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Analyse

L’Iran se déchaîne alors que les voisins d’Israël continuent à faire face à des crises

Dans ce tour d'horizon des défis que le Moyen-Orient doit relever, l'Iran attaque l'Irak, la Syrie et le Pakistan, alors que les dirigeants libanais appellent à la paix - mais qu'ils sont dans l'incapacité de contrôler le Hezbollah

Une équipe de défense civile mène des opérations de recherche et de secours dans un bâtiment endommagé suite à une frappe au missile lancée par le Corps des gardiens de la révolution à Erbil, en Irak, le 17 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)
Une équipe de défense civile mène des opérations de recherche et de secours dans un bâtiment endommagé suite à une frappe au missile lancée par le Corps des gardiens de la révolution à Erbil, en Irak, le 17 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)

L’Iran a fait la démonstration de ses capacités militaires, la semaine dernière, en attaquant l’Irak et la Syrie avant de s’en prendre au Pakistan, avec peu d’inquiétude concernant d’éventuelles représailles ou une possible escalade de la part des forces militaires.

Si le Pakistan a répondu en rappelant son ambassadeur de Téhéran et qu’il a frappé des cibles sur le territoire de la république islamique, jeudi, la Syrie n’a pas osé réagir d’une manière ou d’une autre en raison de la dépendance du gouvernement à l’aide iranienne, une aide apportée dans le cadre de la guerre civile qui déchire le pays. Même chose en Irak, où des mouvements de protestation activistes ont eu lieu bien pour appeler au boycott des produits iraniens. Mais la nation reste toutefois tributaire de l’Iran sous de nombreux aspects.

Il y a eu également des informations, la semaine dernière, qui ont laissé entendre que le Corps des Gardiens de la révolution islamique a été responsable des attaques lancées contre des navires israéliens en mer Rouge, début janvier.

De son côté, la république islamique a essayé de semer la discorde entre les États-Unis et Israël. Prenant la parole à la tribune du Forum économique mondial de Davos, le ministre des Affaires étrangères iranien Hussein Amir Abdollahian a déclaré qu’Israël avait pris en otage les États-Unis et que si Israël savait conserver ses distances, l’Iran serait probablement plus encline à conclure un accord positif avec les Américains concernant son programme d’armement nucléaire.

Téhéran semble croire que les États-Unis ne sont pas intéressés par un éventuel élargissement de la guerre qui oppose actuellement le Hamas et Israël, un élargissement qui exporterait le conflit hors des frontières de Gaza, et le régime iranien paraît penser que l’administration américaine veut empêcher la guerre d’atteindre le Liban, alors que Washington met en garde Jérusalem contre des opérations militaires étendues contre le Hezbollah. Concernant le Yémen, la coalition constituée d’onze pays et placée sous l’autorité des États-Unis vise à assurer la sécurité des bateaux en mer Rouge, à dissuader les Houthis de les attaquer et à tenter de contenir au mieux les tensions croissantes dans le secteur.

En l’absence « d’un adulte responsable » crédible, qui serait susceptible de menacer l’Iran d’une guerre qui signerait l’arrêt de mort du régime islamique – ou qui, tout du moins, endommagerait ses infrastructures de manière significative – l’Iran a toute liberté de provoquer Israël, ses voisins arabes et d’autres pays comme le Pakistan, et même les États-Unis.

Des Houthis soutenus par l’Iran organisant un rassemblement contre les frappes américaines et britanniques sur les sites armés gérés par les Houthis, près de Sanaa, au Yémen, le 14 janvier 2024. (Crédit : AP Photo)

Il semble que personne dans le monde n’ait actuellement une solution concernant l’Iran alors que le régime des mollahs continue ses travaux d’enrichissement de l’uranium et sa course vers la bombe atomique tout en faisant de son mieux pour soutenir son proxy à Gaza, sous la forme du Hamas, que la république islamique finance et forme depuis des années.

Liban : Des efforts diplomatiques dont l’enjeu est considérable

Alors qu’Israël continue sa guerre dans le sud, contre le Hamas, tout en repoussant et en répondant aux agressions du Hezbollah dans le nord du pays, le président libanais par intérim Najib Mikati a indiqué aux journalistes arabes au Forum de Davos, la semaine dernière, que lui et sa nation « font le choix de la paix », ajoutant que « tout le monde est perdant dans la guerre et tout le monde est gagnant dans la paix ».

Dans d’autres interviews, Mikati a rendu hommage au Hezbollah qui, selon lui, est « sage », une tentative supposée de convaincre le monde que la diplomatie a encore une chance au Liban et qu’une guerre contre Israël, qui entraînerait des dégâts irréversibles, graves, peut encore être évitée.

Avant ces entretiens, Mikati avait fait parvenir un courrier aux Nations unies où il indiquait que son pays souhaitait appliquer la Résolution 1701, qui établit que seule l’armée libanaise est en droit de mener des activités dans le sud du Liban.

L’envoyé spécial américain Amos Hochstein (à gauche) rencontre le Premier ministre libanais par intérim Najib Mikati à Beyrouth, le 11 janvier 2024 (Crédit : JOSEPH EID / AFP)

Toutefois, le Hezbollah – qui n’est pas l’armée libanaise – a constamment violé les dispositions de cette résolution. Depuis le 8 octobre, au lendemain du massacre commis par les terroristes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le Hezbollah s’est engagé quasi-quotidiennement dans des hostilités transfrontalières, lançant des roquettes, des drones et des missiles – une campagne dont l’objectif est, selon lui, de soutenir le Hamas.

Ces attaques ont obligé la plus grande partie des résidents du périmètre de la frontière à évacuer, côté israélien. Israël riposte en frappant des cibles du Hezbollah et l’État juif a averti qu’il ne saurait tolérer la présence continue des terroristes à la frontière.

Le problème est que Mikati, qui est incapable de contrôler le Hezbollah, ne peut faire appliquer la résolution et que l’absence d’un président à la barre du Liban rend la situation encore plus complexe. A la fin du mandat de l’ancien président Michel Aoun, au mois d’octobre 2022, le pays s’est trouvé face à une vacance du pouvoir alors que plus de dix scrutins se sont succédés en un peu plus d’un an, échouant tour à tour à désigner un vainqueur entre Sleiman Frangieh, soutenu par le Hezbollah, et Jihad Azour, le favori des opposants au groupe terroriste.

Une résolution diplomatique du conflit entre Israël et le Hezbollah nécessiterait probablement l’implication d’un président qui pourrait obtenir du groupe terroriste qu’il se retire de la frontière du sud-Liban. Mais pour ce faire, il faudrait qu’un président qui ne dépend pas du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et qui bénéficie d’un large soutien public puisse être élu.

Mais même alors, il est improbable que le Hezbollah se retire au-delà du fleuve Litani, parallèle à la frontière israélienne, à 29 kilomètres de cette dernière. Comme l’a laissé entendre le négociateur américain Amos Hochstein, l’organisation terroriste opterait plutôt pour un retrait de sept à huit kilomètres de la frontière.

Un soldat israélien porte un patch sur l’arrière de sa veste militaire montrant le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, comme une cible devant un obusier d’artillerie en Haute-Galilée, dans le nord d’Israël, le 4 janvier 2024. (Crédit : jalaa marey / AFP)

Pour le moment, toutefois, même ce résultat semble impossible dans un avenir proche et, en même temps, les attaques du Hezbollah à l’encontre d’Israël empêchent des dizaines de milliers de citoyens de l’État juif de pouvoir retourner chez eux, dans le nord.

Gaza: Les Palestiniens doivent payer une fortune pour partir

Pour leur part, de nombreux Palestiniens de Gaza désespèrent de sortir de la ligne de feu alors que la guerre qui oppose Israël et le Hamas continue et, selon un reportage de Bloomberg, ils se trouvent dans l’obligation de vendre tout ce qui leur appartient, de souscrire à un prêt et de verser des milliers de dollars à des trafiquants égyptiens et au Hamas pour pouvoir quitter Gaza. Certains d’entre eux lancent même des campagnes de financement participatif, sur Internet, pour pouvoir payer le prix exorbitant de ce départ.

Même en temps de paix, quitter Gaza par le poste-frontière égyptien de Rafah coûte cher. De nombreux Gazaouis ont expliqué qu’ils avaient dû verser des pots-de-vin aux responsables du Hamas pour bénéficier d’une autorisation de sortie du territoire. Pour quitter l’enclave côtière, il faut un passeport étranger, un visa d’entrée aux États-Unis ou dans un pays arabe et il faut aussi avoir suffisamment d’influence pour pouvoir intégrer les listes des aspirants au grand voyage dont les noms seront approuvés par le Hamas, l’Égypte, Israël ou les États-Unis.

Illustration : Des Palestiniens passant du côté égyptien de la frontière avec la bande de Gaza à Rafah, le 1er novembre 2023. (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Parmi ceux qui n’ont rencontré aucune difficulté à obtenir les approbations requises, Wael Dahdouh, un journaliste renommé de la publication qatarie Al-Jazeera. Au début de la guerre, l’épouse de Dahdouh et certains de ses enfants étaient morts sous le coup d’une frappe aérienne israélienne et il y a environ une semaine, un autre de ses fils – qui était, semble-t-il, membre du Jihad islamique palestinien – a aussi été tué.

Dahdouh a pu franchir la frontière avec l’Égypte, la semaine dernière, et il est parti au Qatar. Aux yeux des Gazaouis, Dahdouh est un héros qui a perdu sa famille dans le combat contre Israël.

Cela fait des années qu’Al-Jazeera est un porte-voix du Hamas à Gaza et la chaîne a même aidé l’organisation terroriste à répandre sa propagande, lui faisant gagner des soutiens au sein de l’enclave côtière et à l’extérieur. Aujourd’hui, alors que de nombreux Gazaouis sont piégés dans la bande et qu’il souffrent des conséquences de la guerre du Hamas, Dahdouh, pour sa part, a pu bénéficier d’un traitement particulier et il a été emmené au Qatar tandis que d’autres, qui ont aussi perdu les leurs et qui ont été blessés, sont dans l’incapacité de s’extraire de la situation dans laquelle ils se trouvent et n’ont aucun autre choix que celui de rester.

Syrie : Les agriculteurs contraints à quitter leurs champs

En Syrie, la guerre civile et l’État islamique obligent les agriculteurs à quitter leurs terres – en plus de l’aggravation des problèmes relatifs au climat, comme les vagues de chaleur et la sécheresse. Depuis que la guerre civile a commencé, en 2011, la population rurale de la Syrie a été divisée par deux.

Un grand nombre de ces ruraux sont devenus des réfugiés et ils ont fui les armées du régime du président Bashar al-Assad ou l’État islamique. D’autres ont dû abandonner leurs travaux agricoles alors que la chaleur et les pluies qui deviennent plus rares ont rendu ces activités insoutenables.

Le secteur de Raqqa, dans le Nord de la Syrie, a toujours été considéré comme le grenier du pays. Aujourd’hui, de nombreux agriculteurs abandonnent les champs dont ils avaient hérité au fil des générations en raison de l’abandon du secteur par le régime au pouvoir, du manque d’investissement de la part de ce dernier, ainsi que du manque d’eau et de pesticides de qualité, entre autres difficultés.

Nombreux sont ceux qui quittent les villages et qui s’installent dans les grandes villes pour ne plus jamais les quitter. L’Occident, pour sa part, a imposé des sanctions à la Syrie et tant qu’Assad et son régime continueront à contrôler le pays, elles ne seront pas levées. La Syrie, en conséquence, a besoin de plus d’exploitants agricoles sur son territoire pour répondre aux besoins de sa population.

Mais à cause des sanctions, elle est dans l’incapacité d’importer les machines qui pourraient venir en aide aux agriculteurs face aux difficultés induites par le changement climatique. La politique mise en œuvre en Syrie a placé les agriculteurs dans l’impasse et elle pourrait entraîner, à terme, une augmentation du coût de la vie, voire une famine qui s’abattrait sur ce pays exsangue et gouverné par un dictateur cruel.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cette analyse.

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