Les pompiers se battent pour éteindre les foyers épars avant la levée du vent
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Les pompiers se battent pour éteindre les foyers épars avant la levée du vent

Selon les responsables, il faudra des années pour remettre en état les zones touchées ; certains critiquent la lenteur de la réponse initiale à l'incendie de la part des autorités

  • Des pompiers tentent d'éteindre l’incendie près du moshav Givat Ye'arim, près de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
    Des pompiers tentent d'éteindre l’incendie près du moshav Givat Ye'arim, près de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
  • Les pompiers tentent d'éteindre un incendie à proximité du moshav Givat Yearim, près de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
    Les pompiers tentent d'éteindre un incendie à proximité du moshav Givat Yearim, près de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
  • De la fumée sur une forêt proche de Jérusalem alors qu'un incendie se propage vers le sud de la ville sainte, le 16 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    De la fumée sur une forêt proche de Jérusalem alors qu'un incendie se propage vers le sud de la ville sainte, le 16 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un avion bombardier d'eau tente d'éteindre un incendie à Givaat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
    Un avion bombardier d'eau tente d'éteindre un incendie à Givaat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • De la fumée provenant d'un feu de forêt sur les collines de Jérusalem, près du Moshav Shoresh, le 16 août 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
    De la fumée provenant d'un feu de forêt sur les collines de Jérusalem, près du Moshav Shoresh, le 16 août 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
  • Des voitures circulent alors que des flammes et de la fumée s'élèvent suite à un feu de forêt sur les montagnes de Jérusalem, près du village du Moshav Shoresh, le 15 août 2021. (Crédit :Menahem KAHANA / AFP)
    Des voitures circulent alors que des flammes et de la fumée s'élèvent suite à un feu de forêt sur les montagnes de Jérusalem, près du village du Moshav Shoresh, le 15 août 2021. (Crédit :Menahem KAHANA / AFP)

Les sapeurs-pompiers affrontent, pour la troisième journée d’affilée, un incendie massif qui s’est déclenché à proximité de Jérusalem. Ils s’efforcent ainsi d’éteindre des dizaines de foyers épars qui risquent de repartir et de prendre une nouvelle ampleur avec la levée du vent qui est prévue cet après-midi.

Pour leur part, les responsables ont prédit que la remise en état de la nature ravagée par les flammes pourrait prendre des décennies et certains résidents ont critiqué les autorités qui, estiment-ils, n’ont pas été assez rapides dans leur intervention au tout début du sinistre, perdant ultérieurement tout contrôle du feu.

Ce gigantesque incendie a consumé environ 2 000 hectares de forêt, aux abords de Jérusalem, depuis dimanche. Il se rapproche donc en ampleur de l’incendie criminel du mont Carmel de triste mémoire qui, au mois de décembre 2010, avait détruit 2 400 hectares dans le nord du pays et avait entraîné un lourd bilan humain, avec 44 morts.

Les sapeurs-pompiers avaient pensé avoir réussi à contenir le feu, dans la soirée de dimanche, mais les vents forts qui s’étaient levés lundi matin et un taux faible d’humidité avaient entraîné la reprise de l’incendie, qui s’était dirigé vers les villes et les villages des collines de Jérusalem, du côté Ouest de la ville sainte.

Environ 2 000 résidents locaux avaient été évacués en conséquence et le gouvernement avait alors lancé un appel à l’aide internationale dans sa lutte contre le feu.

De multiples localités, villes et villages, situées à proximité du secteur de la forêt de Sataf et le long de l’Autoroute 1 qui relie Jérusalem et Tel Aviv avaient été menacés par la recrudescence du sinistre, selon les responsables.

Kiryat Yearim, Givat Yearim, Tzova, Ein Rafa, Ein Nakuba, Shoeva, l’hôpital psychiatrique Eitaniml, Shoresh, Har Etan et d’autres villes et villages avaient été évacués alors que les pompiers s’étaient déployés dans le périmètre sud de Jérusalem, pour établir une ligne défensive contre la propagation de l’incendie vers la capitale.

C’est dans ce contexte que les résidents de deux communautés, Givat Yearim et Tzova, n’ont pas encore été autorisés, mardi matin, à retourner chez eux, a expliqué un responsable des services israéliens des incendies et des secours, Niso Guetta, au micro de la Radio militaire.

Les pompiers tentent d’éteindre un incendie à proximité du moshav Givat Yearim, près de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Le feu s’est calmé pendant la nuit mais il y a encore beaucoup de petits foyers épars à côté des communautés », a-t-il dit. « Nous sommes déployés dans de nombreux secteurs parce que le vent pourrait amener le feu à se propager dans de nouveaux endroits ».

Lundi, les flammes avaient déjà semblé être maîtrisées et tous les foyers encore actifs avaient été éteints en fin d’après-midi – sauf un.

« Nous étions sur le point de l’éteindre complètement et un seul foyer que nous n’étions pas parvenus à atteindre à temps est parvenu à violer nos défenses et à entraîner un nouvel incendie dévastateur, » a raconté au site Walla le directeur pour la région du nord du KKL-JNF Omri Bone, qui aide à lutter contre le sinistre.

« Je crains qu’il n’y ait un plus grand nombre de reprises de feu auxquelles nous devrons nous attaquer – en espérant que cette fois, nous parviendrons à venir complètement à bout du sinistre avant que le vent ne se lève dans l’après-midi », a-t-il continué.

Des dizaines d’équipes de sapeurs-pompiers et des avions bombardiers d’eau sont actuellement sur le terrain. Plusieurs canadairs supplémentaires devraient venir en renfort mardi et Israël devrait obtenir une aide de la part de plusieurs pays.

Des pompiers et des citoyens israéliens tentent d’éteindre un incendie qui s’est déclaré dans une forêt près de Beit Meir, à l’extérieur de Jérusalem, le 16 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Certains résidents, pour leur part, ont critiqué la réponse initiale à l’incendie qui a été apportée par les autorités, disant que les avions auraient dû être mobilisés dès le début.

« Nous avons vu le feu à Beit Meir et il a commencé à se diriger vers nous. S’il y avait eu des avions bombardiers d’eau à ce moment-là, tout se serait terminé en un clin d’œil, sans dégât », a expliqué Eli Ben Zaken, propriétaire d’une exploitation viticole de Ramat Raziel, à Walla.

« Je suis revenu chez moi et le feu était déjà là, près de nous. Nous avons eu de la chance qu’il passe à côté – nous étions entourés par les flammes des deux côtés – mais qu’il ne soit pas passé ici. Il n’y a pas de dégât direct mais la fumée est dévastatrice pour le vin. Nous avons 60 tonnes de vin qui sont dorénavant inutilisables. Les dommages sont immenses », a-t-il poursuivi.

Un autre résident de Ramat Raziel, qui n’a pas été identifié, a dit à Walla que la réaction des autorités au feu avait été trop lente.

« De 14 heures 30 – c’est l’heure à laquelle le feu a commencé – et jusqu’à 17 heures 30, il n’y a pas eu un seul camion de pompier, aucun centre de commandement, aucune prise de responsabilité. Des dizaines de familles effrayées ont fui et les autorités ne savaient pas où les évacuer et à 17 heures 30 seulement, les pompiers sont arrivés mais c’était déjà beaucoup trop tard », a-t-il déploré.

Selon des informations, l’hôpital Hadassah Ein Kerem – le plus grand hôpital du pays – qui est situé au sud-ouest de Jérusalem aurait été directement menacé par les flammes dans la journée de lundi. La police de Jérusalem, le Magen David Adom et les administrateurs de l’établissement hospitalier auraient préparé l’évacuation des lieux – Hadassah Ein Kerem accueille des milliers de malades – mais le danger serait passé.

Selon l’armée israélienne, des pompiers, des soldats spécialisés dans les recherches et les secours du Commandement intérieur et un détachement de l’unité d’élite aéroportée U669, spécialisée elle aussi dans les secours, ont été déployés dans la zone. L’armée de l’air a envoyé des hélicoptères de transport, lundi après-midi, au cas où les secours aient besoin d’aide pour accélérer les évacuations, ont expliqué les responsables.

Les officiels chargés des secours ont demandé au gouvernement de lancer un appel à l’aide international. La Grèce et Chypre se sont manifestés auprès du ministère des Affaires étrangères, a fait savoir ce dernier, et des informations laissent également entendre que la Turquie aurait proposé son assistance.

Israël étouffe actuellement sous l’effet d’ une vague de chaleur avec un taux bas d’humidité – des conditions idéales pour la propagation du sinistre.

« La crise du climat va augmenter la fréquence et la force de ce type d’événements est Israël est particulièrement sensible à la sécheresse et au réchauffement », a dit la ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg lors d’une visite effectuée dans un centre de commandement de l’incendie. « Les catastrophes climatiques doivent être déclarées menaces stratégiques, et il faut s’y préparer de façon appropriée ».

Les ministères de la Santé et de la Protection environnementale ont émis un communiqué disant que suite à l’incendie, le niveau de pollution était très élevé dans toute la région de Jérusalem, demandant aux résidents de réduire leurs activités sportives, de rester à l’intérieur et de fermer les fenêtres. Les personnes atteintes de pathologie du cœur ou des poumons, les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes ont reçu l’ordre de ne pas sortir sauf nécessité absolue.

Ce feu est l’un des plus grands de toute l’Histoire du pays, dépassant en ampleur celui qui avait été le plus important jusqu’à présent, à toucher le secteur de Jérusalem, en 1995. Il avait détruit de vastes zones forestières, des sentiers de randonnée prisés et des parcs nationaux appréciés par les Israéliens, notamment le site de Sataf et Har Hatayasim.

De la fumée et des flammes s’élèvent d’un feu de forêt sur les collines de Jérusalem, près du village israélien de Shoresh, le 15 août 2021. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

« Après être venus à bout de l’incendie, nous penserons à la remise en état », a dit Bone, le responsable de KKL-JNF. « Le vert peut revenir en quelques années mais une guérison totale prendra des décennies. Quand les vieilles forêts brûlent, laisser faire la nature pour qu’elle reprenne ses droits est préférable mais quand il s’avère que ce renouveau écologique est insuffisant sur un large périmètre, alors nous devons intervenir et planter des arbres ».

Bone a toutefois fait part de son optimisme.

« Nous adoptons une approche qui considère un désastre comme celui-ci comme une opportunité de changement et d’amélioration pour nos visiteurs », a-t-il dit. « Onze ans après l’incendie du Carmel, il y a de jeunes arbres d’un mètre ou de deux mètres de haut sur la plupart des sites touchés. Cela ne ressemble pas à une forêt, ils n’apportent pas d’ombre mais nous sommes patients », conclut-il.

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