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Massacres du Hamas : Le New York Times donne le détail des violences sexuelles systématiques

L'enquête, qui a duré deux mois, repose sur des entretiens avec plus de 150 témoins, membres du personnel médical, premiers intervenants, soldats, conseillers en matière de viol et représentants du gouvernement, et sur l'analyse de séquences vidéo, de photographies et de données GPS issues de téléphones portables

Une survivante de la rave Supernova au centre de retraite Secret Forest à Chypre, sur une photo non datée. Son bracelet permettait l'entrée à la fête, le jour du massacre. (Autorisation de l'auteur)
Une survivante de la rave Supernova au centre de retraite Secret Forest à Chypre, sur une photo non datée. Son bracelet permettait l'entrée à la fête, le jour du massacre. (Autorisation de l'auteur)

Dans un article horrifiant publié jeudi, le New York Times a donné le détail des violences sexuelles systématiques contre les femmes et filles israéliennes dont ont fait preuve les terroristes palestiniens du Hamas lors de leur déchaînement de violence sans précédent, le 7 octobre dernier dans le sud d’Israël.

L’enquête, qui a duré deux mois, a donné lieu à des entretiens avec plus de 150 témoins, membres du personnel médical, premiers intervenants, soldats, conseillers en matière de viol et représentants du gouvernement, et à l’analyse de séquences vidéo, de photographies et de données GPS issues de téléphones portables.

L’article commence par la description d’une terrible vidéo qui a fait le tour d’internet dans les jours qui ont suivi l’assaut monstrueux du Hamas sur le sud d’Israël. Les images, filmées aux premières heures du 8 octobre, montrent les restes partiellement carbonisés d’une femme dont le visage est brûlé au point d’être méconnaissable, et qui est nue à partir de la taille, les jambes écartées, sa robe noire relevée. Son corps gît à côté d’une voiture incendiée, sur la route 232 parallèle à la bande de Gaza, à l’endroit précis où un grand nombre de personnes tentant de fuir le festival de plein air Supernova, près du kibboutz Reim, ont été massacrées par des terroristes du Hamas. Près de 360 des 1 200 personnes massacrées ce jour-là venaient de la rave.

Un nom a été mis sur la femme de la vidéo : il s’agit de Gal Abdush, âgée de 34 ans et mère de deux enfants, originaire du centre d’Israël, venue pour le festival Supernova en compagnie de son mari, Nagi Abdush, 36 ans. La police pense qu’Abdush a été violée avant d’être assassinée et que son corps a été brûlé. Selon le NYT, il a fallu près d’une semaine pour identifier son corps. Celui de son mari a été retrouvé quelques jours plus tard, tellement brûlé que les autorités ont dû pratiquer des tests ADN pour procéder à l’identification.

Le New York Times dit avoir identifié au moins sept endroits, dans le sud d’Israël, où des femmes et des filles ont été agressées sexuellement ou mutilées. Les personnes interrogées par le journal disent avoir trouvé les corps de plus de 30 femmes, dans et autour de la rave Supernova et deux kibboutzim voisins, dans le même état que celui d’Abdush, à savoir « les jambes écartées, vêtements arrachés, avec des signes de violences au niveau des parties génitales ».

Parmi les photographies consultées par le Times, citons celles d’une femme dans un kibboutz assiégé, retrouvée avec des dizaines de clous enfoncés dans les cuisses et l’aine. Des images visionnées par le journal lui ont permis de voir deux soldates israéliennes mortes dans une base militaire prise d’assaut, manifestement victimes de tirs d’arme à feu dans le vagin.

Une capture d’écran d’une vidéo filmée le 8 octobre montre les restes calcinés d’une femme sur le bord de la route, sans sous-vêtements et les jambes écartées. Les responsables de la police pensent que la femme, identifiée comme étant Gal Abdush, 34 ans, originaire du centre d’Israël, a été violée. (Capture d’écran, Telegram, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

L’ambulancier d’une unité commando a déclaré au journal avoir trouvé les restes de deux adolescentes, des sœurs âgées de 13 et 16 ans, dans une pièce du kibboutz Beeri, avec les vêtements déchirés. L’une d’elles était allongée sur le côté avec « des ecchymoses à l’aine » et l’autre « sur le sol, face contre terre », a déclaré l’ambulancier, « le pantalon de pyjama baissé jusqu’aux genoux, les fesses dénudées, du sperme étalé sur son dos ».

Un autre secouriste, Jamal Waraki, bénévole du service d’urgence ZAKA, a déclaré au Times ne pas arriver à se sortir de la tête l’image du corps d’une femme trouvée à la rave.

« Elle avait les mains attachées dans le dos ». « Elle était penchée, à moitié nue, ses sous-vêtements baissés sous ses genoux. »

Yinon Rivlin, un des membres de l’équipe de production de la rave qui a perdu deux de ses frères dans l’attaque mais a réussi à s’en sortir en se cachant, a déclaré au New York Times qu’une fois sorti de sa cachette, il s’est frayé un chemin le long de la route 232 – là où Abdush a été retrouvée – et est tombé sur le corps d’une jeune femme allongée sur le ventre. Déshabillée à partir de la taille, les jambes écartées, et qui semblait blessée au niveau du vagin, « comme si quelqu’un l’avait déchirée ».

Des scènes similaires ont été découvertes dans six maisons au moins des kibboutzim de Beeri et Kfar Aza, où 24 corps de femmes et de filles ont été retrouvés déshabillés, ligotés ou mutilés – parfois les trois – selon les témoignages de huit secouristes bénévoles et deux soldats israéliens qui se sont entretenus avec le Times.

Un témoin de la rave a déclaré au NYT qu’une centaine de terroristes s’étaient massés le long de la route où se déroulait le festival, se passant des armes et des femmes blessées, les unes après les autres.

Le témoin dit avoir vu au moins cinq femmes se faire violer devant elle alors qu’elle était cachée.

Une photo aérienne montrant le site abandonné du festival Supernova, près du kibboutz Reim, dans le désert du Negev, qui a été attaqué par des terroristes du Hamas, le 10 octobre 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Un autre témoin, qui a accepté de se faire connaitre sous le nom de Raz Cohen, a déclaré au Times avoir vu une camionnette blanche s’arrêter et des hommes en civil en sortir, traînant derrière eux une femme, qu’alors qu’il se cachait dans le lit d’un ruisseau asséché près de la route 232.

« Ils forment un cercle autour d’elle… Elle est debout. Ils commencent à la violer. J’ai vu les hommes debout en demi-cercle autour d’elle. L’un d’eux la pénètre. Elle crie. Je me souviens encore de sa voix, de ses cris sans mots. » « Puis l’un d’eux a levé un couteau, a-t-il dit, et ils l’ont tuée. »

Shoam Gueta, un ami de Cohen qui se trouvait avec lui à ce moment-là, a déclaré au journal avoir vu que les hommes « parlaient, riaient et criaient », avant que l’un d’entre eux ne la poignarde à plusieurs reprises, « un vrai massacre ».

Une dizaine de corps de soldates d’un poste d’observation de Gaza ont été retrouvés portant des signes de violences sexuelles, a déclaré un dentiste militaire, identifié comme étant le capitaine Maayan, employé à la base militaire de Shura, dans le centre d’Israël, qui a reçu les corps destinés à l’identification.

Selon le porte-parole du ministère des Affaires sociales, Gil Horev, la grande majorité des femmes violées ont ensuite été assassinées, mais trois femmes et un homme qui ont été abusés sexuellement ont survécu.

« Aucun d’entre eux n’a accepté de venir se faire soigner », a-t-il déclaré.

Deux thérapeutes qui traitaient une femme victime d’un viol collectif à la rave Supernova ont déclaré au Times qu’elle n’était pas en état de parler aux journalistes ou enquêteurs de ce qu’elle avait enduré.

Des corps de victimes de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre placés pour identification et traitement au siège du Rabbinat militaire, à Ramle, le 13 octobre 2023. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le Times a rapporté, comme l’avait précédemment fait le Times of Israel, que la police était en train de collecter minutieusement les preuves des viols.

Il a également noté, comme l’avait fait le Times of Israel, que les secouristes et forces de l’ordre étaient tellement absorbés par la prise en charge du nombre sans précédent de morts nécessitant une identification et des obsèques qu’il n’y a pas eu de collecte ordonnée ni systématique des preuves de viol et d’agressions sexuelles.

Dans le judaïsme, les gens sont inhumés le plus vite possible et les obsèques ont lieu rapidement afin de pouvoir commencer la période de deuil, la Shiva. « De nombreux corps présentant des signes d’abus sexuels ont été inhumés sans examen médical, ce qui signifie que des preuves sont maintenant sous terre », indique le journal.

Mirit Ben Mayor, commissaire de police, a déclaré au New York Times que les atrocités commises par les terroristes palestiniens contre les femmes et filles israéliennes le 7 octobre étaient le signe d’une « haine envers les Juifs et les femmes ».

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