L’Union européenne devient partenaire officielle de l’IHRA
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L’Union européenne devient partenaire officielle de l’IHRA

Une commission de l'UE a indiqué que cette initiative soutiendra le travail dans la lutte contre l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le siège de l'Union européenne à Bruxelles (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)
Le siège de l'Union européenne à Bruxelles (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)

L’Union européenne (UE) est devenue partenaire permanente de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) jeudi, une initiative qui, selon elle, aidera à soutenir ses campagnes contre le négationnisme de la Shoah, l’antisémitisme et le racisme.

L’UE sera représentée à l’IHRA par la Commission européenne, instance qui a proposé le projet de loi définissant l’union.

Cette adhésion permettra à la Commission d’accéder aux groupes de travail de l’IHRA et autres ressources, a expliqué l’UE dans un communiqué.

« La participation de l’Union européenne à ce groupe international va également permettre une coopération plus étroite dans la lutte contre le négationnisme de la Shoah et dans la prévention du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme », a noté le communiqué.

« Avec un nombre de survivants de la Shoah qui ne cesse de baisser et à un moment où l’antisémitisme est en hausse, nous devons renforcer la mémoire du chapitre le plus sombre de notre histoire », a expliqué le Premier vice-président de l’UE Frans Timmermans. « Cette adhésion de l’Union à l’International Holocaust Remembrance Alliance aidera à promouvoir la compréhension, nécessaire pour que les futures générations puissent tirer les leçons de notre passé ».

« Cet engagement entre dans une initiative plus large de lutte contre l’antisémitisme », a indiqué la commissaire à la Justice et à l’égalité des sexes, Vera Jourova. « Notre implication au sein de l’IHRA présente une importance particulière à un moment où le négationnisme autour de la Shoah ne cesse de se répandre ».

L’Union européenne a fait savoir que cette annonce faisait suite à l’appel lancé par le président de la Commission de l’UE, Jean-Claude Juncker, pour « une coopération plus étroite », lors de la Journée internationale de commémoration de la Shoah au mois de janvier, ainsi qu’à une résolution votée par le parlement européen sur la lutte contre l’antisémitisme au mois de juin 2017.

L’IHRA est une organisation intergouvernementale qui promeut l’éducation à la Shoah, lors de laquelle le régime nazi a assassiné six millions de Juifs d’Europe pendant la Seconde guerre mondiale.

L’enquête de CNN qui a été publiée mardi a établi qu’un tiers des Européens estiment que les Juifs ont trop d’influence dans les secteurs politique et financiers, tandis que plus d’un tiers a admis ne rien savoir ou « simplement quelques petits éléments » de l’assassinat de six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale par l’Allemagne nazie.

Le sondage a été effectué auprès de 7 000 personnes en Europe. Plus de 1 000 personnes ont été respectivement interrogées en Autriche, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Pologne et en Suède.

Plus d’un quart (28 %) des sondés, lors de cette enquête en ligne, ont déclaré qu’ils pensaient que les Juifs avaient « trop d’influence » dans les affaires et dans la finance, et 20 % ont répondu qu’ils avaient la même influence excessive dans la politique et dans les médias.

Concernant la Shoah, 34 % ont répondu qu’ils ne savaient rien ou que « peu d’éléments » de l’assassinat en masse des Juifs européens survenu il y a 75 ans.

L’IHRA a fait parler d’elle, ces derniers temps, après que le parti britannique du Labour n’a adopté qu’une version limitée de l’antisémitisme qu’elle avait mise au point, entraînant une large indignation.

La définition, qui omettait certains éléments de langage retenus par l’Alliance dans la critique d’Israël, avait attisé de nouvelles accusations portant sur l’hostilité du parti envers les Juifs sous la direction de son chef Jeremy Corbyn, soutien de longue date de la cause palestinienne et adversaire d’Israël.

Le Labour a finalement accepté la définition entière au mois de septembre même s’il a ajouté dans un communiqué qu’il avait souligné le droit à la « liberté d’expression » sur Israël, attirant davantage de critiques de la part des groupes juifs.

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