Rechercher

L’Equateur rétablit l’honneur du diplomate, un Juste parmi les Nations

Une cérémonie a mis à l'honneur Manuel Antonio Munoz Borrero, démis de ses fonctions de consul à Stockholm pour avoir délivré des passeports à des juifs en fuite

Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Jose Valencia, a pris la parole le 9 novembre 2018 dans la capitale Quito, dans le but de rétablir Manuel Antonio Munoz Borrero au service diplomatique du pays. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Jose Valencia, a pris la parole le 9 novembre 2018 dans la capitale Quito, dans le but de rétablir Manuel Antonio Munoz Borrero au service diplomatique du pays. (Crédit : capture d'écran YouTube)

RIO DE JANEIRO – L’Équateur a rétabli à titre posthume la carrière diplomatique de son consul à Stockholm pendant la Seconde Guerre mondiale, démis de ses fonctions en 1942 après avoir sauvé plus de 100 juifs des nazis.

Plusieurs responsables équatoriens ont assisté à une cérémonie vendredi à Quito, au cours de laquelle le ministre des Affaires étrangères, Jose Valencia, a signé l’accord de réintégration de Manuel Antonio Munoz Borrero au sein du service diplomatique du pays, a rapporté le journal El Comercio.

L’acte a révoqué le décret de 1942 signé par le président Carlos Alberto Arroyo del Rio, retirant à Munoz Borrero son poste de consul à Stockholm.

“Son comportement a été le signe d’une attitude courageuse et humaniste, de la solidarité et de la fraternité avec ceux qui étaient persécutés pour ce qu’ils étaient, des juifs”, a déclaré Valencia aux médias locaux.

À partir de 1930, alors qu’il exerçait ses fonctions diplomatiques en Suède, Munoz Borrero a sauvé la vie de plus de cent juifs en leur accordant des passeports humanitaires. Avant la rupture des relations diplomatiques entre l’Équateur et l’Allemagne en 1942, Munoz Borrero continuait à délivrer des passeports lui-même. Lorsque les autorités équatoriennes ont découvert ses actes, il a été relevé de ses fonctions et il n’a jamais repris de rôle diplomatique.

Valencia a présenté ses excuses à la famille de Munoz Borrero et a souligné son travail de défenseur des droits de l’homme, sauveur d’une partie du peuple juif “même au détriment de son bien-être personnel et de celui de sa famille”.

“Son énorme travail a été passé sous silence. C’est une survivante de la Shoah qui avait déclaré avoir été sauvée grâce à un passeport qu’il avait délivré, c’est à partir de là que plusieurs historiens se sont mis à enquêter sur sa vie”, a déclaré Esteban Coello, grand-neveu de Munoz Borrero.

“Ces dernières années, son histoire a été reconstruite grâce aux nombreux efforts de la famille et d’autres historiens en Israël, en Argentine, en Europe, aux États-Unis et en Équateur. Nous avons réussi à reconstituer toute l’histoire de l’héroïsme de Manuel Antonio, c’est la dernière étape pour préserver sa mémoire”, a-t-il ajouté.

En 2011, le diplomate équatorien s’est vu décerner le titre de Juste parmi les nations par le musée Yad Vashem de Jérusalem.

Plus tôt ce mois-ci, le président de l’Équateur, Lenin Moreno, a rendu hommage à la communauté juive de son pays à l’occasion de son 80e anniversaire.

“Aujourd’hui, permettez-moi de me sentir fier d’hériter de plusieurs générations de dirigeants et de citoyens qui ont ouvert les frontières et leurs cœurs à tous les frères juifs qui ont choisi ma patrie pour fuir l’horreur et trouver la paix”, a-t-il déclaré à plusieurs officiels juifs et non-juifs à la synagogue Comunidad Judia de Ecuador.

L’Equateur abrite environ 650 juifs, dont beaucoup sont des descendants de juifs allemands, autrichiens, tchèques et polonais.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...