Netanyahu annonce que le Likud est « prêt pour les élections »
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Netanyahu annonce que le Likud est « prêt pour les élections »

Gantz dit que le Premier ministre est obstiné et ne bougera pas, mais les deux parties disent toujours vouloir l'unité, même si pour un député Likud, les pourparlers sont terminés

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara s'adressent à la presse depuis le tarmac de l'aéroport Ben Gurion, le 4 décembre 2019. (Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara s'adressent à la presse depuis le tarmac de l'aéroport Ben Gurion, le 4 décembre 2019. (Kobi Gideon / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi que son parti, le Likud, était « prêt pour les élections », alors que lui et son rival Benny Gantz se sont à nouveau accusés du blocage des pourparlers d’unité, une semaine avant la date limite du 11 décembre pour éviter un nouveau scrutin électoral.

Ces commentaires sont survenus au lendemain d’une réunion entre Gantz et Netanyahu qui a échoué après seulement 45 minutes, les parties n’ayant pas réussi à progresser sur un accord d’unité insaisissable et s’accusant mutuellement d’être trop obstinées pour résoudre l’impasse.

Si aucun député ne parvient à obtenir l’appui d’au moins 61 des 120 membres de la Knesset d’ici le 11 décembre, des élections seront organisées pour la troisième fois en moins d’un an. Si ce troisième scrutin est convoqué, la première date possible pour leur tenue serait le 25 février 2020, selon un responsable juridique de la Knesset.

Ni le chef du Likud ni le leader du parti centriste Kakhol lavan, n’ont pu jusqu’à présent former un gouvernement, même si tous deux ont publiquement déclaré vouloir éviter un troisième vote. Deux tours d’élections, en avril et en septembre, n’ont pas permis de former un gouvernement – une première dans l’histoire politique israélienne.

Sur le tarmac de l’aéroport Ben Gurion avant de partir pour le Portugal pour rencontrer le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, Netanyahu a déclaré que, tout en souhaitant un gouvernement d’unité, il comprenait les frustrations exprimées précédemment par le député du Likud Miki Zohar, qui a déclaré que son parti en avait terminé de négocier avec Kakhol lavan.

« Ils ne bougent pas d’un millimètre. Ils ne bougent pas d’un nanomètre », a déclaré M. Netanyahu aux journalistes. « Nous avons fait toutes sortes de propositions, avec toutes sortes de moyens pour s’assurer que ce gouvernement d’unité soit stable, mais ils refusent tout simplement. »

Il a réitéré son accusation selon laquelle Yair Lapid, le n°2 de Kakhol lavan, empêchait tout compromis.

Netanyahu a affirmé que si un gouvernement d’unité s’avère impossible, « nous sommes prêts pour les élections, et nous les gagnerons ».

« Nous faisons tous les efforts possibles. C’est toujours ouvert. Nous n’avons pas besoin d’élections totalement inutiles. Mais si nous sommes forcés d’aller vers une troisième élection, nous la gagnerons. »

Gantz a répondu que le Premier ministre « est resté sur ses positions et n’a rien proposé de nouveau. Ce n’est pas ainsi que l’on mène les négociations. Il doit me regarder dans les yeux – ainsi que les citoyens israéliens – et dire ce qu’il pense et ce qu’il veut au lieu de se soustraire à ses responsabilités. »

Benny Gantz s’exprimant au Conseil régional de Ramat Néguev, le 4 décembre 2019. (Elad Malka)

Il a également nié l’affirmation de Netanyahu selon laquelle Lapid bloquait le compromis, se déclarant responsable des décisions du parti « tout en tenant des consultations avec mes collègues ».

Zohar, le chef du Likud à la Knesset, a déclaré mercredi à la radio Kan que son parti ne mènerait plus de négociations avec Kakhol lavan, déclarant qu’“un gouvernement d’unité avec Kakhol lavan ne sera pas formé, ils ne sont plus de circonstance. Je me prépare pour une autre élection. C’est dans cette direction que nous allons malheureusement. »

Le député Likud Miki Zohar préside une commission parlementaire sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset et à organiser de nouvelles élections, le 28 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Kakhol lavan a répondu aux remarques de Zohar dans un communiqué, en disant : « Le masque est tombé – Netanyahu veut des élections. Nous appelons tous les partis à soutenir la formation d’un large gouvernement d’unité et à éviter des élections inutiles vers lesquelles nous sommes entraînés par un seul homme en raison de sa situation juridique difficile ».

Quelques minutes après la fin de la réunion de mardi, le parti Likud de Netanyahu a attaqué Kakhol lavan pour n’avoir pas accepté ses « concessions étendues ».

« Le Premier ministre a proposé de mettre en place de façon créative la rotation [des postes de Premier ministre] dans la loi. Face à de vastes concessions, Kakhol lavan continue de refuser de former un gouvernement d’unité sur le veto imposé par [le n°2 de Kakhol lavan, Yaïr] Lapid », a déclaré le parti de Netanyahu.

De leur côté, Kakhol lavan accuse Netanyahu de n’avoir rien mis de nouveau sur la table.

« Le président du Likud n’a présenté aucune proposition qui corresponde à sa situation juridique ou ne reconnaisse qu’il a perdu les élections, ou toute nouvelle proposition du tout. Au cours de la réunion, il a refusé de s’engager à respecter les lignes directrices de base du gouvernement ou de ne pas demander l’immunité personnelle. »

S’exprimant lundi lors d’une réunion de la faction Kakhol lavan, M. Gantz a réitéré qu’il était prêt à entrer dans un gouvernement d’unité, mais seulement s’il est d’abord Premier ministre. L’alliance centriste a exclu de rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu, qui fait face à des accusations criminelles dans trois affaires, dont celle de pots-de-vin dans une d’elles.

Ces derniers jours, des informations ont indiqué que le Likud cherchait à conclure un accord d’unité qui laisserait leur chef au poste de Premier ministre pendant six mois, après quoi Gantz prendrait la relève. Kakhol lavan aurait exprimé des craintes que Netanyahu ne revienne sur sa décision, après avoir pris le temps d’obtenir l’immunité contre les accusations criminelles qui pèsent sur lui.

Un rapport publié mardi décrit en détail un accord de grande portée qui verrait Netanyahu rester Premier ministre pendant 3 à 6 mois, donnerait à Kakhol lavan une pléiade de ministères puissants et permettrait aux deux parties de soutenir l’annexion de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie. Mais un certain nombre de points d’achoppement laissaient entendre que le pacte potentiel était encore loin du compte, d’après la Treizième chaîne.

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