L’ex-président de l’Association du barreau israélien inculpé pour corruption
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L’ex-président de l’Association du barreau israélien inculpé pour corruption

Les procureurs ont l'intention de mettre en examen Efi Nave et la juge Eti Craif, soupçonnée d'avoir été nommée juge en échange de faveurs sexuelles

Le président de l’Association du barreau israélien Effi Naveh au tribunal de Tel Aviv, le 16 janvier 2019. (Crédit : Koko/Pool/Flash90)
Le président de l’Association du barreau israélien Effi Naveh au tribunal de Tel Aviv, le 16 janvier 2019. (Crédit : Koko/Pool/Flash90)

Les procureurs ont annoncé mardi qu’ils avaient l’intention d’inculper l’ancien président de l’Association du barreau israélien. Il est soupçonné d’avoir favorisé l’avancement professionnel d’une femme avait laquelle il entretenait une relation personnelle.

Le bureau du procureur du district de Tel Aviv a déclaré qu’Efi Nave sera accusé de corruption, fraude et abus de confiance sous réserve d’une audience préliminaire. Eti Craif, juge à la cour des magistrats de Rishon Lezion, risque une mise en examen pour corruption, destruction de preuves, sous réserve d’une audience préliminaire.

La police avait recommandé en septembre des poursuites contre Nave et Craif.

Efi Nave, qui a démissionné après son arrestation au début de l’année, était l’un des neufs membres de la puissante commission judiciaire des nominations, qui décide du placement et de l’évolution de carrière des juges dans le système judiciaire israélien. Cette position lui conférait une influence considérable et lui permettait d’aider des avocats à évoluer sur le plan professionnel, et la police le soupçonne d’avoir profité de cette influence pour obtenir des faveurs sexuelles.

La magistrate Eti Craif, dont le nom a été autorisé à la publication par la Cour suprême. (Site internet du tribunal Israel)

Selon les procureurs, Nave a favorisé à plusieurs reprises l’avancement de Craif au poste de juge, malgré un conflit d’intérêt en raison de leur relation personnelle.

Une lettre de soupçons adressée aux avocats des deux prévenus indique qu’après avoir postulé à un poste en 2013, Craif a contacté Nave, alors à la tête du district de Tel Aviv de l’ordre des avocats, en raison de ses liens au sein de la commission des nominations judiciaires.

Ils sont restés en contact par téléphone « et ont même eu une rencontre intime chez Craif », peut-on lire dans la lettre.

Les procureurs ont établi que les deux intéressés sont restés en contact jusqu’à sa nomination à la tête de l’Association du barreau en 2015, alors qu’il était conscient de son intérêt personnel pour elle et de sa capacité à faire progresser sa nomination, elle a « encouragé… le lien intime et le flirt avec lui ».

« Ils ont même eu une autre rencontre intime à son domicile, au plus fort de sa procédure de nomination à la magistrature », peut-on lire dans la lettre.

Au fur et à mesure qu’elle développait la « relation intime » entre eux, les procureurs ont dit que Craif avait demandé à Nave à plusieurs reprises d’œuvrer à son avancement, « d’une manière qui liait les choses les unes aux autres ».

Elle a fini par être nommée juge de la cour des magistrats de Rishon Lezion en 2016.

Dans sa réponse à la décision de sa mise en examen, Craif a nié tout méfait.

« Elle n’a pas besoin d’agir de manière répréhensible pour être choisie » en tant que juge, a déclaré l’un de ses avocats.

L’ancien avocat Efi Nave, soupçonné de corruption sexuelle, arrive pour un interrogatoire à l’unité anti-fraude Lahav 433 à Lod, le 16 janvier 2016 (Crédit : Flash90)

Ceux de Nave ont souligné que la nomination de Craif a été soutenue par la plupart des commissions de sélection et que l’enquête est « née dans le pêché ».

Ils faisaient allusion à une plainte au civil déposée par Nave en février contre la radio militaire et plusieurs de ses journalistes qui s’étaient procurés son téléphone portable personnel et en avait extrait des messages accablants – probablement liés au scandale sexuel.

La police a indiqué en septembre qu’une enquête sur une violation de la vie privée autour des preuves obtenues par les journalistes du téléphone d’Efi Nave et de ses ordinateurs a également été réalisée et sera transférée au procureur d’État.

Nave ne sera pas poursuivi au sujet des soupçons sur des faveurs accordées à une autre avocate et à une experte judiciaire du secteur privé, avec lesquelles il entretenait également des liaisons, a fait savoir la police. L’identité de ces deux femmes fait l’objet d’un embargo.

Efi Nave a également été mis en examen, soupçonné d’avoir fait illégalement sortir une de ses connaissances du pays pour un voyage à l’étranger, puis tenté de la faire entrer de nouveau sans passer le contrôle aux frontières.

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