Les partis ultra-orthodoxes veulent freiner la circulation des bus le samedi
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Les partis ultra-orthodoxes veulent freiner la circulation des bus le samedi

Les députés ont demandé au ministère des Transports de révoquer les permis délivrés à quelques villes

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un bus de la compagnie Dan. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Un bus de la compagnie Dan. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Quatre députés des partis ultra-orthodoxes ont demandé lundi au ministère des Transports de révoquer les permis accordés à certaines villes en Israël, qui permet aux bus de circuler les samedis, une activité qui rentre dans le cadre de la transgression du Shabbat selon la loi juive.

Les députés Michael Michaeli et Yoav Ben-Tzur du parti Shas et leurs collègues de Yahadout HaTorah, Uri Maklev et Yisrael Eichler ont envoyé une lettre à la directrice générale du ministère des Transports, l’exhortant à révoquer les permis accordés aux sociétés de transports publics Metropoline et Dan de fonctionner durant Shabbat dans les villes de Holon, Ramat Hasharon et Herzliya.

Ce courrier a été envoyé au lendemain de la suspension d’un projet pour la création d’un espace de prière égalitaire sur le parvis du mur Occidental. Le projet aurait permis d’établir un emplacement défini pour un espace de prière mixte, à l’inverse de la structure actuellement en place, sous la supervision des représentants des grands courants du judaïsme. La décision d’annuler cet accord a fait l’objet d’une pluie de critiques de la part de l’opposition et des représentants du judaïsme de la Diaspora, ainsi que de la part du parti de la coalition Yisrael Beytenu et de certains membres du parti Koulanou, qui fait partie du gouvernement.

Les députés ultra-orthodoxes, qui ont demandé à ce que le ministre des Transports Yisrael Katz prenne connaissance de ce courrier, ont évoqué une loi qui permet au ministre de réduire les transports en vertu du respect de la sainteté des fêtes juives et de Shabbat.

Ils ont également demandé à prendre connaissance de l’évolution de l’enquête sur les deux lignes de bus privées de Jérusalem et ont demandé si des preuves ont été obtenues, qui permettraient de poursuivre en justices les sociétés.

La député Tamar Zandberg, du parti de gauche du Meretz, qui supervise les droits à la laïcité, a déclaré que les « députés ultra-orthodoxes tiennent à garder Israël sous un couvre-feu, quoi qu’il en coûte, et les tentatives pathétiques de mettre des bâtons dans les roues de toutes les initiatives prouvent les progrès considérables qu’a fait la communauté laïque dans les initiatives civiles et municipales qui aident les citoyens durant Shabbat, au grand dam des députés ultra-orthodoxes ».

Le quotidien israélien Haaretz a indiqué que le ministre de l’Intérieur et chef du parti Shas Aryeh Deri a demandé lundi à la Haute-Cour de Justice de réexaminer les permis qui autorisent certains commerces de proximité à ouvrir durant Shabbat à Tel Aviv.

En avril, la Haute-Cour avait statué en faveur de Tel Aviv dans la bataille menée pour l’ouverture des commerces au public laïc pendant Shabbat, indiquant que la municipalité peut autoriser les épiceries à ouvrir durant le Jour du repos juif.

Tel Aviv accueille une population majoritairement laïque, et a tenté d’élargir les autorisations faites aux commerces, mais les partis ultra-orthodoxes, de leur côté, tentent d’ajouter des restrictions et d’améliorer la mise en pratique des lois du Shabbat.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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