Les accusations de « génocide » à Gaza ne devraient pas servir de test – gouverneur Démocrate
Andy Beshear, candidat potentiel à la présidentielle américaine de 2028 , dit qu'Israël "a le droit d’exister en tant que pays démocratique et en tant qu'État juif" ; il a critiqué Trump et Netanyahu sur les guerres à Gaza et contre l’Iran

JTA — Dans une interview accordée à Politico et publiée dimanche, le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear, a refusé de qualifier les actions d’Israël à Gaza de « génocide », estimant plutôt que cette question servait désormais de test décisif au sein du Parti démocrate.
« Cette question est en train de devenir l’un de ces nouveaux tests décisifs que nous avions pourtant juré de ne plus jamais utiliser en tant que parti », a répondu Beshear à Dasha Burns, de Politico, qui l’interrogeait sur le fait de savoir s’il adhérait à cette qualification. « C’est de la provocation : on lance un mot et on demande : ‘Est-ce que vous allez lever la main ou non ?' »
Beshear, gouverneur démocrate d’un État traditionnellement républicain, est l’un des candidats potentiels à la présidence en 2028. Ses déclarations interviennent dans un contexte de débat croissant parmi les candidats démocrates quant à leur position sur Israël, et alors que le soutien de la base du parti à l’État juif est au plus bas.
Alors que plusieurs parlementaires, parmi lesquels le sénateur juif du Vermont Bernie Sanders, indépendant, ont qualifié les actions d’Israël à Gaza de « génocide », cette accusation n’a pas recueilli un large soutien au sein du Parti démocrate. En octobre dernier, l’ancienne vice-présidente Kamala Harris a refusé de recourir au mot « génocide », que le gouvernement israélien réfute depuis longtemps, mais elle a toutefois précisé : « Nous devrions tous prendre du recul, nous poser cette question et y répondre en toute honnêteté. »
Certains démocrates ont embrassé cette proposition. Une candidate au Congrès de New York a ainsi indiqué cette semaine au streamer de gauche Hasan Piker qu’elle était « entièrement » d’accord pour que cette question serve de critère au sein de son parti.
D’autres agissent comme si c’était déjà le cas. En janvier, par exemple, le candidat californien au Congrès Scott Wiener a fait savoir, après avoir été critiqué pour avoir refusé de répondre à la question lors d’un débat, qu’il estimait que les actions d’Israël à Gaza constituaient bien un génocide.
Si Beshear a affirmé à Burns qu’Israël « a le droit d’exister en tant que pays démocratique, en tant qu’État juif », il a néanmoins ajouté que son avis sur la conduite du président Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la guerre à Gaza et pendant le conflit actuel en Iran était « une autre affaire ».
« Les États-Unis, à mon sens, ont besoin d’un Israël fort, mais pas d’un Israël où les décisions sont prises de la manière dont Netanyahu les prend », a expliqué Beshear.
Beshear a par ailleurs condamné la réaction du président américain Donald Trump face à la crise à Gaza.
« À mon avis, beaucoup de souffrances auraient pu être évitées, mais j’attribue une grande part de responsabilité à Donald Trump », a-t-il souligné. « Des souffrances auraient été évitées s’il avait opté pour l’envoi de nourriture et d’aide humanitaire, en exigeant des garanties pour la sécurité de nos équipes. »
La semaine dernière, un porte-parole de Beshear a confié à Politico que « l’AIPAC n’a jamais soutenu financièrement le gouverneur Beshear, et ne le fera jamais » — une déclaration qui a rejoint celle de nombreux autres potentiels candidats démocrates à la présidence, tels que le gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui prennent de plus en plus leurs distances avec le lobby pro-israélien.
« C’est à chaque démocrate d’en décider », a rétorqué Beshear à la question de savoir s’il estimait que ses collègues du parti devaient accepter l’argent de l’AIPAC.
« En définitive, chacun se doit d’être clair quant à sa position sur ces questions », a poursuivi Beshear. « Je suis pour ma part d’avis que nous avons besoin, pour l’avenir, de conserver Israël comme allié. Nous avons toutefois besoin de dirigeants qui se démarquent de l’attitude de Netanyahu, ainsi que d’un président capable de faire pression pour que des mesures concrètes soient prises face aux crises humanitaires. »







