Les groupes terroristes de Gaza menacent d’une « escalade » contre Israël
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Les groupes terroristes de Gaza menacent d’une « escalade » contre Israël

Les Palestiniens vont manifester samedi près de la barrière frontalière avec Israël, malgré les progrès apparents des pourparlers de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

Des enfants discutent avec des membres masqués de l'aile militaire du Hamas, lors d'une marche dans les rues du camp de réfugiés de Nusseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 28 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Des enfants discutent avec des membres masqués de l'aile militaire du Hamas, lors d'une marche dans les rues du camp de réfugiés de Nusseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 28 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Les factions palestiniennes de Gaza ont déclaré mercredi être prêtes à « intensifier » les hostilités contre Israël si les restrictions imposées à l’enclave n’étaient pas assouplies et ont annoncé une manifestation samedi près de la clôture frontalière.

« Une explosion et une escalade sont inévitables si le statu quo persiste. Le faible gouvernement sioniste doit réaliser que le prix pour son existence continue est une fin de l’agression contre la Cisjordanie et Jérusalem et la fin du siège de Gaza », a déclaré un haut responsable du Jihad islamique, Khalid al-Batsh, dans un communiqué.

Après une réunion mercredi, les factions de Gaza ont également annoncé qu’elles allaient commencer « une série d’activités » pour augmenter la pression sur Israël. Dans les déclarations qui ont suivi la réunion, les responsables ont indiqué qu’ils organiseraient un rassemblement de masse dans le camp de Malika, samedi après-midi, près de la barrière frontalière avec Israël.

Malika a été un site clé des protestations contre Israël près de la clôture frontalière en 2018 et 2019. Ces manifestations, dont beaucoup ont donné lieu à de violents affrontements entre des membres de groupes terroristes et des soldats israéliens, ont fait des centaines de morts parmi les Gazaouis.

Les tensions entre les deux parties sont de nouveau montées ces dernières semaines, propulsées par un manque apparent de progrès immédiats dans les pourparlers de cessez-le-feu visant à permettre à Gaza de se reconstruire après le conflit de 11 jours en mai. Lundi, le sud d’Israël a été visé par un tir de roquette, le premier depuis la série de combats de mai entre Israël et le Hamas.

Le système antimissile du Dôme de Fer tire un missile d’interception sur des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Ashkelon, le 19 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël n’a pas répondu aux tirs de roquettes de lundi, ne frappant pas de cibles du Hamas à l’intérieur de la bande de Gaza. Néanmoins, sans un accord pour faciliter la reconstruction de Gaza, les observateurs estiment qu’une future escalade des hostilités est inévitable.

Les responsables israéliens ont juré qu’ils ne permettraient pas un retour au statu quo, qu’ils considèrent comme trop favorable au groupe terroriste du Hamas qui contrôle l’enclave.

« Il n’y a pas de retour en arrière possible », a déclaré le Premier ministre Naftali Bennett peu après son arrivée au pouvoir à la mi-juin.

L’un des principaux points de discorde a porté sur l’envoi de centaines de millions de dollars de subventions du Qatar à la bande de Gaza. Depuis 2018, le Qatar a apporté plusieurs centaines de millions de dollars à Gaza. Israël a autorisé l’entrée de ces fonds dans l’enclave soumise à un blocus serré en échange du calme à sa frontière sud.

Les projets qataris ont financé du carburant pour la seule centrale électrique de Gaza et des hôpitaux pour consolider le système de santé de l’enclave. Ils ont également permis de verser des centaines de millions de dollars en espèces à 100 000 familles pauvres de Gaza et aux fonctionnaires du Hamas.

À la suite des combats de mai, Israël a cherché à imposer des restrictions accrues à Gaza, en limitant considérablement les importations et les exportations et en interrompant en grande partie les subventions qataries, qui sont toutes essentielles à la reconstruction de l’enclave meurtrie.

Pendant la guerre, les frappes aériennes israéliennes et les roquettes palestiniennes ont causé des dommages d’une valeur d’au moins 290 millions de dollars dans la bande de Gaza, selon des évaluateurs internationaux début juillet.

Le gouvernement israélien a également cherché à conditionner tout assouplissement des restrictions à l’avancement des pourparlers en vue d’un échange de prisonniers avec le Hamas. Le groupe terroriste détient actuellement deux civils israéliens, ainsi que les corps de deux soldats israéliens. Le Hamas espère les échanger contre des milliers de prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Les deux parties seraient toutefois sur le point de conclure un accord. Le Qatar et les Nations unies sont parvenus à un accord provisoire qui prévoit le retour d’une partie des subventions qataries dans la bande de Gaza, a déclaré une source diplomatique au Times of Israel lundi.

Les annonces précédentes des responsables selon lesquelles de sérieux progrès avaient été réalisés dans les pourparlers en cours n’ont toutefois pas été confirmées. Une proposition d’accord entre Ramallah et Doha visant à faciliter le versement des fonds par l’intermédiaire des banques de l’Autorité palestinienne a apparemment échoué.

Le cadre proposé actuellement n’inclut en effet pas l’Autorité palestinienne. Il s’agirait plutôt de cartes électroniques délivrées par les Nations unies à 100 000 familles pauvres de Gaza, plutôt que de valises d’argent qatari.

Des voisins se rassemblent dans une clairière jonchée de débris provenant d’une frappe aérienne lors de la guerre de 11 jours entre les dirigeants du Hamas de Gaza et Israël, à Beit Hanoun, dans la bande de Gaza, le 26 mai 2021. (Crédit : John Minchillo/AP)

L’accord prévu n’inclurait pas non plus les paiements aux employés du Hamas à Gaza, l’une des principales pierres d’achoppement de tout accord potentiel.

Il reste indéterminé comment le cadre proposé par les Nations unies pourrait répondre aux préoccupations des banques palestiniennes. La tentative de l’Autorité palestinienne de signer un accord avec le Qatar pour subventionner les habitants démunis de Gaza a apparemment échoué lorsque les banques de l’AP ont manifesté leur vive opposition, craignant des sanctions internationales si elles versaient des fonds à des familles liées au Hamas.

Toutefois, selon le radiodiffuseur public Kan, un haut responsable de la sécurité israélienne aurait exprimé mercredi son optimisme quant à la possibilité de conclure un accord définitif permettant l’entrée de l’argent qatari dans la bande de Gaza dans les prochains jours.

Israël a également levé certaines restrictions sur la bande de Gaza dimanche, autorisant l’importation de pneus et de certains autres biens, selon des responsables israéliens et palestiniens. Plus de 1 350 hommes d’affaires gazaouis ont également été autorisés à passer en Israël mercredi, pour la première fois depuis le début de la pandémie de coronavirus.

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