Liberman critique des députés du Likud ayant vivement critiqué le Shin Bet
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Liberman critique des députés du Likud ayant vivement critiqué le Shin Bet

Le ministre de la Défense affirme que les propos tenus par Miri Regev et David Bitan sont "misérables"

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a vivement dénoncé deux membres du parti du Likud pour leurs critiques à propos du service de sécurité intérieure du Shin Bet cette semaine en raison du positionnement de l’agence qui s’était déclarée favorable au retrait des mesures de sécurité placées sur le mont du Temple suite à un attentat terroriste survenu il y a deux semaines sur le lieu saint. Liberman a déclaré que les deux parlementaires étaient davantage concernés par leur image publique que par la sécurité des citoyens israéliens.

Dans une interview accordée samedi à la Deuxième chaîne, Liberman a indiqué que les récents commentaires faits par la ministre de la Culture Miri Regev et le président de la coalition David Bitan étaient « misérables » et a salué le travail réalisé par le Shin Bet en faveur de la sécurité des Israéliens.

« Le Shin Bet stoppe et empêche le terrorisme en permanence. C’est une honte que de telles choses soient dites », a indiqué Liberman.

« Ceux qui s’occupent de la sécurité doivent comprendre qu’il est impossible de gérer simultanément les primaires des [partis], l’opinion publique et la sécurité. On doit prendre des décisions appropriées », a-t-il ajouté.

Bitan avait qualifié les agents de l’organisation de « lâches » pour avoir prôné la suppression des détecteurs de métaux qui avaient été installés aux entrées du complexe du mont du Temple suite à l’attentat survenu le 14 juillet, au cours duquel trois arabes israéliens avaient tué par balles deux policiers à l’aide d’armes qu’ils avaient fait entrer clandestinement sur le site.

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
David Bitan, député du Likud et président de la coalition, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Israël avait brièvement fermé le complexe et l’avait rouvert deux jours plus tard après y avoir installé de nouvelles installations sécuritaires, notamment des détecteurs de métaux et des caméras. Cette initiative avait été suivie par des manifestations quasi-quotidiennes des Palestiniens à Jérusalem-Est et dans ses environs et en Cisjordanie, et par un boycott des fidèles musulmans qui avaient refusé de prier sur le site, qui accueille la mosquée Al-Aqsa et le sanctuaire du Dôme du rocher, jusqu’au retrait de toutes ces mesures.

Face à la forte pression de la Jordanie, qui administre le site, et des Palestiniens, Israël a retiré les installations jeudi et les fidèles se sont à nouveau rendus sur le lieu saint pour la prière.

Le Shin Bet s’était opposé à la décision de placer les détecteurs de métaux et autres mesures sécuritaires sur le mont du Temple après l’attentat, affirmant que cette initiative pourrait être à l’origine d’importantes agitations.

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, s’exprimant après l’attentat terroriste survenu dans l’implantation de Halamish — où un Palestinien a mortellement poignardé trois membres d’une même famille qui étaient attablés pour le repas du Shabbat, le jeune meurtrier écrivant en amont de l’attaque que cette dernière serait commise pour « Al-Asqa » – Regev a déclaré que la suggestion du Shin Bet de retirer les détecteurs de métaux était « délirante ».

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu le Shin Bet contre les critiques.

« L’agence de sécurité israélienne [Shin Bet] est l’une des meilleures agences de prévention dans le monde, à la tête de la lutte contre le terrorisme et avec succès. Les vies de nombreux Israéliens ont pu être sauvées grâce aux opérations qu’elle a menées ces dernières années », a fait savoir Netanyahu dans une déclaration.

« Les points de vue du Shin Bet qui ont été présentés [en liaison avec le mont du Temple] aux responsables politiques se basaient sur les renseignements, des évaluations de la situation et des analyses stratégiques », a-t-il ajouté.

« Le Premier ministre apporte son soutien au chef du Shin Bet Nadav Argaman et à ses agents et rejette les attaques à leur encontre ».

Même s’il n’a pas mentionné par son nom le président de la coalition David Bitan, cette déclaration de soutien au Shin Bet de la part du Premier ministre a été faite après que cet important législateur du Likud a qualifié de « lâches » les membres de l’agence.

Le leader de l’opposition Isaac Herzog a critiqué jeudi les propos tenus par Bitan et a vivement recommandé à Netanyahu de présenter ses excuses au Shin Bet suite au discours tenu par le président de la coalition.

« Vous n’avez pas honte ? », a tweeté Herzog.

Sans mentionner Bitan par son nom, Yehuda Glick, également député du Likud, a dénoncé les attaques contre le Shin Bet.

« J’appelle mes amis à défendre l’honneur de tous les services de sécurité dans la mesure où sans leurs efforts, leur dévouement et leur sagesse, nous vivrions un enfer quotidien », a-t-il dit sur Twitter.

Lundi, Argaman a été dépêché à Amman pour aider à apaiser une tension croissante avec la Jordanie, attisée à la fois par les tensions régnant autour du mont du Temple et par un incident survenu à l’ambassade israélienne dimanche, lorsqu’un garde de sécurité israélien a tué par balles deux Jordaniens après que l’un d’entre eux l’a attaqué avec un tournevis.

Plus tard dans la même soirée, le garde et le reste du personnel de l’ambassade ont reçu l’autorisation de revenir en Israël après que la Jordanie a cherché à interroger le garde au sujet de l’incident.

Le jour suivant, les détecteurs de métaux ont également été retirés des entrées au mont du Temple, mais le bureau du Premier ministre a démenti des informations données lundi dans la soirée par la Deuxième chaîne, à savoir qu’Amman avait demandé le retrait des détecteurs de métaux comme condition préalable au départ du personnel diplomatique israélien.

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