Mike Waltz menace les preneurs d’otages américains d’une « balle dans le front »
Le futur conseiller à la sécurité nationale estime que la pression exercée sur les kidnappeurs d'Américains est insuffisante, mais que le Hamas pourrait survivre s'il les relâche
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.
Le conseiller à la sécurité nationale choisi par le président-élu Donald Trump a averti dimanche que l’administration entrante adopterait une approche de tolérance zéro à l’égard de la prise d’otages de ressortissants américains, mais a indiqué que Washington pourrait accepter de laisser le groupe terroriste palestinien du Hamas survivre s’il libérait les citoyens américains détenus à Gaza.
Lors d’un entretien en podcast avec le commentateur conservateur Ben Shapiro, le représentant Mike Waltz a adressé des avertissements au Hamas, a estimé qu’un Iran vulnérable devait décider de la suite à donner à son programme nucléaire controversé, et s’est montré optimiste quant aux chances de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite si la situation dans la bande de Gaza était résolue.
Waltz a indiqué que quatre otages de nationalité américaine seraient encore en vie, soulignant qu’ils étaient restés en captivité plus longtemps que les Américains détenus en Iran pendant les 444 jours de la crise des otages de l’ambassade des États-Unis, de 1979 à 1981. Cette étape importante est franchie ce mardi, car 445 jours se sont écoulés depuis le pogrom du 7 octobre 2023, lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, dont plusieurs personnes de nationalité américaine.
« C’est totalement inacceptable et j’estime que les répercussions n’ont jamais été suffisamment annoncées », a déclaré Waltz.
« C’est de cela qu’il faut parler avec ces gens. [Si] vous enlevez un Américain… il y aura un prix TERRIBLE à payer. Vous subirez des conséquences financières, et peut-être même une balle dans le front. »
Selon les autorités israéliennes, sept des 96 otages encore en captivité à Gaza possèdent la nationalité américaine, mais seuls trois d’entre eux seraient encore en vie.
Ces déclarations font écho aux propos sévères tenus par Trump et d’autres responsables de son entourage, qui ont juré qu’il y aurait « un prix TERRIBLE à payer » si les otages n’étaient pas libérés avant son investiture, le 20 janvier.
Waltz a indiqué que Trump, connu pour son approche pratique de la politique et de la diplomatie, n’aurait aucun intérêt à négocier la libération des captifs américains.
« Si les méchants sont incités à faire davantage parce qu’ils obtiennent toujours plus, alors ils continueront à le faire. Si les méchants ne ressentent rien d’autre que le coût et la douleur d’avoir enlevé nos citoyens, ils cesseront de le faire », a déclaré Waltz.
« Le Hamas a bloqué toutes les issues, sauf une : libérez nos otages si vous voulez vivre », a ajouté Waltz.
Ces propos ont sans doute marqué une rupture avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants israéliens, qui ont affirmé que les capacités armées et administratives du Hamas devaient être détruites, que les otages soient libérés ou non. L’insistance d’Israël à pouvoir reprendre le combat contre le groupe terroriste palestinien a été l’un des principaux facteurs bloquant les progrès dans les pourparlers en vue d’un accord de « trêve contre libération d’otages ».
Waltz a attribué l’isolement du Hamas à la campagne menée par Israël contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. Il a également fait l’éloge de Netanyahu pour l’opération de renseignement qui a vu les appareils de communication du Hezbollah exploser en masse en septembre, mutilant des milliers de terroristes.
« Il s’agit de l’une des opérations secrètes les plus audacieuses et les plus efficaces de l’Histoire moderne. Grâce à cela, l’élimination du Hezbollah, dont tout le monde disait qu’elle était impossible et trop provocante, a exposé les défenses aériennes de l’Iran, de sorte que ce dernier se retrouve littéralement démuni et sur la défensive », a estimé Waltz, reprenant les arguments de Netanyahu.
Le programme nucléaire iranien pourrait être affecté en fonction de la réaction de Téhéran à la décimation du Hezbollah par Israël, ainsi qu’aux frappes israéliennes directes d’octobre qui ont détruit les défenses aériennes et certains sites militaires en Iran, a supposé Waltz.
« Est-ce le moment où ils se disent ‘étant complètement exposés, précipitons-nous vers la bombe atomique ?’ Ou est-ce le moment où ils se disent : ‘Nous sommes complètement exposés. Ne provoquons pas les Israéliens en nous ruant vers la bombe atomique ?’ Je ne veux pas dévoiler notre jeu, mais nous suivons la situation de très près », a déclaré Waltz.
Bien que l’Iran insiste sur le caractère pacifique de son programme, il a accéléré l’enrichissement de son uranium à des niveaux qui n’ont aucune application civile, selon les pays occidentaux et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Waltz a déclaré que l’administration allait rapidement redésigner les Houthis du Yémen comme un groupe terroriste. Ce mandataire de l’Iran, qui, comme le Hezbollah et le Hamas, a juré la destruction d’Israël, a récemment intensifié ses attaques à longue portée contre l’État hébreu, notamment une attaque au missile balistique qui a fait seize blessés à Tel Aviv samedi.
« Je vous garantis que ce que vous allez voir très bientôt, c’est une reclassification du groupe pour ce qu’il est, un groupe terroriste », a déclaré Waltz dans l’interview podcastée.
Le président américain Joe Biden avait retiré les Houthis de la liste noire des organisations terroristes étrangères en 2021, à l’initiative des démocrates progressistes qui craignaient que les sanctions n’entravent les efforts internationaux visant à apporter une aide humanitaire aux civils yéménites.
Waltz, un républicain de Floride, a reconnu l’existence d’une crise humanitaire au Yémen, mais a insisté sur le fait que les démocrates n’avaient pas adopté la bonne approche.
Il a estimé que le retour de Trump à la Maison Blanche relancerait également les efforts de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.
« Je pense qu’il s’agit d’une suite logique », a-t-il déclaré, réitérant l’affirmation de Trump selon laquelle un accord aurait déjà été conclu si le président-élu avait gagné contre Biden en 2020.
Selon Waltz, les espoirs d’un accord reposaient sur le fait que Jérusalem et Ryad feraient cause commune contre l’Iran en tant qu’ennemi commun, mais ce progrès a été contrecarré par le 7 octobre [2023], qui a recentré l’attention sur les Palestiniens.
Selon lui, l’Iran a vu à quel point les deux parties étaient proches d’un accord « et a allumé l’allumette avec le Hamas [qui a conduit] au 7 octobre », ce qui a remis la question palestinienne « au centre de l’attention ».
« Nous avons eu de nombreuses discussions fructueuses avec les Saoudiens au sujet de la normalisation », a ajouté l’élu de Floride.
« Les perspectives générales d’évolution de cette relation – faire sortir nos otages, améliorer la situation à Gaza, du moins pour le moment, et ensuite nous parlerons résolument d’un accord plus large », a déclaré Waltz.
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