Les crimes de haine anti-palestiniens en baisse en 2019 mais…
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Les crimes de haine anti-palestiniens en baisse en 2019 mais…

Les récentes attaques exigent une coordination élaborée ; un grand nombre proviennent de l'implantation d'Yitzhar ; 6 actes ont été qualifiés de terroristes

Des graffitis découverts sur un mur près d'une voiture dont les pneus ont été lacérés dans le village palestinien de Deir Ammar, près de Qalqilya, le 25 avril 2018 (Crédit : Police d'Israël)
Des graffitis découverts sur un mur près d'une voiture dont les pneus ont été lacérés dans le village palestinien de Deir Ammar, près de Qalqilya, le 25 avril 2018 (Crédit : Police d'Israël)

Le nombre de crimes de haine contre les Palestiniens a significativement chuté en 2019 mais l’audace de leurs auteurs a augmenté, selon un article paru dimanche dans un journal.

Les Israéliens ont été responsables de 256 cas de violences contre des Palestiniens ou contre les forces de sécurité, cette année – surtout au cours des six premiers mois – et une portion significative a émané de l’implantation radicale d’Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie, a fait savoir le quotidien Haaretz.

En comparaison, il y avait eu 378 cas en 2018.

Mais des responsables de la sécurité non-identifiés et cités dans l’article ont indiqué que certaines attaques étaient de plus grande ampleur qu’auparavant et qu’elles avaient nécessité une planification méticuleuse et différents auteurs sur des sites variés, de manière simultanée.

Certains responsables ont estimé que la situation actuelle rappelait la période qui avait mené à l’attaque à la bombe contre la maison de la famille Dawabsha, dans le village de Duma, en 2015 – un attentat qui avait tué un couple et leur bébé.

Deux cents incidents ont été violents, dont 30 perpétrés contre les forces de sécurité mais qui n’ont pas mis de vies en péril. Six incidents ont mis la vie d’individus en danger – même si, au final, personne n’a été blessé – et ils ont été classifiés comme attentats terroristes.

Les années 2018 et 2017 avaient enregistré le même chiffre.

Environ 50 incidents enregistrés étaient des attaques de type « Prix à payer », qui impliquent des actes de vandalisme et de gros dégâts.

Le vandalisme anti-arabe de la part d’extrémistes juifs est malheureusement devenu banal en Cisjordanie.

Une voiture ciblée dans une attaque du Prix à payer dans le village palestinien de Yasuf, dans le nord de la Cisjordanie, le 5 juin 2019. (Crédit : Police israélienne)

Les arrestations sont excessivement rares et les groupes de défense des droits de l’Homme déplorent un nombre très faible de condamnations, la majorité des accusations dans ces dossiers étant simplement abandonnées.

La semaine dernière, la police israélienne a indiqué qu’environ 160 véhicules avaient été vandalisés dans un crime de haine anti-arabe présumé survenu dans le quartier de Shuafat, à Jérusalem-Est. Des pneus ont été crevés et des graffitis écrits sur les murs, avec notamment la phrase « quand des Juifs sont poignardés, ne gardez pas le silence ».

La police a indiqué que plusieurs suspects masqués avaient profité de l’obscurité et d’un temps orageux pour commettre l’attaque.

Un incendie allumé dans une tente de la police des frontières dans l’avant-poste de Kumi Ori, près de Yitzhar, le 24 octobre 2019 (Autorisation)

Presque toutes les attaques de type « Prix à payer » qui auraient été commises par des jeunes issus du mouvement pro-implantation contre des biens palestiniens, ces derniers mois, ont inclus des graffitis qui ont mentionné une ordonnance de zone militaire fermée qui a été déclarée par l’armée israélienne au mois d’octobre sur le site de l’avant-poste illégal de Kumi Ori, à proximité d’Yitzhar, dans le cadre d’une série d’attaques violentes commises par de jeunes membres de la communauté à l’encontre des forces de sécurité.

Des membres de la police des frontières ont depuis été déployés dans la zone pour faire appliquer l’ordonnance. Les relations entre les locaux et les soldats se sont ensuite encore détériorées, la police des frontières faisant à maintes reprises l’objet d’attaques de la part de jeunes résidents des implantations qui ont jeté des pierres en direction de leurs véhicules et qui, dans un cas, ont mis le feu à l’une de leurs tentes.

Les résidents d’Yitzhar ont expliqué que les tensions les opposant aux forces de sécurité avaient commencé à apparaître en octobre, lorsque le chef du Commandement central de l’armée avait signé une ordonnance administrative interdisant l’entrée en Cisjordanie d’un résident de Kumi Ori. Un responsable de la défense avait indiqué que Neria Zarog, 21 ans, avait été impliqué dans des violences contre des soldats et contre des Palestiniens.

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