L’hôpital Hadassah de Jérusalem ébranlé par la catastrophe d’une synagogue
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L’hôpital Hadassah de Jérusalem ébranlé par la catastrophe d’une synagogue

Après que l’effondrement d’un gradin d’une salle de prière a fait deux morts et 167 blessés dimanche, Hadassah connaît une affluence observée seulement lors d’attaques terroristes

Des médecins israéliens transportent des hommes ultra-orthodoxes blessés, devant une synagogue de Givat Zeev, près de Jérusalem, le dimanche 16 mai 2021 ; plus de 150 personnes ont été blessées dans l'effondrement fatal d'un gradin dans une synagogue inachevée de Cisjordanie. (Photo AP / Sebastian Scheiner)
Des médecins israéliens transportent des hommes ultra-orthodoxes blessés, devant une synagogue de Givat Zeev, près de Jérusalem, le dimanche 16 mai 2021 ; plus de 150 personnes ont été blessées dans l'effondrement fatal d'un gradin dans une synagogue inachevée de Cisjordanie. (Photo AP / Sebastian Scheiner)

En soignant des dizaines d’adolescents souffrant de blessures à la colonne vertébrale, entre autres, un hôpital de Jérusalem jongle entre les urgences dues à la situation sécuritaire actuelle et les soins aux nombreux blessés de la catastrophe d’une synagogue dimanche.

Il y a eu deux morts et 167 blessées, dont cinq grièvement, lorsqu’un gradin s’est effondré sous les fidèles de la synagogue Givat Zeev de la secte hassidique de Karlin, juste avant le début de Shavouot. La synagogue est située dans un bâtiment en construction et son utilisation n’avait pas encore été approuvée, a déclaré aux journalistes le commandant de la police du district de Jérusalem.

Yechiel Michel Gleiberman, 13 ans, et Mordechai Binyamin Rubinstein, 23 ans, tous deux de Beitar Illit, ont été enterrés lors de funérailles communes à Jérusalem juste après minuit. Rubinstein laisse derrière lui sa femme et sa fille âgée seulement de quelques mois.

« Aujourd’hui, deux jours après l’incident, le traumatisme subi par nos volontaires résonne toujours dans nos esprits », a déclaré mardi au Times of Israel l’ambulancier Dov Maisel, vice-président des opérations au service de secours de United Hatzalah.

Une partie du gradin d’une synagogue qui s’est écroulé à Givat Zeev à la veille de Shavouot, le 16 mai 2021. (Crédit : Police)

Il a expliqué que l’incident était particulièrement brutal, survenant très peu de temps après le mouvement de foule fatal du 30 avril lors d’un rassemblement ultra-orthodoxe sur le mont Meron. « De nombreux secouristes en service dimanche soir étaient déjà présents lors de la tragédie de Meron », a déclaré Maisel.

Il a ajouté : « Au cours des 15 années d’histoire de notre organisation, je ne me souviens pas que nous ayons été confrontés à deux incidents de cette ampleur, faisant de nombreux blessés, en si peu de temps ».

À l’hôpital Hadassah de Jérusalem, les médecins ont soigné 42 patients qui sont toujours hospitalisés, dont six dans un état grave et la plupart avec des problèmes médicaux nécessitant des soins très spécialisés.

C’est inhabituel pour un hôpital de recevoir un afflux aussi important de patients présentant ces types de blessures, et les médecins d’Hadassah travaillent d’arrache-pied. « Voir arriver une foule de gens, présentant tous des blessures similaires, c’est le genre de chose que nous ne voyons que lors de très grandes attaques terroristes », a déclaré le médecin-chef Josh Schroeder au Times of Israel.

« Au cours des derniers jours, nous nous sommes concentrés sur les violences en cours, et tout à coup, ça nous est arrivé de nulle part », a-t-il déclaré.

« Ce que ces patients ont vécu équivaut à une chute du deuxième étage d’un immeuble, nous avons donc vu des bras cassés, des jambes cassées, des fractures de la colonne vertébrale et des blessures à la tête. Nous avons une dizaine de patients à la colonne vertébrale fracturée. »

Près de 150 personnes sont arrivées après la tragédie et quelque 44 sont toujours à l’hôpital. « À présent, il semble que la grande majorité, après des interventions chirurgicales, pourra vivre normalement – mais cela pourrait prendre des mois », a déclaré Schroeder.

La scène à l’extérieur de la synagogue Givat Zeev, avec les premiers intervenants de Hatzalah en vestes orange, peu de temps après l’effondrement de dimanche. (United Hatzalah)

« Ceux qui ont des blessures à la colonne vertébrale, du moins ceux que nous avons pu opérer, devraient retrouver une vie normale. » Il y a plusieurs personnes qui souffrent de graves blessures à la tête, et il est difficile de prédire si elles se rétabliraient complètement, bien qu’il soit « optimiste ».

Le personnel de l’hôpital Hadassah attend l’arrivée des ambulances avec les blessés de Givat Zeev. (Autorisation : Hadassah)

Il a raconté que l’hôpital avait d’abord été « débordé » par l’afflux de patients, mais qu’il avait réussi à faire face en appelant près de 200 employés supplémentaires en quelques minutes. « Cela s’est produit au début des vacances de Shavouot, et tout à coup nous avons eu besoin d’un personnel au complet, avec tout le monde, des secrétaires aux personnes acheminant les patients vers le bloc opératoire de chirurgie, en passant par les anesthésistes », a déclaré Schroeder. « Des SMS ont été envoyés et le personnel est arrivé rapidement. »

De la main-d’œuvre supplémentaire a été nécessaire car chaque patient nécessitait une vérification additionnelle. Parce que les Israéliens arrivent normalement à l’hôpital avec leurs cartes d’identité, mais les Juifs religieux ont tendance à ne pas avoir sur eux ces documents le jour du Shabbat ou des fêtes.

« C’était une situation où personne n’arrivait avec sa carte d’identité parce que c’était Shavouot, et nous devions être extrêmement prudents quant à leur identification ».

« Mais nous avons géré l’afflux et maintenant il s’agit de donner les meilleurs soins possibles pour que chacun ait les meilleures chances de guérison », a déclaré Schroeder.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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