Les résidents du Golan doivent continuer à mener une vie normale, dit l’armée
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Les résidents du Golan doivent continuer à mener une vie normale, dit l’armée

Par craintes d'une riposte iranienne, les villes frontalières préparent les abris antiaériens mais les écoles et autres activités doivent continuer à fonctionner normalement

Un homme à l'intérieur d'un abri antiaérien dans la ville de Shafed, dans le nord d'Israël, le 8 mai 2018 (Crédit : David Cohen/Flash90)
Un homme à l'intérieur d'un abri antiaérien dans la ville de Shafed, dans le nord d'Israël, le 8 mai 2018 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les villes et les villages du plateau du Golan, dans le nord d’Israël, se sont réveillés dans une matinée empreinte de tensions, mercredi, suite à une frappe aérienne présumée qui aurait eu lieu pendant la nuit contre une installation militaire iranienne de Syrie. Les autorités ont néanmoins demandé aux habitants de poursuivre leur quotidien normalement sur le plateau.

Le conseil régional du Golan a annoncé mercredi matin que les écoles ouvriraient comme à leur habitude.

L’armée israélienne a ordonné aux conseils municipaux d’ouvrir les abris antiaériens dans la zone frontalière mardi après avoir expliqué qu’elle avait identifié des « mouvements anormaux des forces iraniennes en Syrie », dans un contexte de craintes portant sur d’éventuelles attaques de représailles.

« L’inquiétude est élevée », a commenté à la radio militaire dans la matinée de mercredi Eli Malka, chef du conseil régional du Golan.

« Nous sommes à un niveau d’alerte élevé et nous avons commencé nos préparations », a-t-il ajouté. « Nous avons travaillé avec l’armée ces dernières années pour faire en sorte que chaque village soit prêt pour des journées telles que celles-là. Les abris sont prêts, la population est résistante ».

Un homme à l’entrée d’un abri antiaérien ouvert sur le plateau du Golan, dans le nord d’Israël, le 8 mai 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

L’armée a fait savoir mercredi matin qu’elle ne « perturberait pas la routine des civils » dans la zone, mais qu’elle restait en fort état d’alerte. Elle avait indiqué précédemment qu’elle faisait appel à un nombre limité de réservistes et qu’elle déployait des batteries de défense antimissiles dans le nord de l’Etat juif.

« Suite à une évaluation du Commandement du nord, [les responsables ont] décidé de permettre aux civils de continuer à mener une vie normale et sans entraves et d’autoriser les voyages [dans le Golan] », ont expliqué les militaires.

Ils ont vivement recommandé que « les activités scolaires et le travail agricole continuent comme d’habitude en coordination avec l’armée ».

« Un certain nombre de sites touristiques seront fermés au cas par cas », ont-ils ajouté.

Un abri antiaérien ouvert dans la ville de Safed, dans le nord d’Israël, le 8 mai 2018 (Crédit : David Cohen/Flash90)

A Katzrin, la plus grande ville du plateau, les responsables ont indiqué avoir préparé les abris antiaériens municipaux au cours de la semaine passée et les avoir ouverts après en avoir reçu l’ordre de la part de l’armée.

Les tensions surviennent alors que les médias d’Etat syriens ont fait savoir mardi soir qu’Israël avait mené une attaque dans le sud de Damas, qui aurait tué neuf combattants pro-iraniens dans une zone qui avait été identifiée comme le site d’une base militaire présumée.

Explosions en Syrie dans la région el-Kisweh, au sud de Damas, le 8 mai 2018. (Crédit : Twitter)

L’agence officielle syrienne SANA news a déclaré que les systèmes de défense antiaérienne du pays avaient intercepté deux missiles israéliens survolant le secteur d’el-Kiswah, au sud de Damas. Le nombre de missiles lancés n’a pas été spécifié. Israël n’a pas revendiqué la responsabilité de cette frappe.

Rami Abd el-Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, a dit à l’AFP que l’attaque avait pris pour cible « un dépôt d’armes appartenant au Hezbollah et aux Iraniens ».

Mardi, en début de soirée, le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de l’accord sur le nucléaire iranien et qu’ils imposaient de nouvelles sanctions à la république islamique, en partie en raison des activités de déstabilisation de l’Iran au Moyen-Orient.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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