L’homme qui a fait accélérer son véhicule vers les manifestants nie une attaque
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L’homme qui a fait accélérer son véhicule vers les manifestants nie une attaque

La police met en doute l'état mental du suspect qui aurait dit aux agents qu'il allait voir Netanyahu pour lui donner des explications "sur le coronavirus"

Les agents de police arrêtent un homme qui aurait tenté de lancer son véhicule contre des manifestants pendant un rassemblement contre Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 20 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les agents de police arrêtent un homme qui aurait tenté de lancer son véhicule contre des manifestants pendant un rassemblement contre Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 20 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’avocat d’un homme, qui a été arrêté après avoir avoir fait accélérer son véhicule en direction des manifestants qui dénonçaient le gouvernement, dimanche soir, a nié que son client ait eu l’intention de se livrer à une attaque à la voiture-bélier, indiquant qu’il pouvait présenter une instabilité psychiatrique.

Itamar Ben Gvir, activiste d’extrême-droite connu pour représenter des extrémistes juifs, a demandé pendant une audience de prolongement de détention qui a eu lieu devant les juges de la cour des magistrats de Jérusalem qu’une expertise psychiatrique soit réalisée sur son client, citant son état mental.

« D’après les vidéos, on peut clairement voir qu’il ne s’agit pas d’une tentative d’attaque délibérée », a estimé Ben Gvir. « Ceux qui veulent projeter un véhicule dans la foule n’utilisent pas leurs freins pour essayer de s’arrêter ».

Une vidéo qui a été postée sur les réseaux sociaux, dimanche, montre une Mini Cooper blanche s’arrêtant, les freins crissant, à quelques mètres du secteur où se trouvent les manifestants alors que les agents appellent son conducteur à s’arrêter. Certains ont sorti leur armes à feu.

Ben Gvir a également affirmé que le suspect, un résident de la capitale, se dirigeait vers le mur Occidental, une zone fermée à la circulation en raison des restrictions mises en place dans la lutte contre le coronavirus et des limites habituelles sur le trafic routier dans la Vieille Ville, densément urbanisée.

Néanmoins, le suspect aurait dit aux enquêteurs que « j’allais voir Netanyahu pour lui donner des explications sur le coronavirus », a fait savoir la Douzième chaîne.

Il a aussi nié avoir prévu de jeter sa voiture contre les manifestants après avoir initialement refusé toute coopération avec les enquêteurs, a continué la chaîne.

S’exprimant avant d’entrer dans la salle d’audience du tribunal, l’homme a semblé présenter comme alibi une théorie du complot.

« Je suis soupçonné d’avoir tenté de commettre une attaque à la voiture-bélier. La voiture n’a pas de freins. Ce n’est pas de ma faute mais c’est celle d’une personnalité de haut-rang », aurait-il déclaré, des propos repris par la chaîne Kan.

L’avocat Itamar Ben Gvir lors d’une conférence de presse, le 30 janvier 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les juges ont ordonné une prolongation de trois jours de la détention du suspect.

La police n’a pas précisé si l’incident avait été accidentel ou s’il s’agissait d’une attaque délibérée. Elle n’a pas non plus fourni d’informations sur l’identité de l’homme ou sur un mobile possible. Un communiqué émis samedi suite à l’incident a indiqué que les officiers avaient « arrêté un suspect qui a lancé son véhicule en direction des barrières et qui a représenté un danger pour les manifestants et pour la police ».

Cet incident est survenu alors que plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées pour participer au mouvement de protestation hebdomadaire anti-Netanyahu aux abords de sa résidence officielle, à Jérusalem, la première manifestation de ce type depuis le début du deuxième confinement national imposé au pays dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Aux Etats-Unis, un certain nombre de manifestations antigouvernementales ont été marquées par des attaques meurtrières perpétrées par des extrémistes de droite qui ont utilisé leur véhicule pour semer la terreur dans les cortèges.

Au sein de l’Etat juif, les regroupements anti-Netanyahu qui ont eu lieu cet été à Jérusalem et à Tel Aviv ont pu être émaillés d’incidents relatifs à des agressions de la part d’extrémistes de droite présumés.

Netanyahu est accusé de fraude, d’abus de confiance et de pots-de-vin dans trois dossiers distinct. Son procès a commencé au mois de juin mais il a refusé de présenter sa démission et ne cesse de clamer son innocence. De nombreux protestataires mettent également en cause sa prise en charge de la pandémie de coronavirus.

Netanyahu et ses partisans ont affirmé que les manifestations étaient un vecteur majeur de contamination, même si les responsables de la Santé déclarent, pour leur part, avoir été dans l’incapacité de prouver que d’éventuelles contaminations avaient pu survenir dans ce contexte.

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