L’ex-PDG de Bezeq interrogé dans l’enquête de corruption concernant Deri
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L’ex-PDG de Bezeq interrogé dans l’enquête de corruption concernant Deri

Mikhael Mirilashvili et Moshe Haba font partie des 14 personnes interrogées en lien avec l’enquête sur le président du parti Shas

Mikhael Mirilashvili, homme d'affaires et philanthrope israélo-géorgien. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Mikhael Mirilashvili, homme d'affaires et philanthrope israélo-géorgien. (Crédit : capture d'écran YouTube)

La police a publié mardi une partie des identités des 14 personnes arrêtées pour être interrogées avant l’interrogatoire du ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, soupçonné de corruption.

Deri, qui a déjà purgé une peine de prison pour des condamnations de faits de corruption qui se sont produits alors qu’il était déjà ministre de l’Intérieur dans les années 1990, a cherché à minimiser les accusations et dit qu’il coopérerait avec les enquêteurs pour prouver son innocence.

Mikhael Mirilashvili, homme d’affaires et philanthrope israélo-géorgien, fait partie des individus interrogés lundi en lien avec l’enquête. Mirilashvili, qui travaille principalement dans l’immobilier, la high-tech et les diamants, a passé huit ans en prison en Russie pour avoir comploté pour enlever et tuer les personnes qui avaient enlevé son père.

Mirilashvili est très impliqué dans la philanthropie en Israël et en ancienne Union soviétique. Il est, entre autres, vice-président du Congrès juif russe et président du Congrès juif de Saint-Pétersbourg. Lui et sa famille auraient donné des milliers de dollars à une œuvre caritative dirigée par l’épouse de Deri. Ce qui préoccupe aujourd’hui la police.

Yitzhak, le fils de Mirilashvili qui travaille avec son père, a également été interrogé par les enquêteurs de l’unité Lahav 433, ainsi que Moshe Haba, associé de Deri. Haba est l’ancien président de Bezeq International, géant des télécommunications, et a occupé plusieurs postes importants dans le commerce, au ministère des Finances, et dans l’immobilier.

Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur, et son épouse Yaffa, devant leur domicile de Jérusalem, le 29 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur, et son épouse Yaffa, devant leur domicile de Jérusalem, le 29 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’avocat Erez Maloul, qui conseille David Azoulay, le ministre Shas des Affaires religieuses, le directeur du bureau de Deri, et un employé de l’œuvre caritative dirigée par Yaffa Deri, l’épouse du ministre, et Dasi, la fille du couple.

Il a été annoncé cette semaine que Moshe Lion, candidat éconduit à la mairie de Jérusalem, et Ariel Mashal, directeur général du ministère du Développement du Néguev et de la Galilée, ont également été interrogés en lien avec l’enquête.

L’enquête sur Deri, commencée en avril 2016 par la police et l’Autorité fiscale, portait initialement sur des propriétés immobilières non déclarées par Deri et des membres de sa famille, dont une maison de vacances dans le nord d’Israël et des appartements possédés par chacun de ses neuf enfants.

Elle s’est ensuite élargie à des soupçons de blanchiment d’argent, fraude et abus de confiance, vol par une personne autorisée, enregistrement frauduleux et délits fiscaux, selon la police.

Au centre de l’enquête se trouve Mifalot Simcha, l’association dirigée depuis 18 ans par Yaffa Deri. Mifalot Simcha gère des institutions scolaires pour jeunes filles et, selon des informations, emploient également trois des filles du couple.

La résidence secondaire du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri à Safsufa, dans le nord d'Israël. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
La résidence secondaire du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri à Safsufa, dans le nord d’Israël. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Lundi, Deri a été interrogé pendant 11 heures par l’unité Lahav 433. Son épouse a été interrogée séparément.

La police envisagerait également de demander que Deri soit suspendu de son poste de ministre de l’Intérieur, car les accusations de corruption pourraient constituer un possible conflit d’intérêts.

En tant que député, Deri jouit de l’immunité parlementaire. La police a donc besoin de l’approbation du procureur général, ainsi que de la Knesset elle-même, pour mettre en place des sanctions directes contre le ministre sans son accord.

Quand il a été nommé ministre de l’Intérieur, la déclaration de capital de Deri citait un patrimoine d’une valeur estimée de cinq millions de shekels, dont un appartement à Har Nof (Jérusalem) évalué à 4,7 millions de shekels, 10 000 shekels d’économie, un portefeuille d’actions de 300 000 shekels et une voiture valant 60 000 shekels au nom de sa femme.

Deri aurait gagné près de deux millions de shekels en donnant des conseils après sa libération de prison.

Deri a purgé 22 mois de prison entre 2000 et 2002 pour avoir accepté des pots-de-vin quand il était ministre de l’Intérieur. Il est revenu en politique au début des années 2010.

Il a repris la tête du parti Shas peu avant les élections de 2015 à la Knesset, remplaçant Eli Yishai. Il a été nommé au poste de ministre de l’Intérieur début 2016, après qu’un tribunal a estimé que sa condamnation précédente ne l’empêchait pas d’occuper ce poste.

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