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Les organisateurs de l’Eurovision demandent à Netanyahu de maintenir Kan

L'UER demande au Premier ministre de « préserver l’indépendance de Kan », condition pour qu’Israël demeure membre de l’Eurovision

Les membres du groupe "Kalush Orchestra" célèbrent sur scène avec les drapeaux de l'Ukraine après avoir remporté au nom de l'Ukraine le concours Eurovision de la chanson 2022, au Pala Alpitour de Turin, le 14 mai 2022. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)
Les membres du groupe "Kalush Orchestra" célèbrent sur scène avec les drapeaux de l'Ukraine après avoir remporté au nom de l'Ukraine le concours Eurovision de la chanson 2022, au Pala Alpitour de Turin, le 14 mai 2022. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)

L’Union européenne de radio-télévision (UER), organisme chargé de l’organisation du concours Eurovision de la chanson, a adressé un courrier au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu suite à sa menace de fermer le radiodiffuseur public Kan, a-t-elle annoncé mardi.

Le directeur général de l’UER, Noel Curran, a adressé ce courrier à Netanyahu pour le mettre en garde contre une telle décision, déclarant : « Nous espérons que le nouveau gouvernement garantira l’indépendance de Kan et lui permettra de continuer à remplir sa mission au sein d’une société démocratique ».

Curran s’appuie sur les propos, tenus en novembre 2022, par le député du Likud Shlomo Karhi, devenu depuis ministre des Communications, appelant à la fin de la chaîne publique en Israël.

« La diffusion d’une information indépendante fait partie intégrante des missions de service public et apporte une contribution clé au pluralisme des médias dans les démocraties qui fonctionnent bien », écrit Curran dans sa lettre à Netanyahu.

« La responsabilité de l’UER est de veiller à soutenir tous ses Membres dans l’accomplissement de leur mission de service public. Les récents développements risquent de compromettre la capacité de Kan à respecter ses engagements en tant que membre de notre alliance internationale d’organisations médiatiques de service public », a-t-il ajouté.

En réponse, Karhi a publié une déclaration s’opposant à toute ingérence de l’UER en la matière.

Le nouveau ministre des Communications, Shlomo Karhi, arrivant pour une photo de groupe du nouveau gouvernement à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Sauf erreur de ma part, nous avons déclaré notre indépendance en tant qu’État juif et démocratique il y a environ 75 ans », a déclaré Karhi. Le nouveau ministre a ajouté que les électeurs israéliens avaient élu un « gouvernement de droite », « redevable à la population israélienne, à l’exclusion de tout autre organisme ».

Karhi a dit chercher « une solution susceptible de concilier à la fois l’expression culturelle d’Israël dans le monde, la concurrence médiatique et la diversité que nous voulons apporter au marché des médias ».

Pour être membre à part entière de l’UER – ce qui est nécessaire pour participer à l’Eurovision – les pays doivent exploiter un radiodiffuseur public qui diffuse à la fois des informations et d’autres types de programmes.

Kan a été créé en 2017 à l’issue d’une longue bataille juridique pour fermer et remplacer l’ancien radiodiffuseur public israélien, l’Autorité israélienne de radiodiffusion.

La droite, emmenée par Netanyahu, se plaint depuis longtemps du radiodiffuseur public israélien, auquel il reproche ce qu’il estime être un parti pris de gauche et une difficulté à contrôler les contenus d’une chaîne financée sur fonds publics.

Salle de contrôle du radiodiffuseur public Kan, à Tel Aviv, le 29 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La ministre des Transports du Likud, Miri Regev – qui a par le passé été ministre de la Culture – avait eu ces mots tristement célèbres lors d’une audience de la Knesset en 2016 sur la question : « Quel est l’intérêt d’avoir un radiodiffuseur public si nous ne le contrôlons pas ? Pourquoi devrions-nous lui donner des fonds s’il peut diffuser ce qu’il veut ? »

Peu de temps après le lancement de Kan, Netanyahu avait déjà tenté de séparer le service de l’information du reste du radiodiffuseur public dans le but de mieux contrôler sa programmation.

Mais suite à la victoire israélienne au concours Eurovision de la chanson de 2018, le Premier ministre a renoncé à son projet, qui aurait eu pour effet de ne pas permettre à Israël de rester membre de l’UER et donc d’accueillir le concours 2019.

Israël a effectivement accueilli l’édition 2019 de l’Eurovision à Tel Aviv, suite à la victoire de Netta Barzilai en 2018 à Lisbonne.

C’est la star de la pop Noa Kirel qui devrait représenter Israël lors du prochain concours, cette année à Liverpool, en Grande-Bretagne.

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