L’enseignant juif agressé à Marseille en 2016 et sa famille ont fait leur alyah
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L’enseignant juif agressé à Marseille en 2016 et sa famille ont fait leur alyah

Mazel, la femme de Benjamin Amsellem, explique que leur départ est le "rêve de toute une vie : c’est notre maison, c’est chez nous !"

Benjamin Amsellem, enseignant juif agressé à Marseille par un adolescent radicalisé en janvier 2016, a fait l’objet d’un récent reportage par la chaine israélienne Kan, quatre ans après son agression.

Alors qu’il avait déménagé en région parisienne peu après les faits, l’homme et sa famille de quatre enfants ont depuis fait leur alyah. Le reportage a ainsi filmé leur départ et leur installation dans la ville de Beit Shemesh.

Mazel, la femme de Benjamin Amsellem, explique que leur départ est le « rêve de toute une vie : c’est notre maison, c’est chez nous ! »

Si l’homme explique qu’il ne pense pas pouvoir continuer l’enseignement en Israël, citant l’exemple d’un ami enseignant à Marseille devenu chauffeur de bus en Israël, la famille reste pleine d’espoir dans leur nouvelle vie.

En janvier 2017, au micro de France Bleu, Benjamin Amsellem confiait que l’agression avait été un « très grand traumatisme ». « J’espérais m’en remettre un peu plus rapidement, mais c’est vrai qu’au jour le jour, ce n’est pas évident », avait-il ajouté. « J’ai des grandes peurs, des angoisses que je ne connaissais pas auparavant. On vit différemment, on essaie de vivre avec. »

L’agresseur, âgé de 15 ans au moment des faits, a été condamné à sept ans de prison et cinq ans de suivi socio-judiciaire en mars 2017. Une peine de 10 ans de prison avait été requise contre lui. Il s’agissait de la première fois qu’un tribunal pour enfants statuait en matière criminelle terroriste.

Il a été condamné pour tentative d’assassinat aggravée en raison de l’appartenance de la victime à une religion déterminée et en relation avec une entreprise terroriste. Il encourait une peine maximale de 20 ans de prison, car, âgé de moins de 16 ans, à une semaine près, lors des faits, il bénéficiait de l’excuse de minorité.

Par l’intermédiaire de son avocat, Me Fabrice Labi, l’enseignant juif avait fait part de sa « satisfaction » suite au jugement. Il avait ajouté « qu’il n’avait pas de volonté vindicative à l’encontre de son agresseur » et que si les excuses sont « arrivées tard », elles « sont arrivées quand même ».

Benjamin Amsellem, professeur à l’Institut franco-hébraïque La Source, avait été agressé en pleine rue dans le 10e arrondissement de Marseille le 11 janvier 2016. Il avait réussi à se défendre en parant les coups avec la Torah qu’il tenait à la main et s’en est tiré avec de légères blessures.

L’agresseur, un jeune turc d’origine kurde, avait dit avoir agi « au nom d’Allah » et vouloir « ‘planter’ les juifs et les policiers », qualifiés de « mécréants ». Il s’était aussi réclamé de l’Etat islamique. Le groupe jihadiste lançait à l’époque des appels à ses partisans pour des passages à l’acte isolés dans des pays qu’il considère ennemis, comme la France.

L’adolescent, en classe de seconde, avait été interpellé quelques minutes après l’agression. Dans sa fuite, il avait abandonné sa machette et son sac de classe. À la ceinture, il cachait une deuxième lame : un couteau qu’il comptait utiliser pour tuer les policiers qui allaient finalement l’interpeller.

Arrivé en France à 11 ans pour rejoindre son père réfugié dans ce pays, l’adolescent n’avait laissé deviner quasiment aucun signe de sa radicalisation à ses amis, parents ou professeurs.

Il administrait un compte Twitter relayant des appels au jihad, avait dans son téléphone des photos de jihadistes et d’armes, mais n’avait pas été repéré par les services de renseignements. Il avait acheté la machette qui lui servirait pour l’agression quelques jours avant, dans un magasin de bricolage.

Le président du consistoire local, Zvi Ammar, avait alors conseillé de s’abstenir de porter la kippa dans la rue, par sécurité, ce qui avait suscité une vive polémique.

Le président François Hollande avait jugé « insupportable » que des citoyens français estiment nécessaire de « se cacher ».

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