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Les pays du Golfe réclament le retrait par Netflix de contenus jugés offensants

Le communiqué conjoint des gendarmes des télécommunications de l'Arabie saoudite et des 5 autres membres du Conseil de coopération du Golfe ne précise pas la nature des contenus

Cette photo du 24 juin 2015 montre le logo de l'application Netflix Apple TV. (Dan Goodman/AP)
Cette photo du 24 juin 2015 montre le logo de l'application Netflix Apple TV. (Dan Goodman/AP)

L’Arabie saoudite et ses voisins du Golfe ont demandé à Netflix de retirer des contenus jugés « contraires aux valeurs islamiques et sociétales », menaçant la plateforme de vidéo à la demande par abonnement de poursuites judiciaires, selon un communiqué publié mardi.

Le communiqué conjoint des gendarmes des télécommunications de l’Arabie saoudite et des cinq autres membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ne précise pas la nature des contenus jugés offensants.

« La plateforme a été contactée pour retirer ces contenus, surtout ceux destinés aux enfants », indique le communiqué.

Les autorités veilleront « à ce que les directives soient respectées par la plateforme et, si des contenus illicites continuent d’être diffusés, elles prendront les mesures juridiques nécessaires », prévient-il.

Netflix n’a pas réagi dans l’immédiat.

Les médias saoudiens ont été plus explicites quant aux contenus jugés offensants dans le communiqué des pays du CCG, évoquant des films où apparaissent des personnages LGBTQ.

La chaîne étatique Al-Ekhbariya a dénoncé « des films et séries pour enfants comportant des scènes promouvant l’homosexualité via Netflix ».

Dans un entretien en direct, un avocat a déploré « des scènes très inopportunes et douloureuses pour nos enfants, nos petits-enfants et la génération future. »

Dans une section séparée, la chaîne Al-Ekhbariya a montré des scènes du film d’animation Jurassic World: Camp Cretaceous dans lesquelles deux personnages féminins, dont les visages ont été floutés, s’embrassent.

Interviewé par la chaîne, une personne se présentant comme « conseiller en affaires familiales et éducation », déplore que des contenus offensants « s’introduisaient dans nos foyers » et que le pays faisait face à « une crise de la censure ».

Sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, l’Arabie saoudite s’est ouverte aux divertissements et aux grands événements mondiaux, mais les restrictions politiques et sociales restent très importantes. En 2017, les autorités ont levé l’interdiction du cinéma.

En avril, l’Arabie saoudite a demandé à Disney de supprimer les « références LGBTQ » dans le film de Marvel, « Doctor Strange in the Multiverse of Madness », afin d’autoriser sa projection dans les salles du royaume ultraconservateur.

Disney n’a pas obtempéré et le film n’a pas été projeté en Arabie.

Les questions de genre et de libertés sexuelles restent encore très taboues dans de nombreux pays arabes, notamment les monarchies du Golfe.

En juin, les Emirats arabes unis ont interdit le film d’animation des studios Pixar, « Buzz l’Eclair », qui contient une fugace scène de baiser entre deux femmes vivant ensemble.

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