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L’envoyé israélien se rendra sur le premier campus ayant soutenu le boycott anti-Israël

Défiant les protestations émises par les étudiants et les professeurs, Mark Regev prendra bien la parole à l'école SOAS de Londres dont les élèves ont opté pour le boycott universitaire en 2005

L'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni, Mark Regev, sur la BBC, le 1er mai 2016. (Crédit : capture d'écran BBC)
L'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni, Mark Regev, sur la BBC, le 1er mai 2016. (Crédit : capture d'écran BBC)

L’ambassadeur israélien au Royaume Uni Mark Regev devrait bientôt se rendre sur le campus de l’université de l’école SOAS (School of Oriental and African Studies) jeudi, malgré les objections et les menaces de mouvements de protestation de la part des étudiants et de certains membres du personnel.

Aucun diplomate israélien n’est encore venu au sein de l’école depuis qu’elle est devenue la première institution du Royaume Uni à adopter le boycott universitaire d’Israël en 2005.

L’ambassadeur a été invité ce mois-ci par la UN Society et la Jewish Society à donner une conférence. Il sera interrogé par Eric Heinze, professeur de droit et de sciences humaines à l’université Queen Mary et répondra alors aux questions.

Regev a tweeté qu’il était impatient de prendre la parole au sein de la SOAS.

Sa visite a été condamnée par le syndicat des étudiants qui a déclaré que la rencontre programmée présentait un « risque sanitaire et sécuritaire réel ».

« La présence sur le campus de gardiens de la sécurité armés d’un côté et l’incapacité des étudiants et du personnel –
en particulier des étudiants palestiniens – à participer ouvertement au débat, en raison des répercussions possibles sur leur entrée en Israël/ou en Palestine de l’autre, nous inquiètent particulièrement », a posté le syndicat étudiant sur Facebook.

Le syndicat a exprimé sa préoccupation sur le fait que des étudiants ne seraient pas en mesure d’engager librement un débat avec l’ambassadeur parce qu’ils risqueraient de se voir interdits d’entrée en Israël.

« Les universitaires et les étudiants ne pourront pas débattre librement dans la mesure où la dernière ‘loi anti-boycott’ israélienne stipule que les individus qui soutiennent publiquement le BDS peuvent être interdits de pénétrer dans le pays, ce qui inclut les Palestiniens originaires de Jérusalem, dont un certain nombre fait étudient ici », a-t-il écrit.

L’organisation ‘SOAS United Against Israeli Apartheid’, qui regroupe environ 40 associations étudiantes différentes, prévoit des manifestations contre ce débat, qualifiant Regev de ‘visage public de la barbarie israélienne’.

“SOAS en tant que communauté rejette complètement l’utilisation de notre campus pour permettre à un individu d’une telle ignominie de parler au nom d’un état qui met en oeuvre une occupation militaire brutale, et s’est engagé dans un transfert de population forcé, dans des politiques de colonialisme et d’apartheid », a posté le groupe sur Facebook.

« Nous craignons que si cet événement provocateur a lieu comme prévu, cela causera une détresse et une blessure supplémentaire chez un grand nombre de nos étudiants et du personnel qui sont, ont été ou seront affectés par les actions de ce qu’un rapport récent à l’ONU qualifie de ‘régime de l’apartheid’ israélien ».

Le groupe est en train de programmer un rassemblement anti-israélien pour protester contre la prise de parole de l’ambassadeur.

Dans une lettre adressée au vice-recteur, 150 universitaires et 40 groupes étudiants écrivent que « l’événement pourrait de plus entraîner de graves tensions sur le campus et résulter en une ambiance chargée qui sera préjudiciable au bien-être de toute la faculté, du personnel et des étudiants », rapporte l’édition du Guardian au Royaume Uni.

Un porte-parole de l’université a expliqué que les groupes étudiants ont le droit d’inviter des intervenants, indépendamment du fait que l’université soit d’accord ou non avec les points de vue exprimés.

« Nous soutenons le droit des sociétés étudiantes de la SOAS à inviter des intervenants et à accueillir des débats sur des questions litigieuses ou difficiles. Ce qui ne signifie pas par la même que l’université adopte ou soutienne les points de vue exprimés », a indiqué le porte-parole au Guardian. « Nous sommes fiers de notre diversité et nous savons qu’elle peut créer parfois des tensions et des désaccords. »

Une porte-parole du Syndicat des étudiants juifs a déclaré au Guardian que le groupe se réjouissait que le débat puisse avoir lieu malgré les protestations.

« Nous sommes heureux de voir que la conférence de l’ambassadeur israélien à la ‘J-Soc’ et à l »UN Society’ de l’université pourra avoir lieu malgré les tentatives insidieuses de la faire annuler », a-t-elle dit au Guardian.

« Il est important que les étudiants juifs soient en mesure d’accueillir des invités avec des opinions diverses sur les campus sans subir d’intimidations, afin d’avoir des débats informés et engagés au sujet d’Israël et de la Palestine ».

Regev a visité environ 20 universités à travers tout le Royaume Uni depuis le début de l’année universitaire.

Peu de temps après avoir pris ses fonctions, en avril 2016, Regev avait fait part de son intention de prendre la parole à la SOAS. Il avait rencontré le vice-recteur de l’université quelques jours après son arrivée au Royaume Uni, ce qui avait entraîné l’apparition de graffitis anti-israéliens sur le campus.

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