Oren Hazan dénonce lui aussi le projet de loi anti-B’Tselem du chef de la coalition
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Oren Hazan dénonce lui aussi le projet de loi anti-B’Tselem du chef de la coalition

Des députés de gauche et de droite fustigent la proposition de David Bitan, qui vise à interdire aux Israéliens de critiquer l’Etat juif à l’étranger

Les députés du Likud Yehuda Glick, à gauche, et Oren Hazan pendant une manifestation devant le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 14 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les députés du Likud Yehuda Glick, à gauche, et Oren Hazan pendant une manifestation devant le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 14 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du Likud Oren Hazan est le dernier législateur à avoir rejoint dimanche le chœur des condamnations contre le président de la coalition David Bitan (député du Likud), après que ce dernier a annoncé prévoir un projet de loi interdisant aux citoyens israéliens de critiquer Israël sur la scène internationale, et de déchoir de leur nationalité ceux qui agissaient de la sorte.

« Je ne soutiendrai pas cette loi non démocratique, a écrit Hazan sur Twitter. Je suis député du Likud, pas de la Corée du Nord ! »

Bitan avait annoncé ce projet de loi après l’exposé du directeur de B’Tselem, Hagai El-Ad, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, où il avait demandé des mesures contre Israël au sujet des implantations en Cisjordanie.

En réponse, Bitan avait initialement appelé à déchoir El-Ad de sa citoyenneté israélienne. Quand il lui avait été fait remarquer qu’il n’existait aucune base juridique pour une telle mesure, Bitan avait déclaré qu’il proposerait un projet de loi qui révoquerait la citoyenneté des Israéliens qui demandent des sanctions contre l’Etat juif devant les institutions internationales capables de lui en imposer.

Bitan a depuis été critiqué par des députés de gauche comme de droite.

Yehuda Glick, député du Likud, a écrit dimanche sur Twitter : « Retirer la citoyenneté au directeur de B’Tselem ? Pourquoi ne pas simplement le pendre en place publique ? Bien plus simple et efficace ! Hello ? Sommes-nous devenus fous ? Calmez-vous les amis ! Il y a des limites. »

Bezalel Smotrich, député de HaBayit HaYehudi, a également exprimé son opposition, déclarant sur Twitter qu’il « n’y aura pas de révocation de citoyenneté pour Hagai El-Ad ! » Smotrich a écrit qu’El-Ad « a franchi une ligne rouge, même pour une démocratie, mais il y une marge sérieuse entre cela et révoquer la citoyenneté. L’équilibre est la clef. »

Le projet de Bitan a suscité le mépris à gauche, où plusieurs députés ont prévenu qu’un tel projet pourrait isoler davantage Israël que tout discours d’une organisation de veille.

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, a déclaré que « même s’ils ne deviennent pas une loi, de tels propos et idées toxiques sont destructeurs pour Israël, de l’intérieur comme de l’extérieur […] les dégâts que ces initiatives causent à l’image d’Israël à l’étranger sont bien pires que ceux causés par [B’Tselem]. »

Isaac Herzog, député de l’Union sioniste et chef de l’opposition, a promis de combattre « férocement » un tel projet de loi s’il était présenté à la Knesset.

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
David Bitan, député du Likud et président de la coalition, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Stav Shaffir, députée de l’Union sioniste, a déclaré que le gouvernement « cause des dommages internationaux sans précédent au pays, et pourrait encore provoquer des sanctions contre Israël. » Elle a ajouté qu’avec de telles propositions, les membres du gouvernement, « dans leur grande ignorance et leur vision à court terme, arment les ennemis d’Israël. »

El-Ad avait déclenché un scandale en Israël quand il avait dénoncé le 14 octobre devant le Conseil de sécurité des Nations unies la « violence bureaucratique invisible et quotidienne » qui domine la vie des Palestiniens, « du berceau à la tombe », notamment par le contrôle israélien sur les entrées et sorties des Territoires et les droits agricoles.

Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hagai El-Ad, le directeur de B’TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les remarques du directeur de l’ONG avaient été largement dénoncées par les politiques israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait promis d’interdire aux volontaires du service national de travailler avec l’association de défense des droits de l’Homme de gauche.

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