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Les chefs de la coalition sortante se réuniront pour tenter de resserrer leurs rangs

Lapid appelle ses partenaires "à rester unis" malgré les tensions induites par sa défaite aux élections législatives ; Herzog chargera Netanyahu de former un gouvernement dimanche

Illustration : Le haut conseil de sécurité d’Israël réuni pour évoquer le projet d’accord sur la frontière maritime entre Israël et le Liban, le 12 octobre 2022 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Illustration : Le haut conseil de sécurité d’Israël réuni pour évoquer le projet d’accord sur la frontière maritime entre Israël et le Liban, le 12 octobre 2022 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Les dirigeants des partis de la coalition sortante se réuniront mardi pour se préparer à siéger dans l’opposition, alors que le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, sera chargé par le président Isaac Herzog de former un gouvernement au début de la semaine prochaine.

Vendredi, le Premier ministre Yair Lapid a invité le leader du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, Avigdor Liberman d’Yisrael Beytenu, Merav Michaeli d’Avoda et Mansour Abbas de Raam à se réunir et à discuter de leur stratégie pour entrer dans l’opposition, dans un contexte d’animosité de la part de ses partenaires de coalition suite à leur défaite électorale.

« L’objectif est de se préparer et de réfléchir ensemble à la manière de gérer au mieux l’opposition », a déclaré le bureau de Lapid dans un communiqué. Le Premier ministre sortant a été battu aux dernières élections législatives  par des partis fidèles à Netanyahu, dont l’alliance d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, qui comprend les factions extrémistes Otzma Yehudit et Noam.

La cheffe du parti Avoda, au centre-gauche de l’échiquier politique, Merav Michaeli, avait accusé Lapid de mener une stratégie de campagne égoïste qui avait renforcé son parti, Yesh Atid, au détriment du parti travailliste et du parti de gauche Meretz, qui a été poussé en dessous du seuil et exclu de la Knesset. Michaeli, quant à elle, a été critiquée pour ne pas avoir accepté de fusionner avec Meretz.

Le parti Hadash-Taal d’Ayman Odeh – qui fait également partie de l’opposition à la Knesset mais qui ne siège pas dans la coalition actuelle – a notamment été évincé de la future réunion.

Dans la période précédant les élections, Lapid avait promis qu’il ne siégerait pas au sein d’une coalition avec l’alliance et a condamné les remarques de la députée Aida Touma-Sliman qui avait qualifié de « martyrs » cinq membres du groupe terroriste palestinien « La Fosse aux Lions » qui avaient été tués, ajoutant que leur « résistance » était une réponse à « l’occupation ».

Dossier : Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, rencontrant les leaders de la Liste arabe unie Ayman Odeh, à gauche, et Ahmad Tibi à la Knesset, le 19 avril 2021. (Autorisation)

Jeudi, Lapid a appelé ses partenaires de la coalition sortante à rester unis dans ce qu’il a décrit comme « une lutte pour l’avenir de la démocratie israélienne », suite à la forte montée du parti HaTzionout HaDatit.

« Nous nous engageons dans une lutte parlementaire, juridique et civique, et surtout une lutte fatidique pour l’avenir du pays », a écrit Lapid dans un communiqué. « Notre énergie ne doit pas être gaspillée dans des querelles internes. Si nous voulons arrêter la folie, l’opposition doit travailler en totale coordination. »

Les voix libérales en Israël s’inquiètent des projets du futur gouvernement, y compris la crainte qu’il poursuive un programme de plus grandes restrictions religieuses dans la sphère publique, et qu’il perturbe la séparation des pouvoirs.

Certains des partenaires ultra-orthodoxes et d’extrême-droite attendus par Netanyahu ont déclaré qu’ils ne se joindraient pas à lui s’il ne s’engageait pas à adopter une clause dite « dérogatoire », qui permettrait à la Knesset d’adopter une loi même si elle a été annulée par la Haute Cour comme violant les lois fondamentales quasi-constitutionnelles du pays.

Abordant la question de l’animosité avec les partis de son bloc, Lapid a écrit qu’après « une défaite aux élections, il y a toujours des retombées, il y a toujours de la colère ».

« C’est humain et compréhensible, mais nous avons une mission bien plus importante. Nous devons unir nos forces dans la lutte pour notre pays bien-aimé. À la Knesset, dans les rues, dans toutes les arènes possibles. »

Avant même les élections, Lapid et Gantz s’étaient affrontés pour savoir qui avait le plus de chances de former le prochain gouvernement.

Lapid avait déclaré que des leçons pourraient être tirées de la manière dont l’opposition a agi durant le dernier gouvernement, en faisant référence à la façon dont le bloc de l’opposition, dirigé par Benjamin Netanyahu, a systématiquement voté contre tous les projets de loi du gouvernement sortant, y compris ceux qu’il soutenait idéologiquement.

Le président Isaac Herzog rencontrant des représentants du Likud, le 9 novembre 2022. (Crédit : Résidence présidentielle)

Vendredi, Herzog a conclu ses consultations formelles avec tous les partis de la Knesset afin d’entendre leurs recommandations pour savoir qui devrait former le prochain gouvernement. Netanyahu a reçu le soutien de tous les partis composant son bloc, qui a officiellement obtenu 64 voix au Parlement de 120 sièges, lui permettant de reprendre le poste de Premier ministre. Ce dernier a, officiellement, été chargé de mener cette tâche à bien dimanche.

Le parti de Gantz, HaMahane HaMamlahti, a indiqué à Herzog qu’il resterait dans l’opposition et a refusé de recommander un candidat pour former le prochain gouvernement, déclarant que le nouveau Premier ministre présumé, Netanyahu, dirigerait un gouvernement néfaste et que le Premier ministre actuel, Lapid, n’a pas le nombre suffisant pour le faire.

Yisrael Beytenu, Raam et Hadash-Taal ont refusé de recommander quelqu’un pour le poste. Seuls Yesh Atid et Avoda ont recommandé Lapid comme candidat pour former le prochain gouvernement.

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