs, souvent par le biais de sociétés de portefeuille.

La juge Gila Kanfi-Steinitz, chef adjointe du tribunal de première instance, a jugé lundi que le Patriarcat grec orthodoxe ne pouvait pas prouver la fraude et que les contrats étaient valides parce qu’ils avaient été signés par ses personnes mandatées par le patriarcat pour le faire et parce que les demandeurs – les investisseurs – avaient payé le montant total des baux.

Dans un communiqué publié en arabe mardi, la haute commission des Affaires ecclésiales en Palestine a condamné la décision. Elle a déclaré que la décision fournissait une couverture pour les groupes juifs afin qu’ils puissent continuer à violer les droits des Palestiniens et était une « décision politique » qui servait ce qu’il a appelé le plan d’Israël pour annexer les terres palestiniennes.

La commission s’est engagée à continuer à agir pour protéger les mosquées et les églises de Jérusalem avec Abbas, ses « frères en Jordanie » et les leaders spirituels à travers le monde.

L'hôtel New Imperial de la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
L’hôtel New Imperial de la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Dans sa propre déclaration publiée mardi, le patriarcat a critiqué ce qu’il a qualifié de « décision odieuse » de la cour et a souligné que le patriarche actuel, Theophile, avait tout essayé pour faire annuler les transactions qui avaient été signées sous son prédécesseur Iranaios.

Iranaios a été accusé d’avoir été impliqué dans l’accord avec Ateret Cohanim – une accusation qu’il a toujours niée. Il a été démis de ses fonctions en 2005 et rétrogradé au simple statut de moine. L’Autorité palestinienne l’a plus tard blanchi de ces accusations.

Iranaios a accusé son ancien directeur des finances, Nikolas Papadimos, d’avoir utilisé une procuration signée pour traiter d’autres questions pour signer les contrats sans qu’ils ne soient portés à la connaissance du patriarche.

Papadimos n’est plus en Israël.

Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à la procession des rameaux de Pâques à l'église du Saint sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 9 avril 2017 (Crédit : Gali Tibbon/AFP PHOTO)
Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à la procession des rameaux de Pâques à l’église du Saint sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 9 avril 2017 (Crédit : Gali Tibbon/AFP PHOTO)

« Nous sommes persuadés que la décision de la cour de première instance était politique », a déclaré un membre de l’église au Times of Israël. « Il y a beaucoup de faits dont le juge n’a pas tenu compte ».

« Nous espérons que le salut viendra de la Cour suprême ».

L’importance et les conséquences de la victoire d’Ateret Cohanim devant le tribunal de première instance ne sont pas immédiatement claires parce que les familles qui dirigent les deux hôtels – les Dajanis pour le New Imperial et la famille Kiresh du Petra – ont protégé le statut de locataire en utilisant une loi datant de l’époque ottomane qui permet de plafonner les loyers et qui est censé empêcher les expulsions arbitraires. Le statut des personnes vivant dans la maison privée n’est pas connu.

Le statut de locataire protégé – qui couvre trois générations et est passé par l’ascendance masculine – a été aboli après qu’Israël a conquis Jérusalem-Est pendant la Guerre des Six jours de 1967. Mais il s’applique toujours si le statut a été invoqué avant 1968.

Le statut des locataires protégés peut être révoqué et ils peuvent être expulsés après que les trois générations sont décédées ou, avant leur décès, si les tribunaux israéliens peuvent être persuadés que le statut a été effacé par des activités telles que la sous-location.

Les organisations, y compris Ateret Cohanim, ont essayé et continuent d’essayer d’expulser les locataires protégés de plusieurs résidences à Jérusalem-Est, y compris dans la Vieille Ville, en portant les affaires devant les tribunaux.

Ateret Cohanim a refusé de commenter cette affaire pour cet article.

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