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L’enquête initiale de Tsahal sur la mort de la journaliste propose deux scénarios

L'enquête en cours n'a pas encore déterminé qui a tué Shireen Abu Akleh à Jénine, mais suggère un tir involontaire d'un palestinien ou une balle perdue d'un sniper de Tsahal

Shireen Abu Akleh, journaliste pour le réseau Al Jazeera, se tient près d'une caméra de télévision avec la vieille ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit: Al Jazeera Media Network via AP)
Shireen Abu Akleh, journaliste pour le réseau Al Jazeera, se tient près d'une caméra de télévision avec la vieille ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit: Al Jazeera Media Network via AP)

L’armée a publié vendredi ses premières conclusions dans l’enquête sur la mort de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée mercredi lors d’affrontements entre les troupes israéliennes et des tireurs palestiniens à Jénine.

Tsahal a déclaré ne pas encore être en mesure de déterminer avec certitude qui avait tiré le coup de feu fatal, mais a indiqué être arrivé à deux scénarios possibles- l’un impliquant un tir involontaire de la part d’un palestinien, et l’autre une balle perdue d’un sniper de Tsahal.

Le premier scénario explique qu’Abu Akleh a été touchée lorsque des Palestiniens armés ont tiré « des dizaines de balles sans discernement » en direction de véhicules militaires dans le nord de la ville de Cisjordanie. Tsahal a déclaré que les balles avaient été tirées dans la direction où se tenait Abu Akleh, ajoutant qu’il était « possible que ce soit la source d’où provenaient les tirs qui l’ont touchée ».

Le deuxième scénario suggéré implique un soldat qui, selon l’armée, a utilisé une arme à visée télescopique pour riposter sur un tireur par une fente du véhicule blindé dans lequel il se trouvait.

« L’homme armé a tiré plusieurs fois en direction du soldat israélien et il est possible que la journaliste ait été touchée par les tirs du soldat en sa direction », a déclaré l’armée.

Abu Akleh se trouvait à environ 200 mètres du véhicule au moment des faits, selon l’armée.

Le site de Jénine où la journaliste Shireen Abu Akleh (flou) a été vue être mortellement abattue le 11 mai 2022, sous le regard de l’un de ses collègues. (Crédit: Capture d’écran de la Douzième chaîne ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Tsahal a déclaré qu’une « analyse balistique professionnelle » pourrait s’avérer être décisive pour déterminer comment Abu Akleh a été abattue, mais a noté que l’Autorité palestinienne a jusqu’à présent rejeté les demandes israéliennes d’organiser une enquête conjointe et d’examiner la balle.

L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Michael Herzog, a déclaré jeudi à Kan qu’il avait expliqué aux responsables américains qu’Israël cherchait à mener une enquête équitable sur cet « incident tragique », mais qu’il se heurtait aux réticences de l’AP.

Le communiqué de l’armée exprime également ses condoléances pour la mort d’Abu Akleh et indique que le chef d’état-major de Tsahal, Avi Kohavi, a ordonné la poursuite de l’enquête.

« Les soldats ont fait leur travail sous des tirs nourris, avec beaucoup de courage et de détermination, afin de protéger les citoyens israéliens. Nous continuerons être présents partout où notre présence sera nécessaire », a déclaré Kohavi.

La publication des conclusions provisoires est intervenue alors que les funérailles d’Abu Akleh se déroulaient dans la vieille ville de Jérusalem.

Abu Akleh, qui a couvert le conflit du Proche-Orient pendant plus de 25 ans, a été tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait les affrontements entre les troupes israéliennes et des tireurs palestiniens lors d’un raid militaire à Jénine. Cette mort a suscité une vive condamnation internationale.

Son cercueil a été transporté jeudi de Ramallah à Jérusalem, après une commémoration officielle au complexe d’Abbas à Ramallah, en présence d’officiels, de diplomates étrangers et d’un long cortège de personnes en deuil.

Un écran géant diffuse une photo de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, avec un texte arabe qui signifie : « Au revoir Shireen, la voix de la Palestine », au centre de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le mercredi 11 mai 2022, quelques heures après sa mort à Jénine. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Sa mort survient alors que les tensions se sont fortement accrues à Jénine, ces dernières semaines. Des terroristes palestiniens de la ville et des villages environnants ont franchi la barrière de sécurité avec Israël pour commettre des attentats terroristes dans le cadre d’une vague terroriste sanglante qui a fait 19 morts depuis la fin du mois de mars, plusieurs étant des terroristes venant de Jénine et de ses environs.

Selon le ministère de la Santé de l’AP, 30 Palestiniens ont été tués par les troupes israéliennes depuis la fin du mois de mars. Certains avaient commis des attentats terroristes violents et d’autres prenaient part aux heurts avec les militaires. D’autres encore – comme une Palestinienne presque aveugle près de Bethléem – semblent avoir été des civils non-armés, ce qui a alimenté les critiques selon lesquelles Israël fait souvent un usage excessif de la force.

Une première autopsie du corps d’Abu Akleh par des médecins légistes palestiniens a révélé qu’il n’était pas possible de dire si elle avait été tuée par des tirs israéliens ou palestiniens.

Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré jeudi que l’Autorité palestinienne entravait les efforts déployés pour enquêter sur l’incident.

La chaîne qatarie Al Jazeera a accusé Israël de l’avoir délibérément tuée et a promis d’engager une action en justice. Les journalistes présents lors de la fusillade ont déclaré qu’il n’y avait pas de tireurs palestiniens dans la zone.

Interrogée sur l’enquête et la proposition d’Israël d’enquêter conjointement avec les Palestiniens, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré jeudi que les responsables américains « sont prêts à aider l’une ou l’autre partie de toutes les manières possibles ».

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