Macron sur Sarah Halimi : « le besoin de procès est là »
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Macron sur Sarah Halimi : « le besoin de procès est là »

Il faut "que tout ce qu'un procès comporte de réparation puisse se tenir", a souligné le président auprès de la communauté française réunie à Jérusalem

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la communauté française à Jérusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la communauté française à Jérusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)

Emmanuel Macron a évoqué longuement jeudi la décision de la cour d’appel qui a déclaré pénalement irresponsable le suspect du meurtre sordide de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017, estimant que « le besoin de procès » était « là ».

« Je sais l’émotion très forte provoquée par cette décision » qui a suscité « tant de colère et d’attentes », a-t-il dit devant la communauté française en Israël, rappelant ne pouvoir commenter une décision de justice.

« Je ne peux vous parler avec le coeur, car le président est le garant de l’indépendance de la justice », a-t-il dit.

Mais « un pourvoi en cassation a été formulé » et « la justice française a reconnu le caractère antisémite de ce crime. Et ce caractère antisémite, personne ne peut le remettre en cause », a-t-il martelé.

Beaucoup, à l’instar de la rabbin Delphine Horvilleur, s’interrogent. Comment le meurtrier peut être antisémite et en même temps irresponsable ?

Mais si « la responsabilité pénale est affaire des juges, la question de l’antisémitisme est celle de la République », a-t-il ajouté.

Un modèle de cartes postales envoyées à Emmanuel Macron réclamant justice pour Sarah Halimi. (Crédit : Consistoire israélite du Haut-Rhin)

« Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n’est pas là, le besoin de procès est là », a-t-il lancé, applaudi par plusieurs centaines de Français établis en Israël et réunis jeudi au Centre des congrès de Jérusalem.

Il faut « que tout ce qu’un procès comporte de réparation puisse se tenir », a souligné le président. « Nous en avons besoin en République. Les prochains mois seront importants » à cet égard, a-t-ajouté.

« Un pourvoi en cassation a été formulé et constitue une voie possible », a précisé le président. « Il faut que l’on comprenne ce qui s’est passé (…). Ce combat ensemble nous le mènerons, je ne laisserai jamais la banalisation l’emporter », a-t-il conclu.

La justice, qui a qualifié d’antisémite ce crime commis à Paris en 2017, a déclaré le 19 décembre le suspect pénalement irresponsable, car ce gros fumeur de cannabis était alors en proie à une « bouffée délirante ».

« Sarah Halimi a été massacrée, défenestrée, par un meurtrier clairement antisémite, il n’y aura pas de procès. Au-delà des règles, au-delà des codes, Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous trouvez cela juste ? », avait récemment interrogé Roger Karoutchi (LR). La réponse d’Édouard Philippe avait semblé claire.

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