Les saveurs de la gastronomie française s’invitent au King David de Jérusalem
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Les saveurs de la gastronomie française s’invitent au King David de Jérusalem

La haute cuisine française et l'art culinaire israélien se rencontrent en Israël, jusqu’au 10 février, pour la 5e Semaine de la Gastronomie française, So French So Food

Frédéric Simonin, chef parisien, avec David Biton, chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, dans les cuisines du King David pour la semaine So French So Food, en février 2017. (Crédit : Yaël Ancri/Times of Israël)
Frédéric Simonin, chef parisien, avec David Biton, chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, dans les cuisines du King David pour la semaine So French So Food, en février 2017. (Crédit : Yaël Ancri/Times of Israël)

Forts du succès des éditions précédentes de la semaine de la gastronomie française So French, So Food, l’ambassade de France en Israël et l’Institut français ont invité une délégation de 22 chefs français, menée par Guillaume Gomez, le chef qui fait savourer le palais de l’Élysée.

« Cette manifestation permet de créer des ponts entre les deux pays et favorise les échanges entre les chefs autour du terroir, du produit, de la technique et de la cuisine », confie Gomez au Times of Israel.

Sans oublier, naturellement, les liens économiques et touristiques, puisque les exportations agroalimentaires de France en Israël atteignent actuellement quelque 125 millions d’euros.

Car c’est bien d’échanges qu’il s’agit au cours de cette semaine riche en événements culturels et culinaires. Un volet caritatif important s’est ainsi invité dans cette semaine de partage autour de la cuisine.

Le chef du palais de l’Élysée et celui de la Résidence de France, Dan Aboulkheir, ont animé des ateliers avec deux associations œuvrant pour les femmes d’origine éthiopienne (Ehete) et les enfants de migrants érythréens et soudanais (Elifete).

« C’est la richesse de ce métier : malgré la barrière de la langue ou de la culture, la gastronomie rassemble. On passe de très bons moments autour d’une passion commune, aussi bien avec les femmes éthiopiennes autour de leur recette traditionnelle qu’avec les enfants, qui étaient ravis d’apprendre à faire un gratin dauphinois et des sablés bretons. Ce sont des moments d’échange, de convivialité et de fraternité autour d’un ou deux plats », s’enthousiasme M. Gomez.

L’Alsace s’invite sur la table des restaurants israéliens

Cette année, c’est le goût de l’Alsace qui est mis en avant au cours de cette fête des saveurs françaises. La choucroute, le bäkeofe, le foie gras ou encore la tarte flambée s’affichent aux menus des restaurants israéliens qui ont relevé le défi d’adapter leur partition culinaire aux arômes et savoir-faire venus d’une « terre de gastronomie séculaire ».

Huit chefs et un maître-boulanger-pâtissier alsaciens sont ainsi accueillis dans quelques-uns des meilleurs restaurants de Tel Aviv, tels l’Olive Leaf de l’hôtel Sheraton ou encore le Chloétys du Hilton de Tel Aviv.

« Les chefs invités en Israël souhaitent donner de leur temps pour faire découvrir leur région et la cuisine française, sur la base du volontariat », confie M. Gomez.

Et d’ajouter : « Ceux qui ont participé aux éditions précédentes sont ravis et souhaitent revenir. Certains l’ont fait, d’autres sont en contact avec leurs homologues israéliens. Cette semaine de la gastronomie est attendue ici en Israël, aussi bien par les chefs que par les convives qui ont la chance de goûter leur cuisine dans les différents restaurants. Nous avons un bilan très positif de cet événement, qui nous permet de faire parler de nos valeurs, de notre pays, de notre terroir et de nos métiers à travers différentes actions. »

L’étoile montante du King David reçoit un chef français étoilé du Guide Michelin

Le restaurant de l’hôtel King David, La Regence, est l’un des 20 établissements participant à la Semaine de la gastronomie française, qui se tient dans huit villes israéliennes, de Beer Sheva à Tibériade.

David Biton, le chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, accueille Frédéric Simonin, chef parisien, pour la semaine So French, So Food, en février 2017. (Crédit : Facebook/Institut français de Jérusalem)
David Biton, le chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, accueille Frédéric Simonin, chef parisien, pour la semaine So French, So Food, en février 2017. (Crédit : Facebook/Institut français de Jérusalem)

Dans le cadre élégant et chargé d’histoire de l’imposant hôtel en grès rose, plus d’une cinquantaine de convives, habitués de la maison ou nouveaux clients attirés par le binôme franco-israélien, ont dégusté un savoureux menu à quatre mains.

La carte tentatrice de ces trois soirées aux couleurs de la France et d’Israël offre un véritable jeu de textures et de saveurs, savamment mariées par deux grands noms de la gastronomie.

Le chef David Biton, six fois médaillé à l’étranger, notamment à Luxembourg et en Allemagne, reçoit en résidence son homologue Frédéric Simonin, chef du restaurant éponyme à Paris, 1 étoile au guide Michelin.

« Cette année, notre collaboration est très positive grâce à Frédéric, un excellent chef, à l’esprit très jeune et avec lequel il est agréable de travailler », confie le chef de La Régence et de l’ensemble des restaurants du King David.

Plat du restaurent La Regence, à Jérusalem. (Crédit : Facebook/David Biton)
Plat du restaurent La Regence, à Jérusalem. (Crédit : Facebook/David Biton)

« Nous aimons beaucoup apprendre et progresser. Je participe à cet événement pour apprendre de nouvelles techniques et façons d’appréhender la cuisine, mais aussi pour rompre la routine. Il s’agit avant tout de permettre à mon équipe de prendre du recul et d’apprendre auprès de nouveaux chefs », renchérit le jeune chef de 33 ans, qui a commencé à 15 ans au restaurant Renaissance.

Cet échange permet également de montrer que ces dernières années, Israël a fortement évolué sur le plan culinaire.

« Pour nous, il est important qu’après cette semaine d’expérience gastronomique, les chefs soient nos ambassadeurs et partagent leurs impressions positives, aussi bien sur le plan professionnel qu’humain », ajoute-t-il.

Du 17e arrondissement à la salle baignée de lumière d’un restaurant casher de la Ville sainte

De son côté, le chef Frédéric Simonin est ravi de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé au King David, autant par la brigade que par les convives, qui ont été jusqu’à l’applaudir à son entrée en salle. Un accueil presque embarrassant pour un chef qui respire la modestie, malgré un parcours remarquable.

« L’ambiance en cuisine est magnifique. Nous sommes tous dans la même éthique. Le métier de cuisinier c’est une confrérie, une unité. Ce sont des gens qui s’aiment et qui font le même métier. La cuisine est universelle. Il n’y a pas de politique, pas de religion, pas de sujet qui fâche. Cela réunit les hommes. Il y a une émotion dans la cuisine. La cuisine c’est naturel, on fait avec ce que Dieu nous a donné. Cela engendre tout de suite un émoi particulier », affirme le chef qui a fait des légumes de saison le cœur de sa carte.

Avec des moules de Bouchot ou encore des oursins, la carte du Frédéric Simonin dans le 17e arrondissement ne ressemble que fort peu à celle de La Regence, qui n’offre que des plats casher.

Frédéric Simonin, chef parisien, avec David Biton, chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, dans les cuisines du King David pour la semaine So French So Food, en février 2017. (Crédit : Yaël Ancri/Times of Israël)
Frédéric Simonin, chef parisien, avec David Biton, chef du restaurant La Regence, à Jérusalem, dans les cuisines du King David pour la semaine So French So Food, en février 2017. (Crédit : Yaël Ancri/Times of Israël)

Pourtant, l’ancien chef de La Table de Joël Robuchon n’a éprouvé aucune difficulté à s’adapter à un menu respectant certaines restrictions d’ordre religieux.

« Faire du casher, pour moi c’est facile, je connais la casheroute, je connais la halakha [loi juive]… Le nom Simonin vient de Shimon tout simplement. Les premières familles juives de France, chassées sous Philippe le Bel en 1328, étaient des Simonin et je me suis intéressé à l’histoire de la famille. Connaissant la casheroute, j’ai tout de suite accepté l’invitation de mon ami Élie Fischer, le directeur du département alimentation et boisson du King David », affirme le chef qui a acquis une maîtrise hors pair des techniques et produits auprès de Joël Robuchon, à Paris comme à Londres.

« Il est plus facile aujourd’hui de se lancer dans du casher très réfléchi et pensé, qui donnerait une vraie qualité au casher. Quand on a étudié la cuisine française en détail et que l’on connaît les règles de la casheroute, on peut faire des milliers de choses. J’ai donc immédiatement accepté de relever le défi », affirme cet ancien de chez Ledoyen, couronné plus d’une fois « chef de l’année » par les guides Pudlowski et Champérard.

« C’est un plaisir d’être là, j’ai beaucoup d’amis ici. Le chef du King David est très accueillant. Et puis, il y a quelque chose qui ne s’explique pas dans la ville. Jérusalem est magnifique. Je rêverais d’avoir une salle comme celle de ce restaurant, avec un tel paysage et cette lumière au mois de février », affirme le chef qui ne cache pas son émerveillement du pays et de la ville de Jérusalem.

Et de conclure : « Je reviendrai, c’est sûr ! »

La semaine So French, So Food est organisée dans tout Israël, du 6 au 10 février 2016. Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook officielle de l’évènement.

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