L’envoyé israélien en Hongrie critique les chroniques “antisémites” d’un quotidien
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L’envoyé israélien en Hongrie critique les chroniques “antisémites” d’un quotidien

L’ambassadeur écrit à l’éditeur Magyar Hirlap que les articles du co-fondateur du parti au pouvoir “incitent ouvertement” à la haine contre les juifs et Israël

Szolt Bayer (Crédit : capture d'écran YouTube)
Szolt Bayer (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’ambassadeur d’Israël en Hongrie a écrit au rédacteur en chef d’un journal en condamnant ce qu’il a qualifié être des écrits antisémites d’un chroniqueur.

La lettre du 4 avril d’Ilan Mor adressée à Peter Petan, rédacteur en chef de Magyar Hirlap porte sur les articles de Zsolt Bayer, un des co-fondateurs du parti Fidesz, au pouvoir dans le pays, qui « défendent ouvertement des sentiments antisémites et incitent [à la haine] contre le peuple juif et l’Etat d’Israël », a annoncé lundi l’hebdomadaire juif Szombat après avoir obtenu une copie de la lettre.

Les protestations de Mor, qui sont inhabituelles pour un ambassadeur israélien, portaient spécifiquement sur une série de plus de dix éditoriaux que Bayer a publiée depuis février dans Magyar Hirlap, un quotidien important lu par beaucoup de partisans des politiques de Viktor Orban, le Premier ministre de droite de la Hongrie.

Intitulée « Intolérable », la série d’éditoriaux se penche sur les racines historiques de l’antisémitisme en Hongrie, établissant souvent qu’il est une réaction naturelle aux actions des juifs contre les non juifs.

Le déclencheur de la série a été une controverse sur un projet d’inauguration à Budapest, en présence de personnalités importantes du gouvernement, d’une statue rendant hommage à Gyorgy Donath, un député qui dans les années 1930 et 1940 a soutenu la législation raciste contre les juifs, qui a été le prélude à leur assassinat pendant l’Holocauste sous des gouvernements hongrois pronazis. La statue a été retirée le mois dernier, sous les protestations.

Un manifestant contre l'inauguration d'une statue d'un politicien de l'époque de l'Holocauste et victime du régime communiste, Gyorgy Donath, à Budapest le 24 février 2016. (Crédit : AFP / ATTILA KISBENEDEK)
Un manifestant contre l’inauguration d’une statue d’un politicien de l’époque de l’Holocauste et victime du régime communiste, Gyorgy Donath, à Budapest le 24 février 2016. (Crédit : AFP / ATTILA KISBENEDEK)

Dans l’un des éditoriaux en question, Bayer a lié la persécution des juifs pendant l’Holocauste à l’implication juive dans la République soviétique de Hongrie, un court régime communiste qui a dirigé la Hongrie pendant un peu plus de quatre mois en 1919.

« Pourquoi sommes-nous surpris qu’un simple passant, dont l’expérience déterminante a été de voir les juifs entrer dans son village, battre son prêtre à mort, le menacer de transformer son église en cinéma, pourquoi trouvons-nous choquant que vingt ans après il ait regardé sans pitié les gendarmes trainer les juifs hors de son village ? », a écrit Bayer.

Dans un autre éditorial, il a cité une diatribe antisémite du romancier Zsigmond Moricz, affirmant que la haine des juifs ne devrait pas être une raison de ne pas rendre hommage aux personnes qui ont contribué de manière importante à la culture hongroise.

« Leurs nez et leurs oreilles sont grands, leurs bouches étranges », a écrit Moricz sur les juifs, cité par Bayer. « Leur lèvre inférieure est gonflée : le genre de bouche que j’ai toujours vu avec dégoût, donc je dois prévenir mes yeux. Une telle bouche me rend nauséeux. »

Dans sa lettre, Mor a écrit que l’ambassade annulerait son abonnement à Magyar Hirlap.

« Les insinuations, hypothèses, et les fausses accusations de bayer sont en contradiction totale avec les déclarations officiels du gouvernement hongrois, a écrit Mor, qui met un place une politique d’amitié et de coopération » avec Israël.

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