L’ouverture de l’ambassade US à Jérusalem suscite de très vives critiques
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L’ouverture de l’ambassade US à Jérusalem suscite de très vives critiques

Le président français Emmanuel Macron "condamne les violences des forces armées israéliennes"

  • Le personnel de l'ambassade prépare l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : AFP/ Menahem KAHANA)
    Le personnel de l'ambassade prépare l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : AFP/ Menahem KAHANA)
  • Le Premier ministre britannique Theresa May durant une visite à Barnet, au nord de Londres après la victoire des Conservateurs aux élections locales, le 4 mai 2018.  (Crédit : AFP / POOL / TOBY MELVILLE)
    Le Premier ministre britannique Theresa May durant une visite à Barnet, au nord de Londres après la victoire des Conservateurs aux élections locales, le 4 mai 2018. (Crédit : AFP / POOL / TOBY MELVILLE)
  • Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors d’une conférence de presse conjointe avant de présider une session du Comité international de liaison pour la Palestine (AHLC) à la Commission européenne, à Bruxelles, le 20 mars 2017 (AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)
    Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors d’une conférence de presse conjointe avant de présider une session du Comité international de liaison pour la Palestine (AHLC) à la Commission européenne, à Bruxelles, le 20 mars 2017 (AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)
  • Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian le 15 janvier 2018 à Mur-de-Bretagne. (Crédit : AFP /Damien Meyer)
    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian le 15 janvier 2018 à Mur-de-Bretagne. (Crédit : AFP /Damien Meyer)
  • Le président russe Vladimir Poutine arrive au premier jour du sommet économique du G20 le 7 juillet 2017 à Hambourg en Allemagne (Crédit : Morris MacMatzen / Getty Images via JTA)
    Le président russe Vladimir Poutine arrive au premier jour du sommet économique du G20 le 7 juillet 2017 à Hambourg en Allemagne (Crédit : Morris MacMatzen / Getty Images via JTA)
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan prend la parole lors de la réunion des chefs provinciaux du Parti de la justice et du développement (AKP) à Ankara, le 17 novembre 2017. (Crédit : AFP / ADEM ALTAN)
  • Mohammed VI du Maroc (à gauche) et Abdallah II de Jordanie le 11 mars 2015 au Maroc (Crédit : AFP)
    Mohammed VI du Maroc (à gauche) et Abdallah II de Jordanie le 11 mars 2015 au Maroc (Crédit : AFP)
  • Mohammed VI, roi du Maroc, à l'ambassade marocaine aux Etats-Unis, à Washington, D.C., le 20 novembre 2013. (Crédit : Département d'Etat des Etats-Unis)
    Mohammed VI, roi du Maroc, à l'ambassade marocaine aux Etats-Unis, à Washington, D.C., le 20 novembre 2013. (Crédit : Département d'Etat des Etats-Unis)

La communauté internationale, dont la Grande-Bretagne, plus proche allié des Etats-Unis, la France, l’Union européenne et la Russie, a réprouvé lundi l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, dont le déplacement avait été désavoué par 128 des 193 pays membres de l’ONU.

De violents affrontements entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont fait lundi plus de 50 morts et des centaines de blessés dans la bande de Gaza, où les Palestiniens protestent contre l’inauguration de l’ambassade prévue dans l’après-midi. Un comité de l’ONU a dénoncé l’usage « disproportionné » de la force par Israël contre les manifestants palestiniens.

Union européenne 

L’UE a exhorté toutes les parties à « la plus grande retenue » à la suite des violents affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens lors des manifestations dans la bande de Gaza contre l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

« Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vie humaine supplémentaires », a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

Elle a mis en garde contre « toute nouvelle escalade » dans une situation « complexe et déjà très tendue » qui rendrait « les perspectives de paix encore plus éloignées ».

« Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l’usage de la force », a-t-elle insisté.

« Le Hamas [le mouvement terroriste islamiste au pouvoir à Gaza] et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu’elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d’autres fins », a-t-elle ajouté.

La haute-représentante pour les Affaires étrangères réitère l’engagement de l’UE à oeuvrer en faveur d’une « reprise de négociations constructives » visant à une solution à deux Etats, palestinien et israélien, « dans les lignes de 1967 et avec Jérusalem comme capitale de chacun des deux Etats ».

Enfin, sur la question brûlante du statut de Jérusalem, Federica Mogherini rappelle « la position claire et unie » de l’Union, conforme au consensus international, selon laquelle le transfert des ambassades de Tel Aviv à Jérusalem ne pourra pas advenir avant que le statut de la Ville sainte ne soit réglé dans le cadre d’un règlement final du conflit israélo-palestinien.

France

« Alors que les tensions sur le terrain sont vives (..) la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement », a souligné le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans une déclaration écrite.

« Il est urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions », a-t-il ajouté en référence au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et à la récente escalade militaire entre Israël et l’Iran en Syrie.

La France a notamment appelé l’Etat hébreu à « faire preuve de discernement » dans l’usage de la force et a insisté sur le « devoir de protection des civils ».

« Après plusieurs semaines de violences, et face au nombre croissant de victimes palestiniennes dans la bande de Gaza aujourd’hui encore, la France appelle de nouveau les autorités israéliennes à faire preuve de discernement et de retenue dans l’usage de la force qui doit être strictement proportionné », a souligné le ministre.

« Elle rappelle le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement », a ajouté Jean-Yves Le Drian.

La France désapprouve le transfert de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, une décision qui « contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies », a-t-il poursuivi.

Elle appelle à des négociations « afin de parvenir à une solution juste et durable, à savoir deux Etats, vivant côte à côte en paix et en sécurité, ayant l’un et l’autre Jérusalem comme capitale », a noté le chef de la diplomatie française.

Le président français Emmanuel Macron a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » palestiniens à Gaza, lundi soir lors d’entretiens téléphoniques avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdallah II, selon un communiqué de l’Elysée.

M. Macron a également réaffirmé auprès de ses interlocuteurs « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem » et souligné que le statut de la ville « ne pourra être déterminé qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale ».

M. Macron a également, selon l’Elysée, « souligné le droit des Palestiniens à la paix et à la sécurité », rappelant par ailleurs « son attachement à la sécurité d’Israël et la position française constante en faveur d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues ».

Emmanuel Macron s’est entretenu « avec le roi Abdallah II de Jordanie, gardien selon la tradition des Lieux saints de Jérusalem et avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ». Il échangera également « dans la journée de mardi » avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, a précisé la présidence de la République.

Faisant part de « la vive préoccupation de la France sur la situation à Gaza, à Jérusalem et dans les villes palestiniennes », le président Macron « a déploré le grand nombre de victimes civiles palestiniennes à Gaza (lundi) et ces dernières semaines » et « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants ».

« Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques », poursuit le communiqué.

« Dans le contexte particulier du 70e anniversaire de l’indépendance d’Israël et de la commémoration de l’exil pour de nombreuses familles palestiniennes », M. Macron a rappelé « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem », soulignant que « le statut de Jérusalem ne pourra être déterminé qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale ».

Grande-Bretagne 

« Nous désapprouvons la décision des Etats-Unis de déplacer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël avant un accord final sur le statut », a déclaré le porte-parole de la Première ministre Theresa May. « L’ambassade britannique en Israël est basée à Tel Aviv et nous n’avons pas le projet de la déplacer ».

Russie

Interrogé lundi lors d’un briefing pour savoir si le transfert de l’ambassade américaine faisait craindre à la Russie une aggravation de la situation dans la région, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a répondu : « Oui, nous avons de telles craintes, nous l’avons déjà dit ».

Turquie

« Nous rejetons cette décision qui viole le droit international et les résolutions des Nations unies », a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan. « Avec cette décision, les Etats-Unis ont choisi d’être une partie du problème, et perdent leur rôle de médiateur dans le processus de paix » au Proche Orient.

Le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, a par ailleurs dénoncé sur Twitter un « massacre » à la frontière avec la bande de Gaza, dont « l’administration américaine est autant responsable qu’Israël ». « En transférant son ambassade à Jérusalem, l’administration américaine a sapé les chances d’un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région ».

Maroc

Le roi Mohammed VI a dénoncé une « décision unilatérale », qui « s’oppose au droit international et aux décisions du Conseil du sécurité », lit-on dans une lettre adressée lundi au président palestinien Mahmoud Abbas, relayée par l’agence officielle MAP. Le roi y dit « suivre avec préoccupation » la situation.

Egypte

Le grand mufti Shawki Allam a dénoncé « un affront direct et clair aux sentiments de plus d’un milliard et demi de musulmans sur terre », qui « ouvre la porte à davantage de conflits et de guerres dans la région ».

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