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Mandelblit : Israël « cessera d’être une démocratie » si les réformes sont adoptées

Selon l'ex-procureur général, l'État hébreu se trouve dans une "période dont on se souviendra pendant des générations"

L'ancien Procureur général Avichaï Mandelblit participant à une conférence de l'Institut des études de sécurité nationale (INSS), à Tel Aviv, le 28 décembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
L'ancien Procureur général Avichaï Mandelblit participant à une conférence de l'Institut des études de sécurité nationale (INSS), à Tel Aviv, le 28 décembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’ancien procureur général Avichaï Mandelblit a de nouveau mis en garde samedi contre les plans radicaux du gouvernement visant à remanier le système judiciaire, affirmant qu’Israël se trouvait dans « une période historique dont on se souviendra pendant des générations ».

Mandelblit, un ancien proche allié de Benjamin Netanyahu qui a fini par déposer un acte d’accusation criminel contre le Premier ministre qui l’avait nommé à ce poste, a déclaré à la Treizième chaîne que si les changements proposés étaient adoptés, « Israël cesserait d’être une démocratie ».

Faisant écho à une interview qu’il avait donnée le mois dernier, Mandelblit a déclaré que le paquet de réformes en cours d’examen à la Knesset « porte atteinte aux fondements les plus élémentaires du système gouvernemental, ceux-là même sur lesquels l’État d’Israël a été fondé ».

« Je n’ai pas d’autre choix que de m’exprimer », a-t-il déclaré, affirmant que l’insistance du gouvernement à donner à la coalition le contrôle total de la sélection des juges et à faire des conseillers juridiques du ministère des personnes nommées politiquement et pouvant être renvoyées par le ministre serait particulièrement préjudiciable.

« Il s’agirait d’une nomination politique », a déclaré Mandelblit. « L’indépendance du pouvoir judiciaire doit être préservée à tout prix, et c’est essentiel : pas de nominations politiques. L’indépendance du procureur général et des conseillers juridiques dans les ministères est encore plus importante. »

Commentant les diverses propositions qui ont été lancées pour une version édulcorée de la réforme du système judiciaire – dont aucune n’a jusqu’à présent donné lieu à des négociations entre la coalition et l’opposition – Mandelblit a déclaré « qu’une collision est préférable à un mauvais compromis ».

« Nous verrions les fruits pourris d’un mauvais compromis après quelques mois ou quelques années », a-t-il averti. « Une fois qu’il y aura des juges politiques, il sera impossible d’y remédier. »

Mandelblit a affirmé que la mise à l’écart du pouvoir judiciaire « nous amènera à une situation où nous ne serons plus une démocratie ».

« Nous deviendrons une dictature. Si les conseillers juridiques et les juges sont nommés par le gouvernement, que restera-t-il de la Déclaration d’Indépendance ? Elle ne sera plus qu’un bout de papier que nous pourrons jeter à la poubelle. »

Des manifestants participant à un rassemblement contre le projet de loi controversé du gouvernement sur la réforme du système judiciaire, à Tel Aviv, le 11 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’entretien a eu lieu alors qu’environ 300 000 personnes ont manifesté samedi dans tout le pays contre les projets du gouvernement pour la dixième semaine consécutive.

Mandelblit a critiqué le comportement du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a annoncé jeudi l’éviction du chef de la police du district de Tel Aviv, Amichaï Eshed, en raison de ce qu’il considère comme l’approche excessivement tolérante d’Eshed à l’égard des blocages répétés des routes principales par les manifestants contre le remaniement judiciaire.

Cette annonce, qui prévoyait le transfert d’Eshed au poste moins prestigieux de chef de la division de formation de la police, a été largement décriée comme une ingérence politique de Ben Gvir dans les nominations de la police, et la procureure générale Gali Baharav-Miara – qui a succédé à Mandelblit – a suspendu le transfert jusqu’à ce qu’une enquête soit menée.

Samedi, le chef de la police Kobi Shabtaï a déclaré qu’il avait commis une « erreur » en approuvant la révocation d’Eshed.

Montage photos: De gauvhe à droite, le chef de la police du district de Tel Aviv, Amichaï Eshed, du chef de la police israélienne Kobi Shabtaï et du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 ; Erik Marmor/Flash90)

Dans son interview, Mandelblit a approuvé l’initiative de Baharav-Miara, déclarant qu’il était « presque sûr [qu’il aurait] pris une décision similaire ».

« La procureure générale est inquiète, comme chacun d’entre nous devrait l’être », a-t-il déclaré. « C’est un bon exemple de ce qu’un conseiller juridique indépendant devrait faire en tant que gardien lorsqu’un écart par rapport à la loi est identifié. »

Mandelblit s’est dit « très préoccupé par le calendrier et les remarques de Ben Gvir concernant l’éviction du chef du district de Tel-Aviv ». « Une série de nominations a-t-elle lieu exactement le jour où le ministre déclare avec colère qu’il n’est pas satisfait de la conduite du chef de district ? »

Mandelblit était autrefois un proche allié de Netanyahu et a été son secrétaire de cabinet de 2013 à 2016 avant d’être nommé procureur général. La police a commencé à enquêter sur les allégations de corruption contre Netanyahu en 2016 et Mandelblit l’a inculpé en novembre 2019. C’était la première fois qu’un procureur général inculpait un Premier ministre en exercice.

Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption pour fraude, abus de confiance, et corruption dans l’une d’entre elles. Il nie tout acte répréhensible dans les affaires le concernant et affirme, sans avancer de preuves, que les accusations sont le produit d’une chasse aux sorcières menée par la police, le ministère public, les médias et des rivaux de gauche.

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