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Les Saoudiens saluent la décision de l’Australie concernant Jérusalem

"L'Arabie saoudite continuera à soutenir le peuple palestinien et à se tenir à ses côtés", a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères

Le roi saoudien Salmane, à droite, recevant le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas après son arrivée à Riyad, en Arabie saoudite, le 20 décembre 2017. (Crédit : al-Ekhbariya via AP/Dossier)
Le roi saoudien Salmane, à droite, recevant le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas après son arrivée à Riyad, en Arabie saoudite, le 20 décembre 2017. (Crédit : al-Ekhbariya via AP/Dossier)

L’Arabie saoudite a salué mercredi la décision de l’Australie de revenir sur la reconnaissance de Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël.

« L’Arabie saoudite appelle la communauté internationale à accroître ses efforts pour trouver une solution équitable à la question palestinienne et l’établissement d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément à l’initiative de paix arabe », a indiqué un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères.

« L’Arabie saoudite continuera à soutenir le peuple palestinien et à se tenir à ses côtés », a indiqué le communiqué.

L’Australie a en effet annoncé mardi qu’elle renonçait à reconnaître Jérusalem-Ouest comme la capitale de l’Etat d’Israël, revenant ainsi sur une décision prise par le gouvernement conservateur précédent et s’attirant des critiques israéliennes mais les louanges des Palestiniens.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, s’adresse à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, le 23 septembre 2022. (Crédit : Jason DeCrow/AP)

La ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong a affirmé que la question du statut de Jérusalem devait être résolue par des négociations entre Israël et le peuple palestinien et non dans le cadre de décisions unilatérales.

« Nous ne soutiendrons pas une approche qui compromet cette perspective », a-t-elle déclaré, ajoutant que « l’ambassade d’Australie a toujours été, et reste, à Tel Aviv ».

L’Etat hébreu s’est emparé de la portion orientale de Jérusalem en 1967, l’a annexée et considère depuis cette date l’ensemble de la ville comme sa capitale « éternelle » et « indivisible ».

Pour l’ONU, le statut de Jérusalem doit faire l’objet d’un accord entre Israéliens et Palestiniens et, en attendant, les pays ne doivent pas y établir leur représentation diplomatique auprès d’Israël. Seuls quatre Etats ont établi leur ambassade à Jérusalem: les Etats-Unis, le Guatemala, le Honduras et le Kosovo.

Le Premier ministre Yair Lapid participant à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 18 septembre 2022. (Crédit : Ronaldo Schemidt/Pool Photo via AP)

Dans un communiqué, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a qualifié la décision australienne de « réponse précipitée à une information de presse erronée ». « Nous ne pouvons que souhaiter au gouvernement australien qu’il gère ses autres dossiers de manière plus sérieuse et professionnelle », a-t-il ajouté, tandis que les Affaires étrangères israéliennes ont convoqué dans la journée l’ambassadeur australien.

Mme Wong a tenu à souligner que cette décision n’était pas un signe d’hostilité à l’égard d’Israël.

« Nous ne faiblirons pas dans notre soutien à Israël et à la communauté juive d’Australie. Nous sommes également inébranlables dans notre soutien au peuple palestinien, y compris dans notre soutien humanitaire », a affirmé la ministre.

L’Autorité palestinienne s’est félicitée, elle, de ce revirement, saluant l’engagement de Canberra pour que « la souveraineté future de Jérusalem dépende d’une solution permanente basée sur la légitimité internationale », a écrit sur Twitter le ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh.

Le Hamas, mouvement terroriste islamiste dans la bande de Gaza, a parlé d’une « mesure (…) allant dans la bonne direction en faveur de la sécurité et de la stabilité internationales ».

Le Premier ministre Scott Morrison, s’exprime devant les médias aux côtés de la ministre des Affaires étrangères Marise Payne au Parlement de Canberra, le 16 octobre 2018 (Crédit : Mick Tsikas/AAP Image via AP)

Le précédent gouvernement conservateur australien de Scott Morrison avait été l’objet de vives critiques quand, en 2018, il avait annoncé qu’il reconnaissait Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël. Il avait fait cette annonce dans la foulée d’une décision similaire de l’ex-président américain Donald Trump.

Cela avait également provoqué la consternation en Indonésie voisine – pays qui compte le plus de musulmans au monde – faisant temporairement dérailler un accord de libre-échange.

« Je sais que cela a causé des conflits et du désarroi au sein d’une partie de la communauté australienne, et aujourd’hui le gouvernement cherche à résoudre cela », a déclaré Mme Wong mardi.

Elle a accusé le gouvernement précédent d’avoir, à l’époque, pris cette décision pour tenter de remporter une élection partielle cruciale dans une banlieue de Sydney où vit une importante communauté juive. « Vous savez ce que c’était ? C’était un jeu cynique, sans succès, pour gagner le siège de Wentworth et une élection partielle ».

Le parti travailliste de centre-gauche est au pouvoir depuis mai.

La décision de Canberra ne devrait cependant pas être une totale surprise pour le gouvernement israélien.
Elle avait été précédée il y a quelques jours du retrait d’un communiqué figurant sur le site internet du ministère des Affaires étrangères sur Jérusalem Ouest, capitale d’Israël.

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