B’Tselem participera à une réunion sur les « colonies » à l’ONU
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B’Tselem participera à une réunion sur les « colonies » à l’ONU

La rencontre, intitulée "Colonies israéliennes illégales : un obstacle à la paix et à la solution à deux états", est organisée à la demande de la délégation palestinienne

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)
Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

La délégation palestinienne aux Nations unies a demandé une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l’ONU vendredi sur les « colonies » israéliennes, a annoncé la mission israélienne à l’ONU.

Des représentants de deux associations anti-implantations, Lara Friedman des Américains pour La Paix Maintenant et Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, une organisation israélienne, seront présents à cette rencontre, qui sera organisée de manière informelle, pour apporter un « équilibre » à cette réunion qui sera probablement très opposée à Israël. Le professeur François Dubuisson, de l’université libre de Belgiques, y participera également.

« Les Palestiniens continuent à chercher tous les moyens possibles d’éviter des négociations directes avec Israël, et préfèrent utiliser à la place le terrorisme diplomatique contre nous », a déclaré Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies.

Yair Lapid, le président de Yesh Atid, a décrit la participation de B’Tselem comme « une déclaration de divorce » du sionisme.

La rencontre est officiellement organisée par l’Angola, la Malaisie, le Venezuela, le Sénégal et l’Egypte, et est intitulée « Colonies israéliennes illégales : un obstacle à la paix et à la solution à deux états ». Elle se concentrera notamment sur « une large gamme de problèmes venant ou causés par l’activité de colonisation israélienne », selon des sources des médias malaisiens.

La réunion abordera la construction dans les quartiers juifs de Jérusalem Est, la légalisation des communautés qui existent déjà en Cisjordanie, et ce que les Palestiniens appellent des « confiscations de terrains ». Les organisateurs devraient demander à la fin de la rencontre une résolution concrète du Conseil de sécurité de l’ONU sur les implantations.

B’Tselem, qui se décrit comme une association de défense des droits de l’Homme israélienne, utilise des photographes et vidéographes palestiniens pour documenter la conduite des soldats israéliens et des habitants des implantations de Cisjordanie. En mars, l’un des bénévoles de l’association, Imad Abu Shamsiyeh, avait filmé Elor Azaria en train de tirer sur un terroriste palestinien blessé et désarmé après une attaque au couteau à Hébron. La vidéo avait déclenché un débat national sur l’usage excessif de la force et les valeurs de l’armée israélienne.

Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)
Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Jack Guez)

Dans son discours, El-Ad soulignera que les « colonies [de Cisjordanie], la raison principale des violations quotidiennes des droits de l’Homme des Palestiniens, continuent de s’étendre », a déclaré le groupe dans un communiqué.

« Dans ces circonstances, il serait déraisonnable de considérer que l’occupation est temporaire, ou de croire qu’Israël compte changer cette réalité dans un futur proche. La responsabilité de mettre fin à l’occupation et aux violations des droits de l’Homme qu’elle entraîne repose d’abord et avant tout sur Israël, et pourtant cette réalité ne changera pas tant que la communauté internationale restera les bras croisés », pouvait-on lire dans le communiqué.

Danon a vivement critiqué la participation des deux organisations israéliennes à cette rencontre.

« A ce moment de l’année de réflexion et de prière pour l’unité de notre peuple, il est triste et décevant que des associations israéliennes fournissent une couverture morale à des activités anti-israéliennes de l’ONU », a-t-il déclaré.

L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, à la conférence anti-BDS à l'Assemblée générale de l'ONU, le 31 mai 2016. (Crédit : Shahar Azran)
L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, à la conférence anti-BDS à l’Assemblée générale de l’ONU, le 31 mai 2016. (Crédit : Shahar Azran)

Lapid a publié une réponse cinglante à la participation de B’Tselem, affirmant que ce geste était « une déclaration de divorce d’Israël de la gauche radicale. »

« Ils ne prétendent même plus que leur objectif est d’influencer l’opinion publique israélienne. A la place, ils ont décidé de rejoindre les organisations BDS antisémites afin de faire pression sur Israël depuis l’extérieur », a-t-il déclaré, affirmant que le groupe s’était tourné vers la scène internationale parce qu’il avait perdu toute influence au sein de la société israélienne.

Bien que le communiqué de Danon critiquait également La Paix Maintenant pour sa présence à la réunion, l’association a déclaré qu’elle avait refusé l’invitation de la Malaisie au début de la semaine, et que Américains pour La Paix Maintenant était une organisation indépendante qui ne la représente pas.

Des milliers d'Israéliens ont participé à une marche organisée par le mouvement «La paix maintenant" de la place Rabin au QG de Tsahal à Tel-Aviv le 24 octobre 2015 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)
Des milliers d’Israéliens ont participé à une marche organisée par le mouvement «La paix maintenant » de la place Rabin au QG de Tsahal à Tel-Aviv le 24 octobre 2015 (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

« Notre travail est public pour tous, nous en sommes fiers, mais la plupart de nos activités sont en Israël, et nous ne voyons pas le besoin de participer à une réunion pour le présenter », a déclaré au Times of Israël Avi Buskila, directeur général de La Paix Maintenant.

Buskila a à la place appelé Danon à participer à la réunion. « Il doit expliquer pourquoi Israël met en danger la solution à deux états, pas nous. »

La Paix Maintenant a été fondée en 1978 pour promouvoir la signature d’un accord de paix entre Israël et l’Egypte. Ces dernières années, l’association s’est concentrée sur la publication des activités d’implantation israéliennes, et la pression pour une solution à deux états au conflit israélo-palestinien.

B’Tselem et La Paix Maintenant ont été accusées dans le passé de travailler à ébranler la légitimité d’Israël en faisant pression sur la scène internationale, et sont a présent toutes deux soumises à la loi dire de « financement des ONG » qui obligent certaines associations à déclarer tous leurs financements étrangers.

La loi, votée en juin par la Knesset, oblige les ONG dont plus de la moitié du budget provient de gouvernements ou d’agences publiques étrangers à rendre public ce fait dans tous leurs rapports publics, leurs documents et leurs interactions avec les responsables gouvernementaux, ou à payer une amende de 29 000 shekels.

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