Les envoyés américain et israélien s’affrontent sur B’Tselem au Conseil de sécurité
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Les envoyés américain et israélien s’affrontent sur B’Tselem au Conseil de sécurité

Danon affirme que le financement de l’ONU à l’ONG “interfère directement” dans la démocratie israélienne, tandis que son homologue américain parle de l’intégration politique

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)
Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Les ambassadeurs américain et israélien auprès des Nations unies ont eu un désaccord en public lors d’une réunion du Conseil de sécurité mercredi, quand l’Israélien Danny Danon a demandé que les Nations unies cessent leur soutien à l’association de défense des droits de l’Homme B’Tselem, affirmant qu’il « interfère directement » dans la démocratie israélienne.

Hagai El-Ad, le directeur de B’Tselem, a déclenché un scandale en Israël la semaine dernière quand il a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures immédiates contre les implantations israéliennes pendant une session spéciale sur les « colonies illégales ».

El-Ad a parlé de la « violence bureaucratique quotidienne et invisible » qui domine la vie des Palestiniens « du berceau à la tombe », notamment par le contrôle israélien sur les entrées et les sorties des territoires, et même sur les droits agricoles.

Mercredi, pendant la session mensuelle du Conseil de sécurité sur le Moyen Orient, Danon a affirmé que le financement de l’ONU à B’Tselem empêchait l’organisation de présenter des rapports objectifs et fiables aux agences de l’institution internationale.

De gauche à droite : le directeur exécutif de B'Tselem, Hagai El-Ad, Lara Friedman de Américains pour La Paix Maintenant, et le professeur François Dubuisson de l'Université libre de Bruxelles, pendant une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies sur les implantations israéliennes, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran UN TV)
De gauche à droite : le directeur exécutif de B’Tselem, Hagai El-Ad, Lara Friedman de Américains pour La Paix Maintenant, et le professeur François Dubuisson de l’Université libre de Bruxelles, pendant une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies sur les implantations israéliennes, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran UN TV)

Peu après, devant les 15 membres présents du Conseil, l’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies chargé des affaires politiques spéciales, David Pressman, a pris la défense de B’Tselem, soulignant l’importance pour les gouvernements de promouvoir un climat d’intégration politique.

« Nous remercions ces organisations, B’Tselem et Américains pour La Paix Maintenant [dont une représentante s’est également exprimée vendredi], pour le partage de leur expertise technique, comme nous reconnaissons d’autres ONG dans le monde qui éclairent les sujets difficiles, a déclaré Pressman selon Haaretz. Il est vital que tous les gouvernements protègent et créent une atmosphère où toutes les voix peuvent être entendues. »

B’Tselem, ainsi que d’autres ONG de gauche, a déjà été accusé d’ébranler la légitimité d’Israël sur la scène internationale.

Les remarques de son directeur vendredi ont entraîné des condamnations sévères par les politiques israéliens, notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a promis de modifier une loi pour interdire aux volontaires du service national de travailler avec l’ONG.

Mais les Etats-Unis, qui ont exprimé leur préoccupations après les menaces contre l’organisation, ont soutenu lundi B’Tselem, tandis que la délégation de l’Union européenne en Israël a déclaré sur Twitter son soutien à « B’Tselem pour maintenir les droits de l’Homme des communautés palestiniennes vulnérables. »

Façade de l'Unesco, située avenue Suffren, à Paris (Crédit : Wikimedia Commons)
Façade de l’Unesco, située avenue Suffren, à Paris (Crédit : Wikimedia Commons)

Pendant la session de mercredi, Danon a également fustigé l’UNESCO, la branche culturelle de l’ONU, pour l’adoption d’une résolution soutenue par le monde arabe, qui ignore les relations des juifs et des chrétiens aux lieux saints de Jérusalem.

« Ces tentatives de nous couper de notre patrie et de notre patrimoine ne réussiront pas. Nous resterons dans notre pays et notre capitale de Jérusalem pour toujours, a déclaré Danon. La résolution de l’UNESCO, qui nie la connexion entre le peuple juif et Jérusalem, est une tâche embarrassante sur les pages de l’histoire des Nations unies. »

Il a déclaré que l’absence de résolutions de l’ONU concernant la Syrie et d’autres conflits régionaux démontrait le parti-pris de l’agence contre l’Etat juif.

« Plus de personnes ont été tuées en Syrie ces derniers mois que pendant toute l’histoire du conflit israélo-arabe, a-t-il déclaré. Et pourtant, l’ONU a passé six fois plus de résolutions contre Israël que contre tous les autres pays combinés. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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