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Malgré une opposition croissante, Johnson veut inviter Netanyahu au Congrès

Le leader de la Chambre des représentants américaine fixe une date butoir à Schumer pour qu'il signe et fasse une session conjointe ou qu'il procède seul ; les Démocrates sont divisés

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, Républicain de Louisiane, rencontrant la presse après une séance de stratégie républicaine, au Capitole, à Washington, le 22 mai 2024. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, Républicain de Louisiane, rencontrant la presse après une séance de stratégie républicaine, au Capitole, à Washington, le 22 mai 2024. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)

WASHINGTON – Le leader républicain de la Chambre des représentants des Etats-Unis a déclaré mardi qu’il était sur le point d’inviter le Premier ministre Benjamin Netanyahu à s’adresser aux parlementaires, et ce en dépit d’un désaccord du président démocrate du Sénat.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a déclaré aux journalistes au Capitole qu’il avait donné au chef de la majorité du Sénat, Chuck Schumer, jusqu’à mardi pour signer une lettre invitant Netanyahu à s’exprimer lors d’une réunion conjointe.

« Si ce n’est pas le cas, nous allons procéder et inviter Netanyahu à la Chambre des représentants », a déclaré Johnson.

Schumer a confirmé qu’il s’entretenait avec Johnson. « Je suis en train d’en discuter avec le président de la Chambre des représentants et, comme je l’ai toujours dit, notre relation avec Israël est inébranlable. Elle transcende tout Premier ministre ou président », a déclaré Schumer lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Johnson a déclaré aux journalistes que, bien qu’il n’ait pas parlé directement avec Schumer, « nos équipes ont communiqué et il semble qu’il veuille signer », a rapporté Axios.

Toutefois, les membres du parti démocrate de Schumer se seraient fermement opposés à une allocution de Netanyahu devant les deux chambres et auraient exhorté Schumer à ne pas signer la lettre d’invitation.

Le chef de la minorité du Sénat, Mitch McConnell, républicain du Kentucky, s’adressant à l apresse, suite à une séance de stratégie républicaine, au Capitole, à Washington, le 21 mai 2024. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)

« Je ne pense pas que ce soit le bon moment […] Ne compliquons pas une situation déjà compliquée », a déclaré le représentant Dan Kildee du Michigan, membre influent du parti, à Axios.

Le membre de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Jim Himes (Connecticut), a été cité comme ayant déclaré que Netanyahu « devrait se concentrer sur la libération des otages, et non sur le charme des législateurs », tandis que l’ancienne présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (Californie), a répondu par la négative à l’idée de l’invitation.

D’autres Démocrates ont également réagi à cette information.

Le représentant du Minnesota Dean Phillips, qui siège à la sous-commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants chargée du Moyen-Orient, a qualifié l’invitation de « geste politique ».

Netanyahu, a-t-il déclaré à Axios, « divise ce pays […] de la même manière qu’il a divisé Israël, et je pense que c’est terriblement dangereux ».

Le député californien Scott Peters a abondé dans le même sens. « Je pense que c’est un drôle de moment pour inviter Netanyahu, c’est un geste qui sème la discorde. »

Deux autres Démocrates de la Chambre des représentants, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont souligné les retombées politiques potentielles d’une telle prise de parole. L’un d’entre eux a fait remarquer qu’un « énorme problème » pour les Démocrates est la crainte que l’invitation de Netanyahu à prononcer un discours à Washington ne confère une légitimité au dirigeant israélien dans son pays et n’affaiblisse l’opposition locale, tandis que l’autre a déclaré que « c’est un exercice très épineux sur le plan politique ».

Pourtant, d’autres Démocrates ont exhorté Schumer à signer l’invitation.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononçant un discours vidéo le 20 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran/GPO)

Le député Jared Moskowitz de Floride a déclaré que la convocation « devrait être bipartisane » même si le parti a des « désaccords politiques » avec Netanyahu.

La députée Annie Kuster (New Hampshire) a souligné que le Congrès « peut reconnaître les chefs d’État sans être d’accord avec tout ce qu’ils disent » et que l’invitation de Netanyahu « pourrait créer un dialogue » entre le Premier ministre et certains de ses détracteurs.

Axios a noté que de nombreux législateurs progressistes américains ont déclaré au site web qu’ils boycotteraient un discours de Netanyahu s’il avait lieu.

Fox News a cité le député Gregory Meeks (New York), qui a déclaré que « les Républicains font à nouveau de la politique avec Israël, ce qui n’est pas la bonne chose à faire ».

Le député démocrate de Floride, Jared Moskowitz, s’exprimant lors d’une audition de la commission de la Surveillance et de la Responsabilité de la Chambre des représentants, sur la colline du Capitole, à Washington, le 20 mars 2024. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, qui a rencontré Netanyahu en Israël en début de semaine, a déclaré mercredi que le dirigeant israélien n’avait pas parlé à la Maison Blanche d’un discours, selon Axios. Deux collaborateurs de Netanyahu, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré au site web qu’ils n’avaient aucune information sur une éventuelle invitation.

La manifeste division entre les deux partis sur cette question souligne la politisation de la politique sur Israël, quelques mois avant les prochaines élections présidentielles de novembre dans laquelle le président américain démocrate Joe Biden se présente contre l’ancien président républicain Donald Trump.

Les Républicains ont critiqué Biden pour avoir retardé une livraison d’armes à Israël, bien que d’autres livraisons d’armes américaines vers ce pays du Moyen-Orient soient toujours en cours.

La guerre a éclaté lorsque quelque 3 000 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 252 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

L’ONU indique que quelque 24 000 victimes ont été identifiées dans les hôpitaux à ce jour. Le reste du chiffre total est basé sur des « informations médiatiques » plus obscures du Hamas.

15 000 terroristes qu’Israël dit avoir tués au combat. Tsahal affirme également avoir tué un millier de terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre.

Deux cent quatre-vingt-six soldats israéliens ont été tués au cours de l’opération terrestre contre le Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza.

Plus d’une centaine d’otages sont toujours retenus dans l’enclave aux mains du Hamas et de ses complices civils. Tous ne sont pas en vie.

Des soldats de la Brigade Nahal déployés dans l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, dans une image publiée le 22 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Les livraisons d’aide humanitaire ayant été interrompues par les combats, les groupes d’entraide signalent que la malnutrition se généralise, qu’une grande partie de la population de l’enclave côtière se retrouve sans abri et qu’une grande partie de l’infrastructure a été détruite.

La façon dont Biden a géré la guerre a suscité des protestations de la part d’un grand nombre de ses collègues démocrates et sur les campus universitaires des États-Unis. Biden a exhorté Netanyahu à minimiser les pertes civiles à Gaza et s’est opposé à une incursion de grande envergure dans Rafah, la ville la plus méridionale de Gaza, ou Israël estime que sont retranchés les derniers principaux bastions du groupe terroriste palestinien du Hamas.

En mars, Netanyahu, qui s’est depuis longtemps aligné sur les Républicains américains, s’est adressé aux membres de son parti au Sénat par liaison vidéo, près d’une semaine après que Schumer eut prononcé un discours au Sénat dans lequel il qualifiait le Premier ministre d’obstacle à la paix et demandait instamment l’organisation de nouvelles élections législatives en Israël.

Netanyahu pourrait se contenter de s’adresser à la Chambre des représentants, contrôlée par les Républicains, mais cela ne ferait qu’accentuer la division qu’il a suscitée à Washington, où le soutien à Israël faisait autrefois l’objet d’un large consensus bipartisan.

Les discours prononcés par des dirigeants étrangers lors de réunions conjointes du Congrès sont un honneur rare, généralement réservé aux alliés les plus proches des États-Unis ou à des personnalités mondiales de premier plan. Netanyahu a déjà prononcé trois discours de ce type, dont le dernier en 2015.

Cette année-là, les chefs de file républicains du Congrès avaient invité Netanyahu à s’y adresser mais sans consulter le président démocrate de l’époque, Barack Obama. Netanyahu rejoignait alors les républicains dans leur opposition à l’accord nucléaire international conclu par Obama avec l’Iran.

Netanyahu serait le premier dirigeant étranger à s’adresser quatre fois au Congrès. Il est actuellement à égalité avec le Premier ministre britannique, Winston Churchill.

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