L’usage d’anti-dépresseurs chez les seniors peut augmenter le risque de démence
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L’usage d’anti-dépresseurs chez les seniors peut augmenter le risque de démence

Des chercheurs ont suivi 71 000 Israéliens et ont trouvé 3 fois plus de cas de démence parmi les personnes dépressives

Image d'un patient âgé atteint de la maladie de Parkinson (Highwaystarz-Photography; iStock par Getty Images)
Image d'un patient âgé atteint de la maladie de Parkinson (Highwaystarz-Photography; iStock par Getty Images)

Une étude menée sur plus de 71 000 Israéliens seniors suggèrent que les personnes âgées de plus de 60 ans qui prennent des antidépresseurs ont trois fois plus de risque de développer une démence que celles qui ne prennent pas de médicaments.

De 2013 à 2017, l’étude a suivi l’apparition de la démence sur un très grand échantillon de patients israéliens âgés de plus de 60 ans dont les chercheurs connaissaient les antécédents médicaux.

L’étude a mis en évidence que 2,6 % de ceux qui n’ont pas pris de médicaments anti-dépresseur ont développé des syndromes de démence sur la période, alors que parmi ceux qui ont pris des médicaments, le chiffre a fortement augmenté à 11 %.

L’étude a été conduite par des chercheurs de l’Université d’Haïfa, dirigée par le professeur Stephen Levine, avec des participants du Karolinska Institutet de Suède et l’Ecole de médecine Icahn du Mont Sinai à New York.

Des experts ont exprimé leur désaccord avec la signification du lien mis en évidence dans l’étude, qui a été publiée le 28 mai dans le American Journal of Geriatric Psychiatry.

Les résultats suggèrent que « l’exposition aux anti-dépresseurs à un âge avancé augmente le risque de démence », ont déclaré les chercheurs.

Un couple de personnes âgées marche dans la rue de Jaffa du centre ville de Jérusalem le 20 février 2017. (Nati Shohat/Flash90)

Ils laissent entendre que les anti-dépresseurs peuvent causer des dégâts aux cellules nerveuses, accélérant l’apparition de différentes pathologies connues comme la démence.

Le quotidien britannique Daily Mail a cité plusieurs experts qui ont expliqué que le lien pourrait tout aussi bien être inversé – cela ne serait pas la dépression en elle-même ou les médicaments anti-dépression qui conduisent à la démence, mais que la dépression est l’un des symptômes précoces de la démence.

« Il n’y a pas de preuve que les anti-dépresseurs causent la démence. Il y a un lien que les gens qui souffrent de démence ont plus de chance d’être déprimés et prendront donc plus probablement des anti-dépresseurs », a déclaré le professeur Wendy Burn, le président de Collège royal des Psychiatres du Royaume-Uni.

Le Professeur Rob Howard de l’University College London, un expert de la psychiatrie des personnes âgées, était d’accord avec ce point de vue.

« Autrefois, on pensait que la dépression était un facteur à risque de la démence mais quand on regarde les choses à plus long terme, 20 ans avant que quelqu’un ne développe de la démence, cela n’est pas le cas. Cela semble seulement proximal au diagnostic de démence et les gens avec de la dépression ont probablement eu des [atteintes cérébrales progressives] pendant plusieurs années », a-t-il dit au Daily Mail.

Sur les seulement 5,2 % des 71 515 personnes dans l’étude qui ont pris des médicaments – soit 3 688 patients –, 407 d’entre eux ont développé de la démence lors de la période de l’étude. Parmi l’échantillon plus large des 67 827 qui n’ont pas pris de médicaments, 1 769 ont développé des signes de démence sur la période de l’étude.

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