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L’Iran annonce une seconde arrestation d’un réseau d’espions israéliens présumés

Téhéran affirme que le réseau était en contact avec le Mossad, peu après avoir annoncé qu'un autre groupe avait été arrêté avant de faire exploser un "site sensible"

Photo d'illustration : Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire iranienne de Bushehr, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Photo d'illustration : Le drapeau iranien flotte sur l'usine nucléaire iranienne de Bushehr, le 10 novembre 2019. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

L’Iran a annoncé jeudi avoir arrêté cinq personnes, membres d’un réseau affilié au service des renseignements israélien, le Mossad, après l’annonce la semaine dernière du démantèlement d’une autre cellule similaire, a indiqué l’agence officielle Irna.

« Un réseau d’espionnage composé de cinq membres, affilié au régime sioniste israélien, a été identifié et arrêté », a indiqué l’agence, citant un communiqué du service de renseignements de la police iranienne.

Les membres de ce réseau avaient contacté un intermédiaire du Mossad avec « l’encouragement du chef d’un groupe séparatiste », qui a un « passé d’activité mercenaire » pour Israël, a indiqué le texte, sans l’identifier.

Ils « collectaient des informations » dans des « zones importantes et vitales » du pays, a indiqué le communiqué de la police, ajoutant qu’ils avaient « déclenché des incendies criminels, écrit des slogans, fait de la propagande contre la République islamique » et « reçu une formation nécessaire pour mener des opérations armées » en Iran.

L’agence de presse indique également que le groupe est accusé d’incendie criminel et qu’il a été formé pour mener des actes de terrorisme et de sabotage.

Elle a également indiqué que la cellule avait reçu une rémunération pour ses activités et qu’elle était en possession d’un « équipement de pointe » ainsi que de téléphones portables et de cartes SIM.

Le reportage n’a pas révélé la nationalité des suspects et n’a pas non plus identifié les cibles des prétendus complots. La date de l’arrestation du groupe n’a pas non plus été précisée.

L’Iran annonce occasionnellement la détention de personnes qu’il considère comme espionnes pour le compte de pays étrangers, notamment les États-Unis et Israël, sans toutefois fournir de preuves à l’appui de ses affirmations.

Téhéran a déjà annoncé à plusieurs reprises l’arrestation d’agents travaillant pour les services de renseignements de pays étrangers, notamment son ennemi juré Israël.

La République islamique avait affirmé en juillet avoir arrêté des « agents » membres d’un « réseau » travaillant pour Israël et saisi une cache d’armes destinées à être utilisées pour des « émeutes ».

Elle a déjà accusé l’Etat hébreu d’avoir saboté certains de ses sites nucléaires et d’avoir assassiné plusieurs scientifiques iraniens.

Un agent de sécurité à l’installation de conversion de l’uranium juste à l’extérieur de la ville d’Isfahan, en Iran, le 30 mars 2005. (Crédit: AP Photo/Vahid Salemi, File)

Cette annonce survient quelques jours après que la République islamique a affirmé avoir mis fin à un autre réseau d’espionnage israélien, en arrêtant des agents qui avaient tenté de mener des actions de sabotage et des « opérations terroristes » à l’aide de technologies de pointe et des attaques visant des « sites sensibles » dans le pays.

Nour News, un site lié au Corps des Gardiens de la Révolution islamique, a affirmé qu’un réseau d’espionnage israélien présumé avait été arrêté par les autorités iraniennes alors qu’il posait des explosifs sur un site « très sensible » dans la province d’Ispahan, quelques heures avant de planifier leur détonation. Selon le site web, la cellule est entrée en Iran il y a plusieurs mois depuis le Kurdistan irakien, après avoir été entraînée en Afrique sous la direction de l’agence d’espionnage Mossad.

Selon le reportage, les membres du réseau ont été arrêtés alors que « des matériaux explosifs ont été placés » sur le site visé, quelques heures seulement avant « l’étape finale de leur opération terroriste. » La province d’Ispahan abrite la centrale nucléaire de Natanz, qui a été visée par des attaques imputées par Téhéran à Israël.

Et mercredi, l’Iran a précisé que les agents arrêtés étaient membres de Komalah, un groupe marxiste militant pour l’autonomie des régions peuplées par les Kurdes dans le nord du pays et classé illégal depuis la révolution islamique en 1979.

Le mois dernier, le New York Times a rapporté qu’un officier supérieur des gardiens de la révolution, le général de brigade Ali Nasiri, avait été secrètement arrêté pour avoir prétendument espionné pour Israël.

Citant des responsables proches des Gardiens de la Révolution s’exprimant sous couvert d’anonymat, le reportage indiquait que l’arrestation marquait un niveau de méfiance croissant parmi les hauts dirigeants du pays, en partie attribué aux récentes opérations présumées d’Israël dans le pays. Nasiri était un commandant supérieur de l’unité de protection de l’information du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, selon le même reportage.

Deux mois plus tôt, quelques dizaines de responsables de la sécurité impliqués dans le programme de missiles iranien ont été arrêtés pour avoir prétendument divulgué des informations classifiées à Israël, selon le journal.

Il y a plusieurs mois, le chef du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, Hossein Taeb, a été remplacé. Taeb, qui a occupé ce poste pendant plus de 12 ans, avait été chargé de démasquer le réseau d’espionnage israélien en Iran, ont déclaré au Times un conseiller anonyme du gouvernement iranien et une personne affiliée au Corps des Gardiens de la Révolution islamique.

Hossein Taeb, ancien chef des renseignements des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), lors d’une réunion à Téhéran, le 24 juin 2018. (Crédit: Hamed Malekpour/Tasnim News/AFP)

La chute de Taeb est considérée par certains comme un excellent exemple de la campagne de longue haleine menée par Israël pour dénoncer les échecs du Corps des Gardiens de la Révolution islamique en intensifiant les attaques contre les installations nucléaires iraniennes ces derniers mois et en ciblant des responsables de haut niveau à l’intérieur du territoire iranien – tout cela visant à générer un conflit entre les établissements politiques et de défense en Iran, ont déclaré des responsables israéliens au journal.

Le Times a rapporté que Taeb « semblait intouchable » avant un certain nombre de meurtres récents très médiatisés imputés à Israël et avant le projet iranien d’attaquer des Israéliens en Turquie, qui aurait été déjoué.

L’Iran et Israël sont engagés dans une guerre de l’ombre depuis des années, mais les tensions se sont accrues à la suite d’une série d’incidents très médiatisés que Téhéran a imputés à Jérusalem.

Un certain nombre de membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique et de scientifiques ont été tués ces derniers mois, l’Iran pointant souvent du doigt Israël.

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