Les dons à B’Tselem s’envolent après ses critiques contre les implantations
Rechercher

Les dons à B’Tselem s’envolent après ses critiques contre les implantations

La hausse annoncée de 350 % des contributions privées à l’association a lieu après qu’un député a menacé de déchoir le directeur de sa nationalité

Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Les donations à l’association de défense des droits de l’Homme B’Tselem auraient plus que triplé après le tollé déclenché lorsque le directeur de l’organisation a appelé les Nations unies à prendre des mesures contre Israël pour sa politique d’implantation en Cisjordanie.

La hausse des contributions privées à B’Tselem le mois dernier équivaut à une augmentation de 350 % des fonds récoltés par l’association de gauche pendant les autres mois de l’année 2016, selon un reportage diffusé lundi par la radio militaire.

Le directeur de B’Tselem, Hagai El-Ad, a déclenché un tollé en Israël le mois dernier, quand il s’est adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, pour dénoncer la « violence quotidienne, bureaucratique et invisible » qui domine la vie des Palestiniens, « du berceau à la tombe », notamment le contrôle israélien des entrées et sorties des territoires, et sur les droits agricoles.

Ses remarques avaient été très critiquées par les politiques israéliens, notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de la coalition, David Bitan.

Ce dernier avait appelé à déchoir El-Ad de sa nationalité pour ses critiques d’Israël devant les Nations unies.

Bitan avait également proposé un projet de loi qui interdirait aux Israéliens de critiquer leur pays devant des institutions internationales qui ont la capacité de prendre des sanctions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud David Bitan, qui préside la coalition, pendant une réunion du Likud à la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député du Likud David Bitan, qui préside la coalition, pendant une réunion du Likud à la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cependant, ce projet de loi avait été très peu soutenu, et son appel à déchoir El-Ad de sa nationalité massivement critiqué par des députés de gauche comme de droite, qui ont déclaré qu’il était non démocratique, ignorant, et n’avait qu’une portée à court terme.

En réponse à la « réaction sévère du gouvernement israélien » au discours d’El-Ad, le rapporteur spécial pour les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens des Nations unies, Michael Lynk, avait déclaré qu’il se pencherait sur le traitement des associations de défense des droits de l’Homme en Israël.

Les Etats-Unis avaient également accordé leur soutien à B’Tselem, et exprimé leur préoccupation sur les menaces dirigées contre l’organisation, tandis que la délégation de l’Union européenne en Israël avait publié sur Twitter son soutien à « B’Tselem pour le maintien des droits de l’Homme dans les communautés palestiniennes vulnérables. »

B’Tselem, ainsi que d’autres ONG de gauche en Israël, a été accusé dans le passé de chercher à compromettre la légitimité d’Israël en faisant pression sur la scène internationale.

L’organisation travaille avec des photographes et des vidéastes palestiniens pour documenter le comportement des soldats et des habitants des implantations israéliens en Cisjordanie.

En mars dernier, l’un des bénévoles de l’association, Imad Abu Shamsiyeh, avait filmé Elor Azaria, un soldat israélien, en train d’abattre un terroriste palestinien déjà neutralisé après une attaque au couteau à Hébron.

Cette vidéo avait déclenché un débat national sur l’utilisation excessive de la force et les valeurs de l’armée israélienne. Azaria est actuellement jugé pour homicide par une cour martiale.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...