Les principales opérations d’exfiltration de juifs
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Les principales opérations d’exfiltration de juifs

Israël, qui a exfiltré ces derniers jours du Yémen en guerre 19 juifs, a effectué par le passé plusieurs opérations similaires, parfois de grande ampleur, dont voici les principales

Les Bagdadi, une famille juive d'Alep, en Syrie, vers 1940. D'Alep, et d'autres villes et villages à travers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, environ 850 000 Juifs ont été chassés de leurs maisons à partir du milieu du 20e siècle (Autorisation Ron Asher)
Les Bagdadi, une famille juive d'Alep, en Syrie, vers 1940. D'Alep, et d'autres villes et villages à travers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, environ 850 000 Juifs ont été chassés de leurs maisons à partir du milieu du 20e siècle (Autorisation Ron Asher)

YEMEN : l’exfiltration secrète de 19 juifs a été annoncée lundi, mettant fin à une opération menée depuis 1949 pour faire venir en Israël l’une des plus vieilles communautés juives au monde, présente depuis le premier millénaire avant JC et répartie entre Saada, Raydah et Arhab (à l’est de Sanaa).

Une cinquantaine de juifs dont une quarantaine à Sanaa ont décidé de rester au Yémen.

Le gros des départs avait eu lieu entre juin 1949 et juin 1950, après la création de l’Etat d’Israël en 1948. Quelque 49 000 juifs furent alors évacués dans un pont aérien nommé « Tapis magique », négocié avec les autorités yéménites et mené depuis Aden (sud). Seuls 1 200 juifs restèrent alors au Yémen, exfiltrés ensuite au fur et à mesure.

SYRIE : le Mossad, service de renseignement israélien, et les commandos de marine israéliens ont mené au début des années 1970 une opération nommée « Couverture » en Syrie pour aider des dizaines de jeunes juifs syriens à gagner secrètement Israël, révélait le journal Yediot Aharonot le 18 octobre 2005 après la levée du secret.

Sur ordre du Premier ministre de l’époque Golda Meir, des départs clandestins étaient organisés par la mer depuis les côtes syriennes via notamment le Liban.

En 1948, la Syrie aurait compté environ 30 000 juifs dont la plupart sont partis depuis. Un rapport américain sur la liberté de religion chiffrait en 2014 le nombre de juifs en Syrie à moins de 20.

En novembre 2015 était révélée l’exfiltration controversée de deux des derniers juifs syriens –deux femmes d’Alep–, commanditée par l’entrepreneur israélo-américain Moti Kahana qui revendique d’autres opérations en Iran ou au Yémen. Une troisième femme avait toutefois dû regagner la Syrie en guerre après le rejet de sa demande de visa par Israël.

L'homme d'affaires israélo-américain Moti Kahana et fondateur de Amaliah, à Jérusalem, le 18 février 2016 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
L’homme d’affaires israélo-américain Moti Kahana et fondateur de Amaliah, à Jérusalem, le 18 février 2016 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

IRAK : en 1948, les juifs étaient encore 134 000 dont beaucoup descendaient des Hébreux déportés de Judée en 586 avant notre ère par Nabuchodonosor.

Mais réprimés et accusés d’être des agents d’Israël nouvellement créé, 96 % d’entre eux partent avec un pont aérien vers Israël organisé entre 1949 et 1951 (opération Ezra et Néhémie). Aujourd’hui, la communauté achève de s’éteindre.

ETHIOPIE : plus de 100 000 juifs d’Ethiopie ont immigré en Israël depuis les années 1980 lors de plusieurs opérations dont la plus importante, l’opération Salomon en mai 1991 à la chute de Mengistu, a permis le transfert de 20 000 personnes vers Israël en 36 heures grâce à un gigantesque pont aérien.

Elle avait été précédée des opérations Moïse (1984) et Sheba ou Josué (1985, avec l’aide de six Hercules américains).

Dans les années 2000 a été organisé le transfert de quelque 30 000 Falashmoras, juifs d’Ethiopie convertis de force au christianisme au XIXe siècle dont le dernier groupe autorisé à immigrer est arrivé le 28 août 2013.

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