LGBT : Amir Ohana critique les propos « obscurantistes » de Rafi Peretz
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LGBT : Amir Ohana critique les propos « obscurantistes » de Rafi Peretz

Répondant au ministre de l'Education qui a affirmé que les mariages homosexuels n'étaient pas naturels, trois maires ont demandé aux écoles de faire un cours d'acceptation LGBT

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Justice Amir Ohana a critiqué avec force le ministre de l’Education Rafi Peretz, samedi, pour des propos tenus par ce dernier dans une interview publiée dans un journal où il a semblé qualifier de contre-nature le mariage homosexuel.

Le Yedioth Ahronoth avait demandé à Peretz comment il serait amené à réagir s’il apprenait que l’un de ses enfants était homosexuel. Ce à quoi le ministre a répondu que « grâce à Dieu, ils ont grandi de manière naturelle et saine. Ils construisent leurs familles sur la base des valeurs juives ».

Ohana, premier ministre appartenant ouvertement à la communauté LGBT d’Israël, a qualifié les propos de Peretz de « répréhensibles, obscurantistes et mensongers ».

Le ministre de la Justice a ajouté que le point de vue de son collègue n’était pas « basé sur des connaissances et sur des faits mais plutôt sur des préjugés ».

Le ministre de l’Éducation, Rafi Peretz, lors d’une réunion d’une faction de son parti à la Knesset, à Jérusalem, le 11 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ohana a clamé que Peretz ne représentait pas le gouvernement dans ce dossier, affirmant que la coalition actuelle avait apporté davantage aux causes pro-LGBT que n’importe quelle autre. Il a ajouté que le dirigeant de HaBayit HaYehudi cherchait à satisfaire la vision d’une minorité au sein de la société israélienne.

Peretz, ex-grand rabbin de l’armée israélienne, avait par le passé déjà suscité l’indignation à plusieurs reprises pour des commentaires homophobes.

Il a une nouvelle fois provoqué la colère des activistes LGBT et des députés par ses propos, publiés vendredi.

Les maires de Tel Aviv, Herzliya et Givatayim ont fustigé le ministre de l’Education et annoncé qu’ils avaient donné pour instruction aux écoles de leurs municipalités respectives d’ouvrir les cours, dimanche, par une leçon sur l’acceptation des membres de la communauté LGBT.

« Voyez, rabbin Rafi [Peretz], voilà à quoi ressemble une famille ‘naturelle et saine' », a écrit le député Travailliste Itzik Shmuli dans un tweet accompagné d’une photo de lui et de son conjoint aux côtés de leur fils.

Le leader du parti du Meretz, Nitzan Horowitz, a déclaré que Peretz était une « personne méprisable », ajoutant qu’il faisait un appel du pied à l’extrême-droite à la veille des élections générales du mois de mars.

Le numéro un de Kakhol lavan, Benny Gantz, qui était chef militaire lorsque Peretz était grand-rabbin de l’armée israélienne, a indiqué que s’il était Premier ministre, il ne tolérerait pas de tels points de vue.

Aguda, organisation-cadre de la communauté LGBT, a affirmé que les propos de Peretz étaient « irresponsables » et qu’ils ouvraient la voie à l’homophobie et aux violences contre les homosexuels.

Le président du Meretz Nitzan Horowitz, au centre, lors d’une manifestation de la communauté LGBTQ à Tel Aviv, le 14 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’année dernière, Peretz avait été fortement critiqué pour avoir exprimé son soutien à la thérapie dite « de conversion », expliquant lors d’un entretien diffusé à la télévision la manière dont il avait envoyé des étudiants suivre ce traitement. Il avait ajouté qu’il était « possible » de changer leur orientation sexuelle.

Il avait plus tard dit regretter ces commentaires, clamant qu’il s’opposait « avec force » à cette pratique « nuisible et grave ».

Dans l’interview accordée au Yedioth, Peretz a qualifié les critiques qui avaient suivi ces propos de « faussées » et fait savoir que cette période avait été la plus dure pour lui depuis son entrée en politique, l’année dernière.

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