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Les procureurs veulent modifier l’acte d’accusation de l’affaire 4000 de Netanyahu

Le bureau du procureur demande de modifier la date de la réunion au cours de laquelle l'ex-Premier ministre aurait donné ses instructions en faveur d'Elovitch

L’ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu arrive pour une audience de son procès, au tribunal de Jérusalem le 11 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L’ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu arrive pour une audience de son procès, au tribunal de Jérusalem le 11 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les procureurs dans le procès pour corruption de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu ont demandé dimanche au tribunal de modifier une section des actes d’accusation de l’affaire 4000, suite au témoignage apparemment contradictoire de Shlomo Filber, témoin de l’État, la semaine dernière.

Interrogé par les avocats de Netanyahu la semaine dernière au sujet d’une réunion spécifique avec le leader de l’opposition au début de son mandat de directeur du ministère des Communications, Filber a déclaré qu’il avait peut-être mal interprété un geste de la main fait par l’ancien Premier ministre.

C’est un Benjamin Netanyahu apparemment optimiste qui est arrivé lundi au tribunal de district de Jérusalem pour une audience dans le cadre de son procès pour corruption.

Interrogé par les médias sur la demande des procureurs, le leader de l’opposition a déclaré : « C’est ce qu’on appelle ‘in your face' », en utilisant une expression anglaise, que l’on peut traduire par « dans les dents ! ».

Le témoignage de Filber, un proche collaborateur de Netanyahu devenu témoin de l’État, est un élément essentiel du dossier de l’accusation dans l’affaire 4000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir accordé des avantages immensément lucratifs à Shaul Elovitch, alors propriétaire de Bezeq et du site d’information Walla, en échange d’une couverture médiatique favorable.

Au cours d’une enquête préliminaire menée par l’Autorité des valeurs mobilières en 2017, Filber avait déclaré avoir compris le geste comme signifiant « laissez tomber toute l’affaire », dans le sens de « dites à Elovitch que nous ne pouvons pas l’aider ».

Cependant, plus tard, interrogé par la police, Filber leur a dit qu’il avait compris le geste comme « Baissez un peu les prix ». L’accusation assure que cela va dans le sens de ce qu’Elovitch aurait demandé à Filber afin de limiter la concurrence avec d’autres sociétés de communication.

Filber a ensuite déclaré mercredi matin que son témoignage initial donné à l’Autorité des valeurs mobilières pourrait être correct, notant qu’il s’agissait d’une question « d’interprétation ».

Shlomo Filber, ex-directeur général du tribunal du ministère des Communications lors du procès contre l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans leur requête adressée au tribunal de district de Jérusalem dimanche, les procureurs ont demandé de modifier la section 64 de l’acte d’accusation, qui traite de la réunion présumée.

L’accusation a demandé que l’acte d’accusation indique que la réunion présumée a eu lieu « après que le défendeur Netanyahu eut décidé de la nomination de Filber », et non après qu’il eut déjà été nommé.

« Ce qui est déclaré dans l’acte d’accusation concernant la teneur de la réunion, qui a été appelée « réunion de facilitation », demeure, bien qu’il soit nécessaire de préciser la date de son existence, d’où la demande », a écrit l’accusation dans la demande.

L’affaire 4000 est considérée comme la plus sérieuse des trois affaires contre l’ancien Premier ministre.

Netanyahu aurait fait avancer des décisions réglementaires en tant que ministre des Communications et Premier ministre qui ont énormément profité à Bezeq – la plus grande société de télécommunications du pays – et à son propriétaire Elovitch, malgré l’opposition des responsables du ministère des Communications. En échange, il aurait reçu une sorte de contrôle éditorial sur le site d’information Walla, appartenant à Elovitch.

Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption. Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les affaires 1000 et 2000, et de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans l’affaire 4000. Il n’a cessé de clamer son innocence et affirme que les accusations ont été fabriquées dans le cadre d’un coup politique mené par la police et le ministère public.

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