Liberman : les moyens militaires iraniens en Syrie menacent notre espace aérien
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Liberman : les moyens militaires iraniens en Syrie menacent notre espace aérien

Le ministre de la Défense jure qu'Israël ne laissera pas l'Iran s'établir à la frontière nord ; l'Europe ne pourra pas maintenir l'accord avec l'Iran face aux sanctions américaines

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 7 mai 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 7 mai 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a averti mercredi qu’un ancrage militaire iranien en Syrie pourrait permettre le déploiement de systèmes anti-aériens qui fermeraient l’espace aérien israélien jusqu’à Tel Aviv au trafic militaire et civil.

Liberman a émis des doutes sur le fait qu’Israël soit à la veille d’une guerre avec l’Iran. Mais alors qu’Israël fait tout ce qu’il peut pour empêcher une escalade, a-t-il dit, il se prépare également à toute éventualité.

Liberman a donné des interviews à de grandes chaînes de télévision dans lesquelles il a parlé de l’affrontement actuel avec l’Iran dont les responsables de la défense avaient annoncé une frappe imminente de missiles iraniens sur le nord d’Israël.

« Si les Iraniens veulent mettre en place des systèmes anti-aériens qui ferment notre espace aérien jusqu’à Tel Aviv, y compris les vols civils, personne ne l’acceptera », a-t-il déclaré à la Dixième chaîne d’information. « Imaginons qu’Israël tente d’installer un tel dispositif près de la frontière avec l’Iran, comment réagirait l’Iran. Comment la communauté internationale réagirait-elle ? »

Israël s’est juré d’empêcher l’Iran d’établir des bases avancées en Syrie, craignant qu’elles ne soient utilisées pour lancer des frappes contre l’État juif, et aussi pour empêcher les armes sophistiquées de parvenir au représentant libanais de l’Iran, le groupe terroriste du Hezbollah. Un certain nombre de frappes aériennes meurtrières contre des cibles syriennes qui auraient détruit les équipements militaires iraniens ont été attribuées à Israël.

S’adressant à la chaîne d’information Hadashot, Liberman a déclaré : « Je ne pense pas que nous sommes à l’aube d’une guerre. Les Iraniens essaient de construire un troisième front sur le plateau du Golan syrien. Nous ne permettrons jamais à la Syrie de devenir une base avancée contre Israël. »

« Nous avons une politique très simple : si quelqu’un est sur le point de nous lancer des roquettes, nous essaierons de le devancer », a poursuivi M. Liberman. « Elle n’est pas toujours infaillible, et il est impossible de toujours maîtriser les choses – mais nous devons faire le maximum d’efforts pour assurer la sécurité des citoyens d’Israël. Comprenne qui pourra – ça ne vaut pas le coup de lancer des roquettes sur Israël ».

Un système de défense antimissile Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire les roquettes et les obus d’artillerie à courte portée, est déployé dans le nord d’Israël, le 7 mai 2018 (Jalaa Mary / AFP)

Mardi soir, l’armée israélienne a lancé un avertissement très inhabituel aux habitants du plateau du Golan, appelant les municipalités à ouvrir des abris publics anti-aériens, après que « des activités anormales des forces iraniennes en Syrie » ont été identifiés par les services de renseignement militaire.

L’armée a également annoncé qu’elle avait déployé des batteries de défense antimissile dans le nord d’Israël et a déclaré que « les soldats israéliens sont très bien préparés en cas d’attaque ».

Quelques heures plus tard, les médias syriens ont rapporté qu’Israël a mené une attaque aérienne à el-Kisweh, au sud de Damas, une zone qui avait été identifiée comme étant le site d’une base militaire iranienne. Israël refuse de commenter ses opérations à l’étranger, par principe.

L’annonce de l’armée mardi soir fait suite à de multiples avertissements de la part des autorités de défense israéliennes d’une éventuelle frappe de missiles iraniens sur des cibles militaires dans le nord d’Israël et a eu lieu juste avant que le président américain Donald Trump n’annonce que les États-Unis se retiraient de l’accord nucléaire iranien et imposaient de nouvelles sanctions à la République islamique d’Iran.

Une unité d’artillerie israélienne prend position près de la frontière syrienne sur le plateau du Golan le 9 mai 2018. (Jalaa Marey/AFP)

Dans le cadre du Plan d’action global conjoint, l’Iran a accepté de démanteler les aspects militaires de son programme de développement nucléaire en échange de la levée des sanctions. Dans le cadre de la sortie des États-Unis de l’accord, M. Trump a déclaré qu’il réintroduira des sanctions économiques encore plus sévères à l’encontre de l’Iran.

S’adressant mercredi à Hadashot, M. Liberman a prédit que les pays européens qui ont répondu au retrait américain en disant qu’ils maintiendraient l’accord de 2015 avec l’Iran, auraient du mal à le faire à cause des sanctions.

« Les sanctions dont parle Trump ne concernent pas seulement l’Iran, mais aussi toutes les entreprises qui font du commerce avec ce pays », a déclaré M. Liberman. « Ils [les pays européens] doivent choisir : le marché iranien ou le marché américain. Je suis convaincu qu’aucune entreprise européenne n’agira à l’encontre des sanctions. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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