Mandelblit : les restrictions n’empêchent pas les délibérations de la Knesset
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Mandelblit : les restrictions n’empêchent pas les délibérations de la Knesset

De son côté, le conseiller juridique de la Knesset Eyal Yinon semble dire qu'Edelstein ne peut pas bloquer un vote pour choisir un nouveau président

Le procureur général Avichai Mandelblit prend la parole à l'université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)
Le procureur général Avichai Mandelblit prend la parole à l'université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)

Le Procureur général Avichai Mandeblit a déclaré dimanche que les directives du ministère de la Santé visant à contenir le coronavirus n’empêchaient pas la Knesset et ses commissions de tenir des délibérations.

Il a également dit qu’il était impératif que la commission des Arrangements, qui s’occupe des questions de procédures parlementaires, soit mise en place immédiatement pour permettre à la nouvelle Knesset de fonctionner.

Mandelblit a statué sur un recours déposé à la Cour suprême contre la décision de la semaine dernière du président de la Knesset Yuli Edelstein de fermer la Knesset jusqu’à demain. Il avait mentionné des désaccords sur la formation de la commission des Arrangements et les restrictions du ministère de la Santé.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (G), et le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, à la Knesset, le 7 mai 2013. (Crédit : Flash)

Dans un avis juridique séparé déposé à la Cour suprême, le conseiller juridique de la Knesset Eyal Yinon a semblé dire qu’Edelstein ne pouvait pas bloquer un vote pour choisir un nouveau président.

« Une situation dans laquelle un président de la Knesset non élu sert uniquement en vertu du principe de continuité va probablement avoir pour résultat que la majorité actuelle à la Knesset aura des difficultés à faire avancer les projets qu’elle souhaite » présenter, a écrit Yinon.

Yuli Edelstein du parti du Likud a déclaré dimanche à la Radio de l’armée que s’il est remplacé à la présidence de la Knesset, Israël irait vers un quatrième scrutin.

Il a également refusé de s’engager à tenir un vote pour choisir un président lundi, quand la Knesset rouvrira ses portes après qu’Edelstein l’a fermée la semaine dernière, citant des craintes autour du virus et le besoin d’un compromis entre le Likud et le parti rival Kakhol lavan.

Le député du Likud Miki Zohar, qui s’est également exprimé sur les ondes de la radio, a fait écho à ce message.

« Kakhol lavan a perdu son humanité », a-t-il dit. « Ils sont fous ».

Le parti du Likud, poussé dans ses retranchements, a insisté dimanche sur le maintien de Yuli Edelstein à son poste de président de la Knesset, clamant que toute tentative de la part de Kakhol lavan de le remplacer mettrait immédiatement un terme à la perspective de la formation d’un gouvernement d’unité et entraînerait un quatrième scrutin.

Selon le Likud, la nomination d’un président issu d’un autre parti au Parlement empêcherait Netanyahu d’adopter des législations et des budgets et permettrait à Kakhol lavan de faire avancer des « lois anti-démocratiques de style iranien » qui interdiraient à un membre de la Knesset mis en examen de former un gouvernement – ce qui s’appliquerait au Premier ministre en exercice.

« C’est incroyable. Jamais de telles lois n’ont été constatées dans une démocratie », a fait savoir le Likud, visiblement furieux. « Ces initiatives entraîneront une colère publique énorme et vont détruire la démocratie israélienne, » estime-t-il.

La formation a ajouté que « si Kakhol lavan devait faire partir le président de la Knesset, les négociations visant la formation d’un gouvernement d’unité cesseront sur le champ. Kakhol lavan endossera le responsabilité de cet échec ».

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« La tentative du Likud de donner des ultimatums et de nuire à la démocratie démontre que Netanyahu veut entraîner Israël vers un quatrième scrutin, même dans le paroxysme d’une crise qui exige de nous tous que nous passions à l’action au gouvernement et à la Knesset pour les citoyens israéliens », a indiqué dimanche la formation centriste dans un communiqué. Le parti a ajouté que « depuis la formation de l’Etat, le président de la Knesset a également été choisi par une majorité de membres du Parlement – et ce sera encore le cas aujourd’hui ».

Netanyahu, le chef du Likud, avait prévenu samedi que remplacer Edelstein réduirait à néant les chances de former un gouvernement d’unité. Il a appelé Kakhol lavan à le rejoindre dans « un gouvernement d’unité d’urgence » dans lequel il servirait en tant que Premier ministre en premier.

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz avait encore rejeté les « ultimatums » de Netanyahu et son parti a promis de pousser pour le remplacement d’Edelstein.

L’auteur israélien de renom Yuval Noah Harari a écrit dimanche un billet d’humeur dans le quotidien Yedioth Ahronoth intitulé : « C’est une tentative de coup d’Etat. »

« Comment savez-vous qu’une tentative de coup d’État a lieu dans le pays ? Ce n’est pas facile. Aucune grande annonce n’apparaît dans le ciel : ‘Coup d’État ! Le soleil continue de briller, les enfants continuent de jouer, les gens continuent de manger. Tout semble normal’ « , écrit-il.

« Le coronavirus finira par passer, alors que nous devrons vivre avec les répercussions des décisions qui sont prises à ce stade pendant de nombreuses années encore », écrit Harari, auteur du best-seller « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité ».

« Ce sont des décisions de vie et de mort, les limites de notre liberté, et des dépenses de dizaines de milliards. Ces décisions sont actuellement prises par une personne qui est accusée de corruption, de fraude et d’abus de confiance, et qui a échoué l’année dernière dans trois tentatives pour gagner la confiance de la population. Et les élus du peuple ne contrôlent pas ce que cette personne décide, car elle a mis la Knesset hors d’état de nuire », accuse-t-il.

« Tant que la Knesset ne fonctionnera pas, nous vivrons dans une dictature », a-t-il ajouté.

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