Liberman: Les élections sont inévitables, ni gouvernement restreint, ni d’unité
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Liberman: Les élections sont inévitables, ni gouvernement restreint, ni d’unité

Yisrael Beytenu a dit à la presse qu'il a essayé de faire pression sur le Likud et Kakhol lavan pour qu'ils s'entendent, mais ont échoué - "nous avons la conscience tranquille"

Le président du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, s'entretient avec les médias lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, s'entretient avec les médias lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, a déclaré qu’il n’accepterait plus de rejoindre un gouvernement restreint et qu’un gouvernement d’unité avec les deux plus grands partis n’était plus une option, une position qui condamne presque certainement le pays à un troisième scrutin en un an.

Dans des extraits d’une interview publiée jeudi, M. Liberman a déclaré qu’il ne ferait pas partie d’un gouvernement restreint – ni de droite ni de gauche – car « la combinaison des décisions économiques et de la défense les plus importantes avec un gouvernement restreint risque de créer une grande division et polarisation dans le public ».

Un gouvernement restreint est un gouvernement de « friction perpétuelle », a déclaré M. Liberman dans une interview accordée au quotidien Yedioth Ahronoth publié jeudi.

Dans la mesure où l’unité entre le Likud et ses rivaux Kakhol lavan n’existe pas non plus, « les élections sont inévitables », a-t-il expliqué.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Après que ni l’un ni l’autre n’aient obtenu la majorité des sièges avec leurs alliés respectifs aux élections de septembre, le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont exprimé leur soutien à un gouvernement d’unité incluant leurs deux partis, mais les discussions entre eux n’ont pas abouti à une coalition et ils se sont rejetés la responsabilité de cette impasse. Mardi, une réunion entre Gantz et Netanyahu a échoué après seulement 45 minutes.

M. Liberman a fait campagne en faveur d’un gouvernement d’unité composé de son parti, le Likud, et Kakhol lavan avant les élections de septembre et a continué de faire pression en faveur d’un tel arrangement malgré l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations de coalition.

« A mon grand regret, les deux [Gantz et Netanyahu] ont pris la décision stratégique de ne pas s’unir, et donc les deux partis sont responsables de la tenue de nouvelles élections. »

« Nous avons la conscience tranquille », a-t-il ajouté.

Liberman a accusé Netanyahu et Gantz de se livrer au jeu de rendre l’autre partie responsable et a déclaré qu’il avait essayé de les pousser à former un gouvernement d’unité, mais que désormais ils cherchent à améliorer leurs positions par un autre scrutin.

Netanyahu et Gantz, a-t-il dit, s’appuient chacun sur des sondages et espèrent qu’ils pourront remporter les prochaines élections – Netanyahu en menant un bloc d’au moins 61 sièges et Gantz en obtenant au moins 36 sièges pour son propre parti, un résultat qui lui permettrait de mieux négocier une coalition majoritaire sans le Likud à la Knesset qui compte 120 sièges.

Liberman a admis que les remarques faites aux médias plus tôt dans la semaine par les députés de son propre parti, dans lesquelles ils ont exhorté Yisrael Beytenu à rejoindre un gouvernement restreint de droite dirigé par Netanyahu, étaient un stratagème délibéré visant à pousser Kakhol lavan à rejoindre le Likud dans un gouvernement de coalition.

Le député a déclaré que lorsque Netanyahu a reçu la première tentative de former une coalition après les élections de septembre, il a d’abord gardé le silence, mais dans la dernière semaine des efforts du Premier ministre, il a laissé entendre qu’il pourrait rejoindre le bloc de Netanyahu, « afin de faire pression sur Kakhol lavan ».

Après que Netanyahu eut admis qu’il n’avait pas réussi à former un gouvernement, le témoin passa à Gantz, qui n’a finalement pas réussi non plus à négocier une coalition majoritaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en compagnie du ministre de la Défense d’alors, Avigdor Liberman, lors d’une conférence de presse conjointe, le 30 mai 2016. (Yonatan Sindel / Flash90)

Liberman a prétendu que personnellement, la bonne chose à faire pour Yisrael Beytenu était d’entrer dans un gouvernement restreint dirigé par Netanyahu, mais qu’il ne le faisait pas pour le bien supérieur du pays. Yisrael Beytenu a remporté huit sièges aux dernières élections. Le Likud en a remporté 32, ce qui place Netanyahu à la tête d’un bloc de 55 sièges de députés de droite et de partis religieux alliés.

« Cela aurait pu faire un gouvernement de 63 [sièges]. J’aurais pu être Premier ministre et ministre de la Défense par intérim, et obtenir deux autres ministères, n’importe quelle commission [de la Knesset] que je voulais, et tout budget qui serve les intérêts de mon parti. »

Aucun autre parti, a-t-il affirmé, n’est capable de prendre une telle décision qui est totalement contraire à ses propres intérêts et au profit du pays.

Le rapport était un avant-goût d’un article complet qui sera publié dans l’édition du week-end de Yedioth Ahronoth.

Mercredi, le président Reuven Rivlin a déploré la « période troublée » pour Israël après des mois d’impasse politique, accusant les dirigeants politiques de sembler préférer « devenir fou » plutôt que faire un compromis sur un gouvernement.

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