Rechercher

Les Palestiniens refusent une enquête conjointe sur la mort de Shireen Abu Akleh

Ils refusent de transférer la balle qui a ôté la vie à la journaliste d'Al-Jazeera, disant que tout confirme qu'elle a été tuée par les soldats israéliens à Jénine

Sur cette photo non datée, la journaliste d' Al Jazeera pose avec une caméra avec la Vieille Ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit : Al Jazeera Media Network via AP)
Sur cette photo non datée, la journaliste d' Al Jazeera pose avec une caméra avec la Vieille Ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit : Al Jazeera Media Network via AP)

L’Autorité palestinienne a déclaré, jeudi, qu’elle avait refusé la requête soumise par Israël de lancer une enquête conjointe sur la mort de Shireen Abu Akleh, journaliste à al-Jazeera.

« Israël a demandé une enquête conjointe et le transfert de la balle qui a assassiné la journaliste Shireen, et nous l’avons refusé ; nous avons affirmé que nos investigations seraient menées à bien de manière indépendante et nous informerons sa famille, l’Amérique, le Qatar et toutes les autorités officielles des résultats de l’enquête », a écrit le chef des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh sur Twitter.

L’officiel a ajouté que « toutes les indications, tous les éléments de preuve recueillis et tous les témoins confirment qu’elle a été assassinée par les unités spéciales israéliennes ».

Abu Akleh, 51 ans, a été mortellement blessée par balle pendant des affrontements entre troupes israéliens et hommes armés palestiniens alors qu’elle couvrait une opération de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie, mercredi. Les Palestiniens ont attribué la responsabilité de sa mort à Israël tandis que les responsables israéliens avancent l’hypothèse qu’elle ait été tuée par un tireur palestinien.

La Douzième chaîne et la Treizième chaîne avaient fait savoir, mercredi, que les deux parties étaient en contact pour procéder à l’analyse balistique de la balle dans le but de déterminer si elle a succombé à un tir israélien ou palestinien.

Selon la Douzième chaîne, la balle en question est une balle 5,56 mm OTAN, qui est utilisée par les soldats israéliens comme par les terroristes pour leurs armes, notamment pour les M-16 ou les fusils d’assaut M4.

Le Commissaire aux Affaires civiles de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh (Crédit : WAFA)

Plusieurs responsables israéliens avaient appelé les Palestiniens, mercredi, à ouvrir une enquête conjointe. Des sites d’information israéliens avaient annoncé que les États-Unis faisaient office d’intermédiaire entre Jérusalem et Ramallah.

Une autopsie initiale du corps d’Abu Akleh, réalisée par les médecins légistes palestiniens, a déterminé qu’il n’était « pas possible » de savoir si elle avait été tuée par un tir israélien ou par un tir palestinien.

« La balle qui est entrée dans son corps est entre nos mains et elle a été emmenée au laboratoire pour des analyses supplémentaires », a dit le chef de l’équipe médico-légale, le docteur Ryan al-Ali, de l’Institut de pathologie de l’université al-Najah à Naplouse.

Al-Ali a souligné que les conclusions n’étaient que préliminaires et que la distance de tir exacte ne pouvait pas être déterminée de manière définitive, précisant toutefois que la munition n’avait pas été tirée à courte portée.

Il a aussi dit qu’Abu Akleh était morte de sa blessure elle-même, et non pas de l’hémorragie qui avait suivi.

De son côté, une enquête initiale préliminaire de l’armée israélienne a établi que si elle se trouvait probablement à proximité de terroristes armés, les soldats n’avaient pas ouvert le feu sur elle.

Les troupes de l’unité d’élite Duvdevan ont expliqué qu’elles n’avaient pas vu Abu Akleh, qu’elles n’avaient pas ouvert le feu sur elle, a déclaré le site d’information Walla, et elles ont ajouté que les militaires ont riposté de manière précise – ce qui a été déterminé par le nombre de balles tirées et le lieu où elles ont été trouvées.

Abu Akleh devrait être inhumée à Jérusalem dans la journée de vendredi.

Des Palestiniens réunis autour du corps de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Aqleh, tuée pendant un raid des forces de sécurité israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 11 mai 2022. (Crédit :Nasser Ishtayeh/Flash90)

Sa mort survient alors que les tensions se sont fortement accrues à Jénine, ces dernières semaines. Des terroristes palestiniens de la ville et des villages environnants ont franchi la barrière avec Israël pour commettre des attentats terroristes dans le cadre d’une vague terroriste sanglante qui a fait 19 morts depuis la fin du mois de mars.

Selon le ministère de la Santé de l’AP, 30 Palestiniens ont été tués par les troupes israéliennes depuis la fin du mois de mars. Certains avaient commis des attentats terroristes violents et d’autres prenaient part aux heurts avec les militaires. D’autres encore – comme une Palestinienne presque aveugle près de Bethléem – semblent avoir été des civils non-armés.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué mercredi que la mort d’Abu Akleh n’empêcherait pas l’État juif de mener des opérations antiterroristes en Cisjordanie.

« Nous continuerons à agir contre les terroristes et, en même temps, nous continuerons à faire tout ce qui est possible pour les séparer de la population parce que ce sont nos valeurs et que c’est également dans notre intérêt si nous voulons maintenir la stabilité », a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...